Thursday, March 20, 2008

Résumé

.... de ce début d'année.









Je vous laisse deviner l'auteur de chacun d'eux.

Le premier a été réalisé dans la journée qui a suivi son premier réveil chez nous -"mais alors vous avez fait des bisous d'amoureeeeeeeeeuuuuuuux", le deuxième dans les heures qui ont précédées le dépouillement des votes du 2ème tour.

What else (*)...

* Comme ça Bellzouzou est obligée de commenter cette note

Cimetière d'enfances

Bon, je voulais travailler ce soir.
L'amour donne des ailes, je suis retournée à l'école, motivée comme je ne l'avais plus été depuis très longtemps.

Je voulais travailler, et puis j'ai ouvert le blog de Bellzouzou et je suis tombée sur ce post.

L'histoire d'une petite fille qui sera sauvée, peut-être.

L'histoire d'un ratage, surtout. Parce qu'on sait, qu'on sent et qu'on se tait, trop souvent.

Mes enfants se sont tus, pendant des années. N'ont pas dit ce que papa leur faisait subir. N'ont rien dit de la pression psychologique, des moqueries et méchancetés, de l'abandon, des viols.
J'ignore ce qui les a poussés exactement à parler, un jour.

Depuis ce jour, depuis un peu plus d'un an, j'ai une conscience accrue de la violence subie par nombre d'enfants. Je ressens au plus profond de moi-même ceux qui ne vont pas bien. Totalement branchée sur eux, je prends dans la figure toute leur souffrance, et en même temps, mon impuissance et ma colère contre la société qui s'aveugle - ce qui me conduit, par moments, à être complètement incapable d'exercer mon métier, tant j'étouffe.

J'entends trop d'idioties à ce sujet, idioties qui vont de la simple naiveté au refus d'admettre certaines réalités.

J'ai entendu une fois, d'un proche, qu'un enfant qui paraît malheureux ou est anormalement violent n'est pas forcément un enfant maltraité.
Alors qu'au fond, tout le monde sait bien qu'il y a 99% de probabilité qu'il le soit.

Et je ne parle pas forcément de la violence physique ou sexuelle. Il y a aussi la maltraitance psychologique, la négligence physique (l'enfant livré à lui-même très jeune) ou psychologique.
Il y a simplement les parents épuisés, débordés, qui "n'y arrivent plus".

En France (j'ignore comment ça se passe ailleurs), règne le refus de l'ingérence.
Chacun élève ses enfants comme il veut...

J'estime que les services sociaux devraient avoir le droit de donner un coup de pied dans la fourmilière en cas de maltraitance psychologique, de négligence, ou de démission des parents, quelles que soient les raisons de ceux-ci. Ce sont des parents qui ont besoin d'aide, qui ne savent pas faire autrement... Ou qui sont franchement incapable d'élever des enfants, là aussi quelles qu'en soient les raisons, mais dans tous les cas, il faut penser à l'enfant d'abord!

Quant à la maltraitance physique, on nous a bien appris à l'IUFM qu'on devait faire des signalements au procureur de la république si un enfant arrivait les fesses en sang à l'école.
Vous connaissez beaucoup de parents assez crétins pour envoyer leur enfant à l'école dans cet état? La violence physique est soigneusement cachée. Le viol, plus encore.

Le résultat de tout ceci, c'est que chaque année, les enseignants passent à côté de cas de maltraitance. Parce qu'on ne la voit pas. Tout au plus avons-nous des soupçons...

Moi, plus. Je sais.
Je ne sais pas ce que tel ou tel enfant vit ou subit exactement, et je ne me permettrais surtout pas de prétendre quoi que ce soit à ce sujet (quoi que pour certains, une sordide négligence au moins ne fait aucun doute). Je sais juste qu'il y a quelque chose de gravement anormal. Mais "il n'y a rien à faire, on va convoquer les parents, ce n'est pas de notre ressort, oui mais bon, ce n'est pas un enfant facile non plus."

Je vois des enfances mourir sous mes yeux, et je ne peux rien faire.
Je vois des enfants crier au secours en silence dans l'indifférence générale, et je ne peux qu'en être l'inutile témoin.
J'essaie de ne pas trop penser en plus aux enfants qui, comme les miens, subissent sans rien en laisser paraître.

Petite parenthèse au sujet des violence sexuelles: le plus grand silence règne dessus. Alors qu'il suffit de gratter un peu le vernis pour s'apercevoir que nous sommes nombreux - particulièrement les filles, et je m'inclus dans le lot...- à avoir subi des violence sexuelles plus ou moins importantes. Mais admettre que "ça n'arrive pas que dans la famille Groseille", c'est admettre que ça pourrait arriver à mon enfant, que mon propre conjoint/père/voisin pourrait s'en rendre coupable... Quel tabou subsiste à ce sujet...
Et puis, on rejette couramment le problème sur l'enfant. "Si tu te fais suivre dans la rue, réfugie toi à la boulangerie". On fait bien de prévenir les enfants, mais on ferait bien mieux de les prévenir contre les personnes de leur entourage, et encore bien mieux d'être à leur écoute et de ne pas hésiter à agir en cas de doute (Oserais-je ajouter qu'il serait bon que la justice fasse son boulot? Le père de mes enfants est toujours libre...)

Alors le tabou perdure.
L'inceste et la pédophilie n'existent que dans des films/ chez les Groseille.
Chacun élève ses enfants comme il veut.
Même s'ils sont imparfaits, les enfants ont besoin de leurs parents, de toute façon ça vaut toujours mieux que d'être placé.
C'est un enfant difficile.
Ces pauvres parents, ils ont une vie si dure...

Refus de voir, d'admettre, d'agir... De chacun de nous et des acteurs sociaux... Manque de moyens...

Et pendant ce temps, les cimetières d'enfance grandissent...

Message perso pour Bellzouzou: merci de nous avoir fait partager cette histoire.

Sunday, March 16, 2008

La voix des urnes

La voix des urnes a choisi de ne surtout rien changer dans notre ville contre laquelle les habitants râlent et dans laquelle rien ne va. Ah si, les fleurs sont si jolies....

La voix des urnes a choisi... La voix de l'abstention aussi. Je n'arrive pas à comprendre comment on peut ne pas voter. Ne pas choisir. Tout en continuant de râler contre cette ville qui va mal.

Nous nous sommes battus, comme des fous. Pour rien.... Rien? Oh si, l'amitié, ces distributions diurnes, ces tractages noctambules, ces repas nocturnes pour nous récompenser d'avoir bien travaillé. Ces liens tissés. Ces amis d'enfance retrouvés, ces amis que j'ai promis de rejoindre dans la lutte contre la misère dans les quartiers difficiles. Ces belles rencontres.
Je vais attendre, que le tourbillon des dernières semaines s'apaise. Pas trop longtemps. J'ai des décisions à prendre. Des choses à raconter, aussi.

Nous avons perdu! Mais j'ai tant gagné...

Tuesday, March 11, 2008

Folle semaine

Après mon envolée lyrique du dernier post, je reviens sur terre.

Résultats mauvais donc, très mauvais, abstention de plus de 50%, maire sortant près d'être réélu dès le premier tour...
Le dimanche soir, le modem accepte l'idée d'une fusion sous des conditions inacceptables pour nous. Nous nous apprêtons à nous battre malgré tout, seuls, les miracles existent après tout.

Lundi, seconde approche, accord.
Réunion le soir avec notre liste et notre nouvelle numéro deux, ex tête de liste modem.
Bien sûr, la grogne.... Mais nous sommes nombreux à être convaincus que l'essentiel, c'est de passer, quel qu'en soit le prix, passer pour venir au secours des milliers de gens dans la détresse dans notre ville.

