Saturday, October 09, 2010

Biffures

Des livres, des vieux, qui tombent en ruine lorsqu'on les prend en main, des dépassés démodés obsolètes, des incongrus, des (re)découvertes aussi.
Des vêtements, de la layette, des chaussures, nos toutes premières à chacun de nous 4.
Des jouets, des vieux, des cassés, des indémodables.
Des cartes et des guides michelins, beaucoup des années 60 ou 70, totalement dépassés.
Des babioles cassées mais malgré tout gardées jusque là.
Des cahiers d'écoliers, de la maternelle au collège.
Des horreurs plus ou moins moches fabriquées de nos petites mimines.
Un "je t'aime papa", écrit lors d'une fête des pères...

Des souvenirs, qui remontent par vagues, parfois lacunaires.
Mon enfance qui remonte à la gorge à la vue de ces peluches misérables, de ces dessins malhabiles, de vieilles photos qui traînent dans ce fatras que nous avons eu à trier.

J'en veux à mes parents soudain, de n'avoir pas eu ce courage plus tôt, de faire le tri, de ne pas tout garder, de faire des choix, de ne pas nous imposer d'en faire aujourd'hui, alors que mon père est revenu à la maison dans un triste état, que ma mère est sur le point de craquer nerveusement et que tout ce que je peux faire (en plus de garder mon père de temps en temps et faire quelques démarches pour eux), c'est, ce qui est devenu un véritable soulagement pour elle, vider cet appartement tellement encombré qu'il en était devenu invivable, que mon frère aîné refuse de donner signe de vie, que ma sœur refuse d'admettre que mon père va vraiment très mal et que non, ma mère ne pourra pas le porter à bout de bras bien longtemps.

Non, ce n'était pas le moment, de mettre le nez dans ce grand appartement qui déborde de mille choses plus ou moins utiles, plus ou moins importantes, plus ou moins jolies, plus ou moins en bon état, ces mille choses qui me rappellent combien elles ne sont pas importantes en elles-mêmes, combien il ne faut pas s'attacher aux objets, mais qui me rappellent tellement, tellement, tellement, combien mes parents m'ont aimée, combien ils m'ont fait mal, mais comme leur amour était plus fort que ça, et comme je suis une toute petite fille soudain.

9 comments:

co de contes said...

les mots ont du mal à sortir..;je connais...bon courage...
bisous

Valérie de Haute Savoie said...

Je suis entrain de faire ce tri, c'est difficile, je n'arrive pas à jeter les dessins, les bricolages, de mes enfants.

Lucie said...

Je pense à toi.

Bismarck said...

Mieux vaut maintenant, pendant qu'ils sont encore en vie...
Mes parents (mon père, en fait) ont fait pas mal de tri, avant de quitter leur maison parisienne. Les déménagements, ça a du bon pour ça.
Courage, Lili!

CitronVert said...

Courage Margoton!!

co de contes said...

j'espère que ça va bien pour vous tous

LiliLajeunebergere said...

Désolée, j'ai du mal à écrire ici en ce moment, mais merci à vous pour ces commentaires :-)

Co, pas vraiment en fait...Merci de t'inquiéter. J'en dirai plus bientôt.

Delphine said...

Jeune bergère, ce sont des moments difficiles, un afflux de souvenirs à gérer, réaliser encore une fois que nous sommes adultes et que nos parents sont comme nous, très faibles, alors qu'on les voudrait encore et toujours nos super héros et nous de petits enfants... tout ça, ça fait beaucoup... Courage!

Supermama said...

Ohhhh ...
On a traversé des moments analogues avec le départ de la maman de mon homme.
C'est difficile, et on se sent bien seul ...
Douces pensées ...