Tuesday, April 03, 2007

Pot-pourri

Si je ne devais en garder que deux, ce serait Brassens et Renaud.
J’ai découvert les chansons de Brassens très tardivement, alors que Renaud berce ma vie depuis près de 20 ans. Ses chansons ont accompagné mes révoltes adolescentes, la découverte de l’amour qu’on éprouve pour ses enfants, ma rupture l’été 2002 et ma solitude depuis.
Comme un clin d’œil aux drames qui ont suivis, j’ai réuni les miens sur Mistral Gagnant lors de mariage de ma sœur l’été dernier. Vous savez, les temps assassins qui emportent avec eux les rires des enfants…
Depuis, cette chanson ne m’a pas quittée, me faisant sentir combien chaque instant est précieux, me faisant espérer en l’avenir, encore et encore.
Mais plus on s’enfonce dans le noir, jour après jour, plus tourne en boucle dans ma tête une mélodie bien plus lugubre, redécouverte vendredi soir, chantée par l’artiste himeslf.

Mort l'enfant qui vivait en moi,
Qui voyait en ce monde-là
Un jardin, une rivière
Et des hommes plutôt frères
Le jardin est une jungle,
Les hommes sont devenus dingues
La rivière charrie les larmes,
Un jour l'enfant prend une arme

Si la justice ne se rend pas enfin prochainement, s’entête dans ce refus de protéger les innocents, il ne faudra pas s’étonner que mes enfants prennent une arme, un jour, à leur tour… Et je ne m’étonne pas que mon ex l’ait fait…

2h30 avec mon chanteur préféré vivant, un petit bout de couleur, et quelques bribes de moi, de nous :

Mon coeur ressemble à Tchernobyl

Et ma vie à Hiroshima
(Boucan d’enfer)

L'essentiel à nous apprendre

C'est l'amour des livres qui fait
Qu'tu peux voyager d'ta chambre
Autour de l'humanité,
C'est l'amour de ton prochain,
Même si c'est un beau salaud,
La haine ça n'apporte rien,
Pis elle viendra bien assez tôt
(c’est quand qu’on va où)

Cœur à prendre, pas à vendre, à donner

Un peu naze, un peu d'occase, un peu cassé
Cœur en miettes, en détresse, en compote
En morceaux, en lambeaux, au fond des bottes
(cœur perdu)

Fatigué du mensonge et de la vérité

Que je croyais si belle, que je voulais aimer
Et qui est si cruelle que je m'y suis brûlé

Fatigué de parler, fatigué de me taire

Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère
Quand la moitié du monde en assassine un tiers
(fatigué)

Lorsqu'en septembre on assassine,

un peuple et une liberté,
au cœur de l'Amérique latine,
ils sont pas nombreux à gueuler,
un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueilli,
le fascisme c'est la gangrène
à Santiago comme à Paris.
(hexagone)

Dis Papa, quand c'est qu'y passe

Le marchand d' cailloux
J'en voudrais dans mes godasses
A la place des joujoux
Avec mes copines en classe
On comprend pas tout
Pourquoi des gros dégueulasses
Font du mal partout
Pourquoi les enfants de Belfast
Et d' tous les ghettos
Quand y balancent un caillasse
On leur fait la peau
J' croyais qu' David et Goliath
Ça marchait encore
Les plus p'tits pouvaient s' débattrent
Sans être les plus morts
(marchand d’cailloux)

T'entends pas c' bruit, c'est le monde qui tremble

Sous les cris des enfants qui sont malheureux
(morgane de toi)


Oui, beaucoup de paroles autour de l’enfance malheureuse… Je n’ai jamais considéré que nous étions à plaindre… Avant… Aujourd’hui, mes enfants ont vécu le pire, ce sont des enfants martyrisés, des enfants victimes, et nous subissons actuellement la double peine… Alors, cette fois, je m’autorise à pleurer, sur eux, sur leur avenir et sur notre vie sans horizon.

ps 1: La fille d'Ingrid Bettancourt est montée sur scène, et nous a rappelé, en pleurant, qu'avant d'être juste un otage, chose à laquelle nous nous sommes trop habitués, sa mère était un être humain vivant l'enfer... N'oubliez pas de cliquer, à côté

ps 2: lors d'une visite récente au commissariat, j'ai parlé de la passion de Tom-Tom pour la voiture, demandant les références... Les policiers, qui se souvenaient parfaitement du "petit bonhomme", nous l'ont donnée... Merci d'avoir cherché :-)

ps 3: oui je sais, c'est un post un peu bizarre...