Aujourd'hui,, le responsable local du PCF m'appelle. On se voit à 11h30: il refuse l'accord avec le modem, par principe. J'ai des arguments, valables, mais le principe, c'est le principe.... Je décide de rester sur la liste à titre personnel. Je me suis trop investie pour que l'aventure s'achève comme ça. Les accords entre PS et PCF me permettaient de rester dans le groupe de tête. Le retrait du PCF me fait dégringoler dans la liste. Au bout du compte, il ne me restera sans doute rien.

Le résultat de tout ceci? C'est que ceux qui ont suivi les péripéties depuis 2 mois, mes collègues en particulier, sont écœurés. Ecoeurés par tous ces grand mots, tous ces grands discours. Cette impression d'embrouillamini perpétuel dans la politique, l'impression aussi que tout ça nous dépasse. Qu'on se sert des gens. Et que tout cela nous concerne à peine.

Et pourtant.... Nous sommes tous concernés par la politique! Il ne faut pas se contenter de laisser "les autres" diriger sans nous... Il faut s'impliquer, d'une façon ou d'une autre. D'une façon ou d'une autre également, donner sa voix.

Je crois aussi que ceux qui vont loin en politique ont une ambition personnelle. Et que ça les fait tenir contre vents et marées.

Je n'avais pas d'ambition personnelle. D'où une déception assez courte seulement....

Et puis j'ai gagné tellement de choses. Appris beaucoup. J'ai été prise dans un tel tourbillon... Il en restera des choses, de l'amitié, des idées...

La semaine qui s'annonce va être chargée... L'un de nous a eu une idée folle! Je vous en parlerai.... J'ai conservé mon enthousiasme...

Monday, March 10, 2008

La défaite en pleurant

Oui, j'ai pleuré hier soir.

J'avais supporté le dépouillement, tous ces bulletins pour le maire sortant, le maigre score de ma liste. Le "c'est pas bon" du colistier qui était avec moi.
L'espoir encore que ce soit différent dans les autres bureaux de vote, parce que celui où j'étais vote notoirement à droite.

J'avais supporté l'arrivée au bureau de vote centralisateur. Mes copains et copines abattus. Le candidat tête de liste a levé la tête de son portable, m'a regardée et m'a envoyé un sourire, pas celui que j'espérais. "Alors?". "Pas bon", m'a-t-il répondu.

J'avais supporté l'écran géant, la litanie des chiffres, bureau après bureau. J'ai supporté cette claque, dignement, comme les autres.

Et puis il est arrivé. L'autre communiste de la liste, dont le discours tient en deux idées: "tous les non communistes sont des c*ons et sont méchants avec les communistes" et "tout le monde est c*on, sauf moi qui suis si intelligent".
Je vous épargne les détails, sachez juste que j'ai rongé mon frein pendant toute la campagne, devant les discours de ce type qui se fout des gens et ne cherche qu'à les utiliser.

Il est arrivé, donc, fier comme un paon, et m'a lancé "tu vois, il faut toujours croire les anciens".
Parce que lui, son pronostic, c'était qu'on perdrait. Il ne prenait pas beaucoup de risques, c'est si facile de partir battu et ne de rien faire...

Alors j'ai pleuré. Parce qu'un type de notre liste était content qu'on ait perdu, alors que tous, on s'est battu, minute après minute, foyer après foyer. J'ai pensé à D., sympathisant, toujours sur le terrain, à nous aider, à nous parler par touches de sa vie de misère, souvent salarié précaire, souvent licencié. J'ai pensé à mes enfants, à leurs longues marches pour mettre les tracts dans les boîtes aux lettres, aux heures passées avec moi sur le marché, à leurs larmes parfois lorsque je devais les quitter une fois de plus... A toute la misère vue ou entrevue au cours de cette campagne, misère sociale, misère familiale, tous ces gens qui avaient besoin de nous, qui espéraient....

J'ai pleuré. Tout le monde savait pourquoi. Personne n'a eu besoin d'explication lorsqu'ensuite je me suis disputée avec ce type, lui demandant de me laisser tranquille, vraiment.

J'ai pleuré, quelques larmes de révolte, de colère et d'épuisement. Juste quelques larmes, puis je me suis reprise. La lutte n'est pas finie. Nous irons jusqu'au bout. Et quoi qu'il arrive, je me battrai après, différemment. Il y a des choses à faire dans cette ville et je les ferai.

A l'issue de la réunion, tard le soir, une amie s'est glissée près de moi. "Tu es quand même la grande gagnante de ces élections", m'a-t-elle lancé malicieusement.

C'est vrai.... D'ailleurs, celui dont je ne suis absolument pas amoureuse, je ne vois pas pourquoi vous insistez, me l'a dit, en me déposant devant chez moi. Maintenant, nous sommes deux.

Sunday, March 02, 2008

Multiplication

J'ai été "tagguée" par 3 bloggueurs, Zaza, Le Père Divorcé, et La Femme Active.

Vous connaissez tous et toutes le principe de ce tag: raconter 6 choses/habitudes/tics/secrets non importants nous concernant (la règle change un peu, malgré les copier-coller).

Pour faire honneur aux taggueurs qui m'ont tagguée avec le même tag, je ne vous livrerai pas 6, pas 12, mais 18, oui, vous avez bien lu, 18 choses/habitudes/tics/secrets non importants sur moi.

Pourquoi 18? Parce que 6 choses/habitudes/tics/secrets non important multiplié par 3 bloggueurs= 18, tout rond.

Alors calez vous bien dans votre chaise de bureau ou pas/canapé/fauteuil/compagne ou compagnon/siège/moquette/chat/lit/autre.

Parce que ça risque d'être un peu long quoi.

1- Je suis droitière.

2- Quand j'étais petite, je suis tombée sur la tête. On m'a emmenée je ne sais où pour une radio, et l'image que j'en garde, c'est celle de la radio d'un crâne avec des cheveux dessus (bon, j'avais 4 ans)

3- Je fais de mieux en mieux les gâteaux au chocolat, à tel point que le futurmairej'espère se demande comment ça se fait que je sois toujours célibataire (c'est sans doute parce que je suis trop difficile, j'attends des prétendants qu'ils fassent la vaisselle après mon passage aux fournaux).

4- Je dois mon prénom à une impératrice russe que mon père admire et je ne comprends pas pourquoi d'ailleurs parce que correspondre avec Voltaire ça ne suffit pas à expier ses crimes.

5- J'ai 3 chats (et accesoirement un lit, enfin très accessoirement)


Celui de droite n'est pas une monstruosité de la nature, en fait c'est un chat noir à qui le chat noir et blanc sert d'oreiller.

6- Et puis d'abord, c'est même pas vrai que je suis amoureuse.

7- Un jour d'été que j'avais des chaussures très ouvertes, je me suis passé un pied sous une porte, ça m'a arraché l'ongle du gros orteil, mais pas totalement, il a fallu aller à l'hôpital pour qu'ils achèvent le boulot proprement. Ca faisait très mal n'empêche.

8- Tant qu'on en est aux trucs beurk, une autre fois je me suis écrasée le pouce gauche dans une porte (je suis un peu maladroite, oui). Ca a fait très mal aussi. Même que mes parents m'ont emmenée à l'hôpital où on m'a recousu l'ongle en me disant qu'on m'avait mis un produit et que je ne sentirais rien mais c'était rien qu'un mensonge, ça a fait très mal.

9- "Heureusement que tu as fait pousser un bébé fille ET un bébé garçon", m'a déclaré Viking récemment en faisant les poussières sur les étagères, "sinon t'aurais eu personne pour t'aider à faire le ménage". J'ai vraiment du bol, c'est clair.

10- Miam




Et remiam







C'est long de faire de la marmelade d'orange, mais qu'est-ce qu'on est récompensés après! C'était la panique la dernière fois, il y avait une telle quantité que ça a failli déborder de la marmite, et surtout, j'ai cru que je n'aurais pas assez de bocaux!

11- Quand j'étais petite, j'étais déjà petite.

12- Je suis typiquement une bobo-type, si j'en crois les critères (enfin, comme ceux-ci varient...)

13- Je dois mes 2ème et 3ème prénoms à mes grands-mères.

