Thursday, July 03, 2008

La télé-vomi

Ingrid Bétancourt a été libérée. Comme tout le monde, je m'en réjouis et le mot est faible.

J'ai appris la nouvelle en zappant hier soir, après la fin d'un DVD.
Ingrid libre, et avec elle 14 autres otages!
Peu après minuit, vidéo de l'arrivée à l'aéroport.

"Oh, un peu de musique militaire pour mettre l'ambiance" s'exclame Pujadas guilleret. "Heu non, c'est l'hymne de la Colombie" rectifie la pauvre jeune femme qui a eu à supporter le présentateur pendant des heures.
Plus tard: "ça fait joyeuse kermesse tout ça", oh oui, ils sont bien braves ces zoulous! Les Français ont plus de classe dans des cas similaires, c'est sûr... Et le présentateur récidive un peu plus tard... Sur un ton paternaliste... La kermesse... Se rend-il compte que 11 de ces hommes sont restés près de 10 ans prisonniers des FARC, torturés par eux ainsi que l'un des anciens otages l'explique? Non, il ne se rend manifestement pas compte, puisqu'alors que l'interprète tente désespérément de faire ce pour quoi elle est là - traduire ce que ces hommes ont à dire - le brillant présentateur la coupe sans cesse pour faire des remarques à 2 balles sur les joues pleines d'Ingrid. Au bout de 3 braves gens de pas-de-chez-nous, il coupe carrément pour revenir aux images de la descente d'avion de vous-devinez-qui.

Moi, j'aurais aimé les écouter, ces hommes. Les entendre chacun décliner leur identité, ce qui la leur aurait rendue, à chacun... Parce qu'ils ne sont pas que des "otages des FARC", ils ont 10 ans de douleurs à raconter, et une vie à reprendre. Alors zut, 2 minutes à leur consacrer à chacun, c'était le minimum non?

Bin non...

Et à la radio ce matin, pareil. Tout pour Ingrid, rien pour les autres. Comme s'ils n'existaient pas. A la limite, on évoque les 3 Américains qui ont déjà retrouvé leur foyer. Mais les autres bronzés, ils ne sont pas assez vendeurs.

Même Boris Cyrulink les a oubliés. Il a tranquillement répondu aux questions de la journaliste (et les réponses étaient tellement évidentes que je n'ai pas compris l'intérêt de cet interview) concernant Ingrid et ses 6 ans de calvaire. Je ne minimise pas ces 6 années, mais les autres? Les autres, bordel?

Décidément, ce n'est pas ce monde-là que je veux pour mes enfants...

7 comments:

co de contes said...

je crois qu'Elle a remis les pendules à l'heure ce soir..en se montrant si forte..et si prète à repartir au combat...
je suis émue..c'est vrai que les autres sont oubliés..enfin ..pas par nous...

Kousinn said...

meme sentiment environ, la télé qui passent pendant des heures des vieilles images en attendant l'apparition.

D'ailleurs ceux qui ont eu les plus beaux mots pour les autres, ceux qui ne sont toujours pas libres, ce sont Ingrid et sa famille, qui veulent poursuivre le combat en Colombie et dans le monde.

Je comprends que les gens soient heureux je le suis aussi et c'est vrai qu'un peu de bonheur ca ne se refuse pas, mais tout à l'heure ils interviewaient tout ceux qui avaient fait des exploits pour sa libération..je trouve ca bien de les remercier ..mais ne pas en faire des tonnes ca serait mieux ..

Valérie de Haute Savoie said...

Sur France indo hier "monsieur Kouchner allez vous continuer pour essayer de libérer les autres otages ?" patouillage de kouchner qui en gros dit que ben non, il voit pas pourquoi. Ben oui le petit avait dit Ingrid c'est tout. ALors pourquoi voudrais tu qu'ils parlent à la télé du petit, des autres ? On n'en a rien à pété.
Moi là je crois que je fais un indigestion et pourtant moi aussi je suis contente qu'ils aient été libérés... mais les autres les centaines d'autres ?

Névrosia said...

Je me disais la même chose et j'attends avec impatience la première vraie interview D'ingrid Bétancourt qui ne devrait pas omettre de parler de tous ces "négligés".

Dany said...

Tu as très bien dit ce que je pense. Mais lkes comités et IB vont continuer le combat pour les autres...

FD said...

Je me faisais une réflexion similaire lors de l'incendie du centre de rétention : les médias n'avaient parlé que du nombre de ceux qui en ont profité pour se faire la malle, les vilains ,mais aucun n'a parlé des brûlés, blessés, asphyxiés ni même pour signaler que tout le monde allait bien... non. Nada. On s'en fout, seuls comptaient les "fugitifs". C'est vrai, ça n'est pas non plus le monde que je veux pour mes enfants... alors apprenons-leur à le changer. En attendant, bon début de vacances, la douce bergère.

LiliLajeunebergere said...

je vois que nous partageons le même malaise...