15 comments:

Bellzouzou said...

on t'embrasse fort.

DesCrisEnLigne said...

Soulagée d'avoir de tes nouvelles, plein de pensées pour moi. Si tu as besoin de quelque chose, je t'ai mis mes coordonnées dans mon mail
Je vous embrasse tous les trois

dany said...

Contente de te revoir. La vie continue et elle va être belle pour tes enfants avec une maman comme toi....

Paulette said...

D'abord une chose, contente d'avoir un mot de toi... mais je suis tellement effarée de ce que vous subissez encore et encore ! N'y a-t-il pas la possibilité de te faire aider par une association (qui pourrait au moins vous protéger en attendant que la justice se mette enfin en branle ?
Et puis je suis contente pour ton fils qu'il ait eu ce cadeau des policiers (je crois que cette petite voiture n'est plus vendue, j'ai cherché où je pouvais)

Et puis moi les mistrals gagnants me font toujours venir les larmes aux yeux.

Valérie de Haute Savoie

co de contes said...

Renaud..je suis fan depuis longtemps...
les larmes me viennent aux yeux..;
des policiers au grand coeur...
je vous embrasse !

E. said...

Un petit geste sympa dans un monde de brutes: bravo pour les policiers.
Sinon je pense toujours a vous et je suis contente d'avoir de vos nouvelles. Courage.

a n g e l said...

C'est gentil le don de voiture par les policiers, c'est un tout petit geste, mais on sent que c'est énorme en ce moment...

Je t'embrasse fort, et je reste profondément persuadée que tu sauras (et que tu sais déjà), lutter dur dans cette tempête, pour aller jusqu'au rivage. J'ai une totale foi en toi et en tes enfants.

Missiz Jones said...

Bon courage...

Papotine said...

Au bout du tunnel il y a TOUJOURS de la lumière! courage je t'envoie plein d'ondes positives!

Soeur Anne said...

Pensées émues et impuissantes, malheureusement.

co de contes said...

en cette veille de Paques je voulais juste vous faire à tous les 3 un petit coucou..;je n'ose pas penser à où ni comment se passe ce week-end...
tendres pensées...

Rosie said...

Merci pour le beau texte.

Première fois sur ton blogue, j'ai bien aimé, je reviendrai.

Joyeuses Pâques.

D'une p'tite cousine du Québec, Canada.

Bonne journée.

Femme active said...

Je pense à vous et j'espère que la fin du tunnel est proche.

griffoninne_la_couche_tard said...

Oh , lili...J'ai pleuré , mais ça...Oui , "C'est quand qu'on va où" ?
Je t'embrasse fort , fort, tiens bon, fais signe si tu faiblis...
Je t'embrasse...

petitemaman said...

Je ne peux que me joindre aux autres et te dire que mes pensées t'accompagnent. Je me rappelle cette phrase qui clot la piece de Giraudoux (Electre):
"Comment cela s'appelle-t-il quand [...]tout paraît gâché, saccagé mais que pourtant l'air se respire? Cela porte un très beau nom [...], cela s'appelle l'aurore."
Tout cela pour te dire, qu'un jour, l'enfer s'arrete et la vie reprend. Un jour, c'est promis.
Te souviens-tu de ce poème d'Eluard, qui permet de continuer d'avancer, de faire un pas et puis un autre:
La nuit n'est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l'affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.
Je t'embrasse (même si on ne se connait pas) et pense à vous.