14- Je réussis très bien le pain, les pizzas, les crêpes, les tartes salées, si un jour j'ai le temps je vous donne la recette de la tarte carottes-curry trop miam.

15- Ma mère se présente aux élections dans la ville à côté, position éligible aussi, mon frère aîné est conseiller municipal dans la Vienne et se présente à nouveau.

16- Pour récompenser mes enfants pour leur grande patience depuis plus d'un mois et pour encore une quinzaine de jours, je leur ai promis un cadeau à l'issue des élections.

Ils veulent un chat.

J'aurais dû me taire.

17- J'ai eu des séances de kiné cet automne pour cause de bobo au dos. Le kiné a un peu craqué, trouvait ma peau douce, a essayé de m'embrasser, m'a offert 3 séances supplémentaires (sans me le dire, de mon côté je ne comptais pas) et m'a appelée à plusieurs reprises.

Mon souci est que j'ai à nouveau bobo le dos....

18- Et je ne vois vraiment pas pourquoi vous insistez, non, je ne suis pas amoureuse!

Oui, c'était un peu la séance de rattrapage de toutes les notes que je n'ai pas eu le temps de vous infliger récemment.

Et je fais passer le tag à qui veut, j'ai l'impression que tout le monde l'a déjà eu!

Sunday, February 24, 2008

La campagne, donc...

Donc, tout a commencé il y a quelques mois, lorsque j'ai décidé de m'engager au lieu de me cantonner à "qu'est-ce que le pays va devenir avec le président qu'on a".

Ma mère m'a mise en relation avec un de ses ancien collègue, écologiste. Il m'a donné rendez-vous un soir, en compagnie d'un communiste avec qui il voulait parler des municipales.

Or, mes parents sont communistes depuis toujours, et celui qui était là ce soir là me connait donc depuis trèèèèèèèèèèèès longtemps et a donc fondé ses espoirs sur moi.


Pour ma part, je ne souhaitais pas me rallier au PS, qui m'a trop déçu sur le plan national. Restait à choisir entre le vert et le rouge. Ce choix m'embêtait et j'ai donc "autruché"... Jusqu'à qu'on me demande clairement de bien vouloir me porter candidate en tant que communiste. C'était ça où le PCF n'était pas en mesure de présenter des candidats.


Je suis donc candidate communiste sur une liste de gauche.
En 8ème position, dans une ville où 39 élus siègent au conseil municipal. Si nous perdons, je siègerai parmi les 9 de l'opposition.
Si nous gagnons, je serai adjointe au maire! Je réalise chaque jour un peu plus ce à quoi je me suis engagée.... Avec chaque jour un peu plus de ferveur!

Je suppose que des dents ont grincé au PS, à voir catapultés sur la liste, au dernier moment, 5 communistes, dont 3 en position éligible. D'autant plus que les communistes qui étaient jusqu'ici dans l'opposition à l'actuel maire n'étaient pas souvent au conseil municipal et qu'on ne s'est pas privés de me le faire savoir.
Je sais aussi que je suis surtout là pour faire joli. Pour dire qu'il y a des membres du PCF sur la liste. Pour taire les rancoeurs et les rancunes du frère rouge.
Au milieu de tout ça, en un mois, j'ai su faire mon trou. Simplement par ma présence, déjà, lors des réunions - je n'en ai manqué aucune, sauf le soir où ma grande a brûlé les planches. Par ma disponibilité pour les soirées de porte à porte, pour les distributions de tracts... Et puis j'ai su me faire apprécier pour ma bonne humeur et mon sourire à toute épreuve.

Rien à voir avec la politique je vous l'accorde, mais difficile de se faire écouter lorsqu'on débute, qu'on maîtrise mal les impératifs d'une campagne électorale, plus mal encore l'administration d'une ville et que les copains de votre groupe vous ont lâchée... Les socialistes et écolo qui ne siègeront pas au conseil municipal même en cas de victoire sont présents et actifs... Les sympathisants également. Alors que même les deux communistes qui seront conseillers municipaux en cas de victoire sont totalement absents! Voilà qui n'est pas pour redorer le blason des communistes, dont la voix se fait de plus en plus difficilement entendre...

L'avantage pour moi, c'est que personne n'a à m'indiquer la route à suivre. Personne n'a rien à attendre de moi. Personne n'a à me dire ce que je dois dire ou faire. Moi qui avait peur de me faire piéger en prenant ma carte...

Maintenant, à la question " avons-nous une chance de gagner ou non?", je ferai une réponse de normands: p'têt bin qu'oui, p'têt bin qu'non!

Non, parce que la ville a toujours été à droite et conserve un gros centre bourgeois content des fleurs installées par le maire.

Oui, parce que:
- la gauche n'a cessé de gagner du terrain à chaque élection, et qu'aux municipales de 2001, la liste de gauche a été battue à 177 voix seulement!
- depuis 2001, la conscience politique s'est accrue, et avec elle l'envie de voter.
- dans cette grande ville de près de 40 000 habitants à fort taux d'immigration, il y a toujours plus de personnes obtenant le droit de vote et que leurs voix vont le plus souvent à gauche.
- le ras le bol est de plus en plus palpable, ras le bol envers la mairie actuelle qui ne s'occupe que de son centre-ville, délaissant totalement les quartiers difficiles.
- le maire ne brosse pas dans le sens du poil l'électorat de mon âge, qui bosse et qui se demande quoi faire de ses enfants avant 8h30 le matin et après 16h30 le soir, puisqu'il n'y a aucun accueil périscolaire.
- notre ville, pourtant grande, préfecture, hébergeant une faculté et un Institut Universitaire de Formation des Maîtres est l'une des villes les plus mortes qui soit! Une ville où on s'ennuie...

Oui surtout parce que notre programme répond à tout cela, aux attentes des habitants et à leurs envies - les socialistes font du porte à porte et des réunions publiques depuis des mois dans ce sens.

Je crois à notre victoire, à condition que les électeurs se mobilisent les 9 et 16 mars prochains. C'est pour cela que je prends du temps sur mon temps avec les enfants, pour ces réunions, ces portes à portes.... J'ose croire que ce n'est pas pour rien!

Les enfants m'ont accompagnée à des distributions de tracts, à un tournage vidéo hier (je vous en mettrai un extrait si j'y parviens, c'est très rigolo et je suis parfaitement ridicule!), après la grogne de me voir me sauver le soir, ils sont gagnés par la fièvre.

Encore 3 semaines! Suivies de 6 années, je l'espère...

Thursday, February 21, 2008

Dans le mur

Ils m'ont eue. Les élèves, leurs parents, la directrice.
Cette classe a failli avoir l'instit de l'an dernier, qui avait plus de 20 ans de métier et qui a failli en changer, de métier.

Moi, ils m'ont eu. A l'usure. En un mois 1/2. Ils sont perdants, tous. A la rentrée, il n'y aura pas d'instit pour cette classe. Etant donnée la pénurie d'enseignants dans notre coin, c'est une situation qui pourrait durer.

Tant pis, ce n'est plus mon problème. (Enfin, c'est ce dont j'essaie de me convaincre... J'ai l'impression de trahir mes collègues- qui sont au courant de ma décision et la comprennent - et de baisser les bras lâchement)

Mon problème, ce soir, c'est de me demander si je vais aller travailler, demain, dans cette classe, pour le dernier jour.
C'est de me demander si je vais simplement demander à l'inspection de me remettre sur des remplacements courts, et soyons clair, il n'y a que l'argent que ces remplacements me procurent en plus de ma paye habituelle qui me motive, ou si je vais encore plus simplement me mettre en arrêt.

Je n'arrive pas à savoir si ce sont ces enfants-là avec ces parents-là dans cette école-là qui m'ont dégoûtée du métier, ou s'ils m'ont permis d'ouvrir les yeux et d'admettre que ce métier, je ne peux plus l'exercer.

J'ai le sentiment d'avoir franchi un seuil et que je ne parviendrai plus à revenir en arrière.

Du flou, beaucoup, devant moi, pour les jours, les mois qui viennent.
Grosse remise en question, à un moment déjà si difficile...

J'ai vu mon avocate, hier. Ca va être encore long, si long... Plusieurs années.

Heureusement, la campagne municipale me fait penser à autre chose, et entre réunions et porte-à-porte, je m'occupe exclusivement des enfants. Et aussi, j'ai été accaparée par plusieurs bons livres coup sur coup. Alors je ne suis certes pas très présente dans la blogosphère, mais ça ne signifie pas que je sois tombée. Je suis juste au bord du gouffre, et j'essaie encore de me retenir aux branches.

Monday, February 18, 2008

Mon ombre ténébreuse

Voilà que je me fais poète... On dirait du Verlaine un peu non?

Mon ombre ténébreuse... Celle qui m'empêche d'écrire ici depuis des mois... Avant j'avais toujours une anecdote à narrer, mais depuis des mois, c'est la page blanche - ou la page que je ferais mieux de ne pas écrire.
L'ombre ténébreuse qui me donne l'impression de me noyer dans ma vie...

C'est une vieille amie, elle est restée tapie des années dans un coin de mon existence, et a attendu le meilleur moment pour surgir.
Je ne voulais pas la voir. Mettant le blues qui m'accable presque en permanence et que je tente de repousser au mieux sur le compte des mille et une choses qui compliquent mon existence en ce moment - la justice qui n'avance pas, mes problèmes d'argent, ma candidature aux municipales, mon boulot que je supporte de moins en moins, un amoureux transi "qui m'attend". Mettant mes trous noirs sur le compte de ma fatigue.

Ce matin, en classe, j'ai eu la tentation de ne pas me lever de ma chaise. De ne pas me mettre face aux élèves pour leur faire cours. Je ne pouvais pas. Je n'en pouvais plus.
Je l'ai fait, pourtant. Me lever, me mettre face à eux, parler. Au prix d'un effort surhumain. Je n'en reviens pas d'avoir réussi l'exploit de me lever et de faire cours aux élèves assis derrière leurs pupitres. Avec la nausée.

J'ai expliqué ça à un collègue, après. Qui m'a dit, avec des mots simples, avec des mots qu'on a pour les amis, ce que je sais depuis longtemps, ce que je ne peux plus ne pas voir.

J'ai toujours dit que je saurai ne pas tirer sur la corde. M'arrêter avant de m'effondrer.

Mais sait-on bien à quel moment on atteint le point d'extrême limite?
J'ai peur de ne plus pouvoir me lever, un matin.
J'ai peur d'attendre qu'il soit trop tard pour réagir et qu'alors, je pourrisse l'enfance de mes enfants avec ça en plus.

Je vais tenter de tenir encore 3 jours. Ces 3 jours qui nous mèneront jusqu'aux vacances. Ensuite... Ensuite... Il faudra bien que je la regarde en face, mon ombre ténébreuse, et que je l'empêche de m'envahir davantage.

Sunday, February 17, 2008

La Fée des Bébés

Il y a quelques années, désemparée par mes fausses-couches à répétition, et nullement réconfortée ni rassurée par les paroles que j'entendais à droite (les médecins) à gauche (les copines) à ce sujet (c'est rien, t'es jeune, t'en auras d'autres, la voisine de la soeur de mon oncle par alliance en a fait 10 des FC et maintenant elle a un bébé), je suis allée à la rencontre de la Fée des Bébés, qui officie incognito dans un hôpital parisien (il ne faut donc pas le répéter).

Elle m'a dit la même chose que ce dont on m'avait déjà rebattu les oreilles, mais pas sur l'air habituel de ceux qui veulent surtout se débarasser du problème. Non, au contraire, elle a écouté ma peine, mon angoisse, m'a expliqué que je n'avais sans doute qu'un problème sanguin, qu'il était aisé d'y remédier, et qu'à tout hasard elle allait pousser un peu plus les examens.
Je suis ressortie de la grotte magique, et quelques jours après, j'étais enceinte. D'un bébé qui a tenu, grâce à la potion magique donnée par la Fée, mais chut, c'est un secret. D'un bébé viking, même.

Il y a un mois, ma soeur, désamparée par son incapacité à tomber enceinte, nullement réconfortée ni rassurée par les paroles qu'elle entendait à droite (les médecins) à gauche (les copines) à ce sujet (c'est rien, t'es jeune, t'as le temps, la voisine de la soeur de mon oncle par alliance a mis 23 ans à tomber enceinte), ma soeur donc, est allée à son tour à la rencontre de la Fée des Bébés dans sa grotte parisienne (mais chut, hein, promis, vous n'avez rien lu).

Elle lui a dit la même chose que ce dont on lui avait rebattu les oreilles, mais pas sur l'air habituel de ceux qui veulent surtout se débarasser du problème (comment ça je me répète?).
Non, au contraire, elle a écouté sa peine, son angoisse, lui a expliqué je ne sais quoi (vous voyez, je ne me répète pas en fin de compte!) mais toujours est-il que 3 jours après, ma soeur tombait enceinte, comme ça, paf (enfin, elle a dû chahuter sous la couette avec son amoureux quand même).

Si ce n'est pas de la magie, moi je ne suis pas bergère.

Et c'est doux, de savoir qu'il y a encore des Fées en activité dans nos contrées (et une toute petite vie qui s'est nichée dans le ventre de ma soeur)

Monday, February 11, 2008

Les devoirs du soir...

J'ai lu récemment plusieurs bloggeuses s'interroger sur l'intérêt de noyer les élèves dans les devoirs le soir.
L'une d'elle se demande s'il s'agit pour le maître de se rassurer.

Ce soir, je peux affirmer, après une étude de terrain, que c'est plutôt pour satisfaire les parents.

La preuve par l'équation: pas de devoir=ils n'ont rien foutu en classe aujourd'hui et c'est avec mes impôts que je paye l'autre feignasse qui boit son café pendant que les gosses font des dessins toute la journée.

C'est à peu près ce que pensait la maman qui est venu me voir ce matin.
Je ne donne pas de devoirs à mes élèves.
Si, une lecture chaque soir et des mots une fois par semaine (au cas où elle ne s'en soit pas aperçue)
Je trouve que ça suffit, après une journée à les avoir fait tellement bosser (trop parfois je pense) que certains se plaignent d'avoir mal à la main!
La maman me répond qu'il n'y avait pas de devoirs les 2 derniers jours.

Normal, sur 23 élèves, j'en ai eu 12 vendredi, 10 samedi (une véritable épidémie, il faut dire que bon nombre d'élèves arrivent malades à l'école - angine, grippe, gastro, bronchite, joyeux bouillon de culture dont je sors miraculeusement indemne pour le moment!)(et donc autant vous dire qu'on ne s'est pas tué à la tâche ces jours-là)

Je devrais donner des révisions alors (Non mais c'est qu'elle me donne des conseils en plus!)
D'ailleurs elle-même aimerait faire réviser sa fille (qui n'en a strictement pas besoin), sur quoi travaillons-nous en ce moment?
Je lui bredouille les derniers trucs en date, elle en fera ce qu'elle voudra.

C'est après que j'ai compris réellement le message qu'elle essayait de me faire passer, et dont la teneur tient dans le 3ème paragraphe de mon brillant exposé.
On m'a déjà fait le coup l'année dernière, et là c'est pire, parce que je suis remplaçante, autant dire, dans l'esprit d'une majorité de parents, débutante pas formée.

Heureusement que les parents sont là pour m'expliquer comment il faut faire. Pour me glisser implicitement qu'il serait temps que je redresse la barre, les jeunes âmes dont j'ai la charge sont en perdition, c'est clair!

Ce soir (15 élèves ce matin, 17 cet après-midi, toussant et morveux à souhait, on a fait des paris pour demain avec les collègues), j'ai hésité au moment où il fallait noter les devoirs.
Pas longtemps.

J'ai donné une lecture.

On ne se refait pas, hein.

Sunday, February 10, 2008

Blessés, pour toujours

C'est ce que j'ai écrit ici au soir du 5 mars 2007 au sujet de mes enfants.

Et c'est si vrai, et ça dure tant...

(Il se roule par terre en hurlant)

Lorsque j'expose parfois mes craintes (de moins en moins) concernant l'avenir de mes enfants, on me rétorque, à la limite de l'indignation, que ça-va-aller-tu-es-là-pour-eux-ils-ne-subissent-plus-rien-il-faut-tourner-la-page-et-y'a-la-résilience-et-tu-es-trop-pessimiste-et-négative-forcément-si-tu-vas-comme-ça-ils-vont-mal-tourner.

(Elle mange pour se remplir)

Super, après avoir été la mère qui rejetait mille et une fautes sur son ex alors qu'elle même allaitait (honte sur moi!), je suis désormais celle qui sans doute savait mais ne voulait pas voir ("Non parce que franchement, comment a-t-elle pu ne pas voir? Elle s'est aveuglée, c'est certain, elle ne voulait pas voir, un enfant violé ça se voit") en même temps que celle qui ne peut imaginer une vie sereine pour ses enfants.

(Il s'arrache les ongles)

Culpabilité à tous les étages, j'ai gagné le gros lot.

(Elle ne s'autorise pas à être aimée)

Je suis là pour eux... Mais je ne suis pas magicienne (et pourtant, j'aimerais bien)

(Super! il vient de s'offrir une nouvelle coupe de cheveux sauvage....)

Ils ne subissent plus.... Mais ils ont subi! Refuser d'assimiler ça, de considérer combien c'est grave, c'est amoindrir le geste, et sous-estimer sa portée. C'est grave! Le tabou, encore et toujours le tabou... Et la demande faite aux victimes de la boucler pour ne pas déranger.

(Elle est triste, si triste)

Tourner la page, ah ah ah! Tourner la page... Ca ne se tourne pas comme ça, ces pages, là encore c'est nier le drame que mes enfants ont subi. Et je crois même que cette page-là, on ne la tourne jamais, si j'en crois les témoignages...

(Il casse un truc pas jour à la maison)

La résilience, aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, cette fameuse résilience qu'on met aujourd'hui à toute les sauces... Aussi pratique et péremptoire que le "tout se joue avant 6 ans" en son temps.

Y'a la résilience, je n'ai pas à m'en faire! Ca va même se faire tout seul, c'est magique.... Je suis vraiment bien bête de m'inquiéter comme ça.

(Elle perd un peu plus confiance en elle chaque jour)

Je ne suis ni pessimiste ni négative. Juste réaliste. Mes enfants vont grandir, le moins mal possible j'espère, en se contruisant leur bonheur et en dérapant le moins possible je le souhaite, et avec tout mon optimiste, toute ma bonne humeur pour les aider, mais il y a une part d'eux sur laquelle je n'ai pas de prise, et leur vie m'échappera un jour, quoi qu'elle soit devenue.

(Il devient un petit délinquant précoce à l'école)

Zut, ce n'est pas rien ce qu'ils ont subi quand même. Pas juste un petit événement perturbateur. Ce sont les victimes d'une drame assez grave pour qu'on le classe dans la catégorie des crimes. Un drame dont on peut mettre des années à se remettre, dont on peut ne pas se remettre du tout. Un drame qui restera toujours ancré en soi lorsqu'on l'a vécu.

(Elle se met en colère pour des riens, tout le temps, gâche tous les petits moments que nous pourrions passer ensemble si simplement)

Qu'on ne décide pas à la place de mes enfants si tout ira bien ou non. Tous nous le souhaitons, mais qui peut prédire quoi que ce soit en la matière?

Qui peut m'assurer qu'un avenir sans nuage attend mes enfants, alors qu'aujourd'hui leur comportement ne cesse de se détériorer?

Tuesday, February 05, 2008

Du petit animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon

Tom-Tom discute avec sa soeur.

Soudain, "grand animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon" (en réalité, il n'a pas du tout dit ça, mais si je donne le nom de l'animal ou si je mentionne ce que j'entends exactement par "extrémité caudale", je vais voir débouler sur mon blog tous les pervers du net, beurk), "grand animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon", donc, lance-t-il à sa soeur.

Je le reprends: "ne dis pas ça à ta soeur!"
Il s'en va, vexé, revient illico, penaud, et m'explique "mais c'est mignon, les petits animaux roses avec l'extrémité caudale en tire-bouchon".

Bin oui, finalement, pourquoi leur en veut-on tellement à ces bêbêtes? Qui a érigé cet animal en insulte populaire?

Si j'avais le temps, je lancerais une grande campagne de réhabilitation du cochon à la queue en tire-bouchon (argh, zut! ça m'a échappé...)

Si quelqu'un a le temps de s'intéresser à la cause du noble animal...

Friday, February 01, 2008

Les risques du métier

Samedi dernier, à 8h25, une folle furieuse a déboulé dans ma classe, hurlante, complètement hystérique.
Motifs: j'avais osé demander la raison de l'absence de son fils le jeudi, et c'était de ma faute, je n'avais pas fait grève.
J'avais osé réclamé l'euro qu'elle devait pour un spectacle depuis près de 2 mois, en disant que la maîtresse titulaire les attendait "toujours".

Fatale erreur, ce "toujours".
Ne jamais écrire "toujours".
Apparemment, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder son vase.

J'avais beau tenter de la calmer, argumenter, expliquer, rien à faire, elle continuait d'hurler, de me reprocher tout et n'importe quoi, totalement incohérente (et que son fils mente et vole, par contre....)
Elle m'a intimé l'ordre de la suivre chez la directrice, ce qui m'était totalement impossible, les élèves attendaient en rang devant la porte, mais ça lui était égal, elle n'avait pas de temps à perdre paraît-il. Elle est partie, furieuse, de plaindre à la directrice (de quoi exactement, je me le demande)

Jeudi matin, j'entends à la radio qu'un collègue a été placé 24h en garde à vue pour une gifle à un élève.
J'arrive à l'école. Un père vient se plaindre, j'aurais traité son fils de "pauvre garçon" (ou sale garçon, les versions diffèrent)
Imaginez ma surprise! Et ma défense, face à un tel mensonge auquel je ne m'attendais pas....
Monsieur travaille dans une prison et voit de tout, même des instituteurs, me dit-il... Intéressant... Il s'en va.... Et là, pour la première fois, j'ai su que je ne ferais pas ce métier toute ma vie.

Le gamin avoue avoir menti (je le confronte à l'élève présent lors de notre conversation au cours de laquelle cette insulte m'aurait échappé)
L'après-midi, il fait partie de la bande des 6 qui passe à tabac une fillette - je rappelle que j'ai des CE1, soit même pas 8 ans.
Je les punis... La directrice passe après la récrétion, je lui explique la situation, elle sermonne les gamins, et le petit menteur du matin se marre... Evidemment, les parents prenant fait et cause pour lui...
Je le reprends, il est déjà dans une mauvaise situation suite à son mensonge... Dans la foulée, la directrice (dépressive m'a-t-on dit, mais bon...) m'apprend que le père est venu se plaindre de moi ce matin.

Je l'ai pris de haut, lui a-t-il dit... mouarf, j'ai encore le courage de me marrer de l'expression avec mon mètre 53 et ses 2 mètres à lui....

"Ca fait déjà 2 parents, encore un et je suis obligée d'en référer à l'inspection"
Je suis sciée... Je ne suis coupable de rien, et elle ne me défend pas, pire, m'enfonce, me menace?
Quoi que je fasse, dans le genre de quartier où j'enseigne, on a tout à craindre, tout, (ma soeur en fait largement les frais, mais elle est épaulée par sa directrice, elle) et en particulier les mensonges des enfants, qui peuvent nous mener loin, trop loin.... je ne fais pas ce métier pour ça, me justifier, me défendre sans cesse... Et surtout, pas avec une épée de Damoclès sur la tête.

La journée s'achève... Coups de pieds, insultes... Punitions....Je suis épuisée.
Je rentre chez moi. Je retrouve mon délinquant maison, qui a déchiré le travail d'un élève en classe, "parce qu'il en avait envie". Je lui demande d'écrire un mot d'excuse, "pardon J."
Journée impeccable aujourd'hui pour lui à l'école (ça faisait longtemps)

Pas pour moi... Coups, insultes, mensonges, vol... Mot des parents d'hier dans le cahier de liaison (1 page le père, 1 page la mère) avec demande de rendez-vous parce que, paraît-il, je délaisse leur fils, pire, je le défie!
Au bord de jeter l'éponge, je file à l'inspection. Gentiment accueillie par l'inspectrice à qui je raconte tout, et surtout l'attitude de la directrice.
Elle me remonte, me rassure, m'apaise, me donne des conseils pour l'entrevue avec les parents... Me promet de téléphoner à la directrice (elle va m'avoir à la bonne après tiens... tant pis...)

Je retourne à l'école en trainant des pieds; le coeur au bord des lèvres.
Coupsinsultesmenacesmensonges.... Lot quotidien, trop quotidien.

Je suis consciente de ce que vivent ces enfants chez eux, consciente que leur vie n'est pas toujours rose, ni celle de leurs parents... Mais je ne suis ni psy, ni assistante sociale, juste une instit! Ni pire ni meilleure que les autres... J'aimerais juste pouvoir enseigner, parce que j'aime ça, malgré tout... mais ce malgré tout ne tiendra peut-être plus longtemps.

Wednesday, January 30, 2008

L'aventure de la nouille des nouilles

N'y allons pas par quatre chemins: la nouille, c'est moi.

J'avais déjà évoqué le fait que je me présentais aux élections municipales des 9 et 16 mars prochain (n'oubliez pas d'écrire ça dans vos agendas)

Je passe sur les "tractations politiques" (j'aime bien ce groupe nominal), enfin j'en parlerai mais une prochaine fois.

Mardi dernier, on m'informe que je serai tête de liste du parti que je représente (et donc que dans tous les cas je serai élue: au conseil municipal si ma liste perd, adjointe au maire si elle gagne)
Mercredi un copain m'appelle: "Ote moi d'un doute, tu es bien sur les listes électorales de la ville?
- ..................................................
- ??
- ............... Gloups, non...."

He oui, vous avez devant vous une fille trop forte, qui veut se faire élire alors qu'elle a oublié de faire son changement lors de son déménagement...

Bon, ce n'est pas pour ma petite gloire personnelle, loin de là, mais là, je plante toute une liste quand même....
Alors j'ai fait des recherches, je suis allée vérifier auprès du service élection de la mairie... et il existe des recours pour des nouilles comme moi!
Je suis inscrite sur les listes électorales (bon, pas dans ma ville, mais inscrite quand même, et j'ai toujours voté), et je peux prouver que je vais payer des impots locaux dans la ville où j'habite et où je me présente donc bel et bien - j'ai eu un mal fou à réunir les papiers nécessaires, c'était digne des douze travaux d'Astérix (vous savez, lorsqu'il manque devenir fou à aller d'un service à l'autre), donc c'est bon, ma candidature est possible; ouf!

Vous vous demandez peut-être comment une personne qui a toujours voté et qui se pique de se présenter peut oublier d'effectuer son changement de liste électorale?
C'est simple: pour moi, l'essentiel a toujours été de voter, peu importe où. La ville où j'étais électeur jusqu'ici est celle d'à côté. Bien sûr, les enjeux d'une élection municipale ne sont pas les mêmes, mais jusqu'ici, je ne m'étais jamais sentie impliquée dans une ville quelconque.

Donc voilà. Je suis prise dans le tourbillon des réunions, et je suis passionnée (je n'imaginais pas ça il y a 15 jours, tout ceci s'est fait un peu par hasard)
J'ai cependant une position très délicate, et on m'attend au tournant.
J'apprends, le langage politique comme les petites piques entre amis...

Et je dois aussi rester maman, instit, collègue.... Faut que je me fasse une cure de vitamine C!

Saturday, January 26, 2008

Ma fille, cette comique

J'ai une fille qui, pour amuser la galerie, va jusqu'à se casser deux fois le bras à un an et 3 jours d'intervalle.



Variantes: cette fois, c'est le poignet et non le coude, et ce n'est pas en tombant de cheval mais en jouant au cheval avec ses copains dans la cour de récré - on notera quand même le facteur cheval (mouarf).



Constante: elle est plâtrée de la main à l'épaule.



Nous plaisantons amplement à ce sujet depuis hier: l'année prochaine, je te mets dans une bulle pendant la semaine qui suit ton anniversaire, tout ça pour avoir les signatures de tes copains, la prochaine fois essaie de varier un peu, casse toi une jambe...



Elle avait le moral, a même expliqué au médecin que c'était son tour vu qu'il y a toujours un plâtré dans son école. Et le médecin "donnez-nous la liste d'attente pour qu'on puisse s'organiser!"



Organisés, nous le sommes devenus, en vieux routards des urgences.

On a ressorti le cartable à roulettes et le poncho, je farfouille à la recherche de vieux tee shirt dans lequel passera le bras.



Cela ne nous a pas empêché de recevoir dignement les copines de Nana pour fêter son anniversaire.

Joli tourbillon de fête, entre déguisements, réalisation de masques vénitiens, gâteaux, rires et larmes de petites filles, disputes, petits mots sur le plâtre...

On recommence l'année prochaine (sans casse, si possible)

(L'aventure de la nouille, promis dans le dernier billet, sera pour demain, si tout va bien)

Thursday, January 24, 2008

Jour de grève

Pour ceux qui l'ignorent, c'était aujourd'hui jour de grève pour les enseignants.

Pour ceux qui l'ignorent également, les jours de grève sont décomptés du salaire.



Du coup, impossible pour moi de faire grève actuellement.



Il y a une dizaine de jours, en rentrant d'une pause déjeuner, je découvre sur mon bureau des papiers à distribuer aux élèves, concernant la mise en place du service minimum dans la ville. Il s'agit d'une information, qui peut servir pour d'autres fois. Je demande donc aux élèves de les glisser dans leur cahier de correspondance.



Dans les jours qui suivent, quelques élèves me demandent si je ferai grève, j'ai même un mot à ce sujet dans le cahier de correspondance.



Ma réponse est toujours la même (non).

La même également lorsque j'arrive à attraper quelques parents à la grille pour leur signaler que je serai là jeudi.

Le papier d'information (qu'ils ont également reçu dans le boîte aux lettres, ai-je appris) les a induits en erreur.



Mais bon, que je sache, les enseignants préviennent toujours lorsqu'ils décident de faire grève.

Mes collègues me conseillent de faire un mot pour expliquer que je ne ferai pas grève mais je refuse, c'est le monde à l'envers!



Mardi, je redis aux élèves qu'ils ont école le jeudi, on note même les devoirs.



Ce matin, 6 élèves absents.

Dont les 4 terribles, comme par hasard - ça ne m'étonne pas, leurs familles étant désintéressées au possible, c'est souvent lié malheureusement.



C'est bien bête pour eux, ils ont loupé une journée formidable!



Ce matin, exposition sur l'éco-citoyenneté, avec expériences et tout et tout.

Un peu de mathématiques en rentrant, parce que bon quand même.

Cet après-midi, tentative de bouclage de maths, tentative avortée par l'arrivée inopinée de 2 élèves de la classe de la collègue malade, alors que j'en avais déjà 4 depuis le matin plus une élève de mon collègue gréviste.



Joyeux boxon.

OK, je laisse tomber.



On range les chiffres, on s'assoit par terre, et je leur lis la formidable histoire du BOA à la ferme, puis la suite, le retour du Boa.



Puis je leur distribue une feuille à chacun. Je leur demande de la colorier - sans faire de dessin, surtout- avec des crayons de couleur, jusqu'à ce qu'on ne voie plus de blanc du tout.



Puis chacun a choisi un feutre, on a fermé les yeux, et on a laissé le feutre s'amuser sur la feuille, au rythme d'un morceau de Yann Tiersen - je dis "on", parce que j'ai participé aussi... Quel plaisir de colorier sans but, de gribouiller au gré de la musique....



Après une courte récréation, nous avons visionné un documentaire sur les océans avec un chouette conférencier.



Bref, c'était vraiment LA journée à ne pas manquer! Les absents n'ont pas toujours tort, mais là, si, clairement!



Ce soir, j'ai lâchement profité de mon collègue chéri pour encadrer nos oeuvres du jour et nos arbres d'hiver réalisés la semaine dernière, puis pour les accrocher au mur.







Et puis ce soir, deux paquets nous attendaient dans la boîte aux lettres. Merci à celles qui nous aiment et qui pensent à nous ( ma toucheàtout préférée en particulier) . Ma princesse est folle de joie!



(Si tout va bien, demain, vous aurez droit à une aventure d'une nouille en série)

Wednesday, January 23, 2008

Batterie rechargeable

Lundi matin, alors que nous échangions des informations capitales sur notre week-end avec une collègue de service avec moi dans la cour, une autre collègue est venue m'offrir une tasse de café, sachant que ça me fait toujours plaisir.

Le midi, je suis allée manger avec des collègues d'une autre école, je suis revenue à temps pour la galette et le verre de cidre de l'école où je travaille en ce moment.

Je suis rentrée tôt, c'était bien, nous avons longuement lu, les enfants et moi, côte-à-côte sur le canapé.

Mardi, le téléphone a sonné à plusieurs reprises, des mamans de copines invitées par Nana pour son anniversaire qui confirmaient la présence de leurs filles, et puis mon copain du parti rouge qui m'apprenait que je serai sur la liste.

Malgré tout cela, malgré toutes ces ondes positives, vers midi, le blues m'a pris.

Il me tombe dessus fréquemment, sans crier gare, me fait pousser des larmes dans les yeux, me donne envie de ne plus me lever, plus jamais. Envie de rien, juste que tout s'arrête.

Alors, tant que j'y étais, j'ai profité d'une récré pour appeler mon avocate.

Rien avant mai.

Au mieux.

Et je ne parle que de la révision des modalités de garde.

Le reste doit être dans un dossier tombé sous le bureau du juge, c'est pas possible.

On va dire qu'au moins, j'ai une date. Un vague délai, plutôt. Pourtant, je sais que je continuerai de me précipiter le soir sur ma boîte aux lettres, au cas où... Sur mon PC pour vérifier mes emails... Mon coeur battra plus fort lorsque mon téléphone sonnera... Tout cela avec l'espoir d'une nouvelle, bonne de préférence. Quelque chose juste, une avancée... Savent-ils combien c'est dur de vivre dans cette interminable attente, ceux qui ont notre vie entre leurs mains?

Ce délai me permet quand même, durant quelques temps, de me projeter ailleurs. De laisser une petite place pour autre chose. Les municipales qui approchent, ma classe jusqu'au mois de mai...

J'aurais aimé m'allonger, fermer les yeux, écouter de la musique... Mais j'avais une classe qui m'attendait, puis mes enfants le soir. Il m'a donc fallu recharger les batteries en express. Comme souvent. Trouver en moi la ressource de continuer.

J'ai une fête d'anniversaire à organiser et des démarches urgentes urgentes pour les élections - je vous en parlerai demain, je sens que ça va vous faire rigoler...

Demain est un autre jour... Après-demain aussi... Après-après demain également.

Monday, January 21, 2008

Que feriez-vous si....

...vous aviez 5 ans, que vous tombiez sur un paquet cadeau, que, poussé par la curiosité, vous ouvriez ce cadeau, et que vous réalisiez qu'il ne vous était pas destiné?





Eh oui, une des options serait de vous procurer du papier collant, et de tenter de réparer les dégâts en espérant que ça passera inaperçu.

Bien essayé, non?

Saturday, January 19, 2008

120, rue de la Gare

Le 17 janvier 1999, j'ai entamé cette BD de Tardi que mon frère aîné venait de recevoir en cadeau de Noel d'une de nos tantes.
(Noel très différé, oui)

Mon frère n'était pas là, je me suis donc appropriée la BD et j'ai commencé à la lire ce soir-là.

Et puis, un événement un peu indépendant de ma volonté m'a interrompue. Je suis partie dans la nuit, en songeant que c'était bien bête, je ne pourrais pas finir de lire cette BD.

Et puis finalement, ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu. Je suis rentrée dans la matinée du 18.

J'ai fini de lire ma BD.

J'ai un peu dormi.
Un peu mangé.
Je me suis lavée.

Je suis repartie dans la nuit, parce que finalement, l'événement un peu indépendant de ma volonté a redémarré.

En fin d'après-midi, le 19 janvier1999, on a posé sur mon ventre un tout petit bout de fille, qui avait sagement attendu que sa maman achève la lecture de sa BD pour naître au monde.

En souvenir, j'ai gardé la BD.

Thursday, January 17, 2008

Entière

Non non, vous ne rêvez pas, vous avez pu accéder à mon blog sans vous identifier.

Mon blog n'est plus privé, plus réservé à quelques personnes sûres, au contraire libre de lecture, libre comme avant.

Il n'était pas tenable (d'ailleurs, je n'ai pas réussi) de réserver ma colère, ma tristesse et mon travail de deuil pour ici, tout en faisant comme tout allait bien dans le meilleur des mondes de l'autre côté.

Non. Ma vie, c'est un tout. Je suis en particulier la mère de deux enfants qui ont été abusés physiquement et moralement, avec tout ce que ça implique.

Je suis la copine ou la collègue rigolote capable de sortir trois bêtises à la minute pour faire rire la galerie, puis, sans transition, de donner des frissons à toute l'assemblée en racontant l'horreur. Suite à une remarque, une anecdote, une interrogation. Je ne peux passer cette partie de ma vie sous silence, au quotidien comme dans l'un de mes blogs.

Je sais qu'ensuite, c'est tout ou rien. Ca fait fuir, parfois. Ca intrigue, souvent.
D'autres encore me voient telle que je suis, telle que nous sommes tous: multifaces.
Oui, mère en colère de deux enfants martyrisés, mais aussi copine ou collègue rigolote.

J'aime ce blog, commencé il y a 3 ans, où j'ai raconté mon quotidien de maman solo. Et finalement, si une personne mal intentionnée proche de mon ex tombe dessus, elle n'apprendra rien de dramatique. Quant au dossier, chaque partie prenant connaissance de toutes les pièces de celui de la partie adverse, je n'ai au final rien à cacher.

Rererererebienvenue ici.

Merci à vous tous, qui m'avez soutenus dans la tourmente, merci pour tous les petits mots déposés ici, semaine après semaine, depuis près d'un an, malgré mon silence, parfois forcé, mais pas toujours.

Je vais tenter de rapatrier ici les messages du blog Lili pour qu'enfin les deux fusionnent, mais je conserverai les deux adresses, au cas où.

Wednesday, January 09, 2008

10 mois, et toujours rien à l'horizon...

Cela fait 10 mois et 4 jours que les enfants ont parlé.

Lorsque la policière est venue me chercher dans la salle d'attente de la brigade des mineurs, elle ne m'a pas dit "vos enfants ont dit que", "il est possible que" ou toute autre périphrase permettant la distance...Non, elle m'a dit "voilà ce qui s'est passé".

Personne n'a jamais mis en doute ce que mes enfants ont dit, ni ce qu'ils ont vécu. Tous les professionnels (psychiatres, policiers) s'accordent là dessus.

Aussi, bien logiquement, mon ex a-t-il été mis en prison après avoir été jugé pour les faits.

Huhu, c'est une blaaaaaaaaaaaague!

Parce que non, pas du tout....

D'abord, on a dû fuir."On" m'a dit/permis de le faire, mais aucun acte écrit ne m'en a jamais donné la permission. Comme ça, au cas où, tout le monde est couvert - sauf moi. D'ailleurs, au jour d'aujourd'hui, je suis passible de prison pour non présentation d'enfant. S'il y a non lieu (ça reste un risque), vous pourrez m'apporter des oranges en prison.

Les enfants ont parlé le 5 mars, mon ex a été mis en examen le 19 juillet. Pourquoi un tel délai?
- Il fallait que le dossier soit complet
- Il fallait qu'il se promène du commissariat où la plainte a été déposée au tribunal dont ce commissariat dépend
- Puis de ce tribunal au tribunal dont dépend mon ex
- Puis de ce tribunal au commissariat dont dépend mon ex
- Et qu'enfin, les flics prennent connaissance du dossier (normal)

De plus, c'était un dossier non urgent - bin oui, les enfants sont avec moi donc ne craignent plus rien - par contre on me tombera dessus au cas où comme je l'ai dit... Je précise qu'il était apparemment impensable de réduire ce temps qui m'a semblé interminable en traitant le dossier là où l'affaire a débuté.... Rendez-vous compte, ça aurait obligé mon ex à faire 1/2h de trajet pour se rendre à la convocation! Que j'aie à faire cette 1/2h de trajet pour me rendre, moi, aux convocations des policiers et des juges qui traitent désormais le dossier là où habite mon ex ne pose aucun problème par contre.

Mais, me demanderez-vous, où ça en est, tout ça? Bin toujours en cours de traitement - j'attends d'ailleurs une nouvelle convocation, par le juge cette fois (en novembre c'était au commissariat), pour me justifier sur certains points, rentrer dans des détails très intimes... Pourquoi? Pour dresser le profil psy de mon ex - c'est d'ailleurs aussi pour ça que les flics ont fait le déplacement en bretagne pour parler à sa famille... Perte de temps, de fric, d'énergie non? Encore une fois, personne n'a de doute sur ce qui s'est passé, alors pourquoi on ne juge pas les faits, simplement les faits?

A propos des faits... L'expertise médicale n'a rien donné... bin oui, faite juste en surface près de 2 mois après les derniers faits, il n'y avait plus de traces visibles à l'extérieur. Mon médecin m'a confirmé que cette expertise ne prouvait rien, mais malheureusement on doit s'en contenter.
Donc mon ex est mis en examen non pour viol mais pour agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans et d'ascendant du descendant (c'est plus grave de violer ses propres enfants que ceux des autres )

Et là je m'insurge, quel message véhicule-t-on là? Allez-y, messieurs les violeurs en tout genre, tant que vous ne pénétrez pas, ça ira... Désolée, mais quoi qu'il se soit passé au juste (et qu'on ne saura peut-être jamais, au final), ça fait quelle différence pour mes enfants?

Dans les faits, la différence, c'est que le viol est jugé aux assises sur 2 ou 3 jours, et 3 ou 4 ans après les faits, l'agression sexuelle en correctionnelle, en quelques heures à peine, entre une affaire de vol de voiture et une autre de deal de crack, dans les 2 ans qui suivent (à peu près). Franchement, ne me demandez pas ce que je "préfère", au final. J'en sais rien. Du moment qu'un procès a lieu et que mes enfants sont déclaré victimes... Mais cette distinction entre viol et agression sexuelle me dérange (et même plus).

Et enfin, figurez vous que mon ex exerce toujours l'autorité parentale!! Rien d'automatique n'est fait en parallèle à l'instruction, je dois réclamer moi même la révision des modalités de garde et d'hébergement (oui n'allons pas trop vite, c'est trop énorme de demander directement le retrait de l'autorité parentale )

La demande a été déposée le 16 octobre. Aucune nouvelle depuis.

Ah mais oui, suis-je bête, ce n'est pas un dossier urgent, les enfants sont avec moi et ne craignent rien...

Wednesday, November 14, 2007

Se remplir

Depuis quelques temps, je surveille le comportement alimentaire de Nana.

Elle dévore, tout simplement.
Au début, on ne faisait pas trop attention, c'est venu progressivement, et puis un enfant qui mange, hein...
Et puis, elle se dépense, fait du sport... mais quand même...

Elle est capable de finir l'assiette de son frère après avoir fini sa deuxième ration.
De se resservir plusieurs fois... trop de fois.
Elle m'a raconté qu'elle finit les assiettes des autres à la cantine, et que désormais, les dames de la cantine viennent systématiquement lui proposer les restes.

Il est devenu évident que c'est devenu symptômatique...nouveau signe de son mal-être.

Ce midi, saucisses+ petits-pois.
Elle demande une 2ème portion de petits-pois, je lui donne. Au moment de prendre le dessert (un gâteau que j'avais fait), elle réfléchit: "je me demande si je ne vais pas prendre des pâtes d'abord" (il y en avait dans le frigo). Je lui dis qu'elle a suffisamment mangé, et elle se contente d'une part de gâteau.

Ce soir, tarte aux poireaux. Elle mange 2 parts, me dit que ça suffit, je lui demande ce qu'elle veut ensuite, elle demande si c'est encore du chaud ou du froid? Je lui explique que c'est le dessert, on a déjà eu le plat chaud... Et j'aborde enfin le sujet.

Elle ne doit pas se resservir plusieurs fois au cours du même repas, pour le moment, elle n'a pas de problème de poids, mais si elle continue comme ça, ça pourrait venir et c'est dommage.
Dans le courant de la discussion, elle m'explique:
- qu'elle a plaisir à manger tout ça
- qu'elle a l'impression d'avoir encore faim
- et pire, qu'elle se dépêche de manger pour pouvoir se resservir!

Je lui ai parlé des mécanismes de la faim et de la satiété, du fait d'écouter son corps comme elle le faisait naturellement jusqu'ici, et que le plaisir vient de l'aliment et de la convivialité, non du fait d'en manger tant qu'il y en a.

J'ai eu le sentiment qu'un bout d'enfance s'en allait encore... un bout d'insouciance... Parce que maintenant, elle va faire attention, chercher à se contrôler, se poser mille questions... et risque de traquer la moindre rondeur, le moindre défaut... Et ça aussi ça pourrait devenir symptômatique.

Tout cela n'est pas une réelle surprise, ce sont les choses habituelles que traversent les enfants abusés... Qu'ils doivent surmonter tant bien que mal.

A côté de ça, quand même, il y a eu du positif.
Je crois lui avoir arraché un bon bout de culpabilité ces derniers jours, en lui expliquant que j'avais entamé des démarches de mon côté avant ce fameux jour à la brigade des mineurs, parce que je savais que ça n'allait pas, et qu'on aurait fini par savoir ce qui se passait de toute façon.
Je la sens mieux, plus légère... Nous verrons dans les jours qui arrivent.

Comme il est long, le chemin...

Sunday, November 11, 2007

Sa dernière journée

Le 12 novembre 2006, elle a vécu sa dernière journée. Je ne sais pas ce qu'elle a fait ce jour-là.
Elle a été tuée dans la nuit. Au petit matin du 13 novembre.

Ce qui rend les choses difficiles pour moi, c'est que je suis seule dans mon coin pour vivre ça. Personne dans mon entourage ne l'a connue. Personne n'imagine quelle douleur est la mienne, ni combien je ressens cruellement son absence.

Ton absence....
Je me souviens d'un soir de 2002, quelque part entre fin avril et début mai. Nous nous étions retrouvés dans un restaurant parisien, toi, moi, nos maris, leur mère, leur soeur, des amis de leur mère.
Un restaurant mexicain où manger n'était pas ce qui comptait le plus. Vous avez bu, dansé. Pas moi. Moi, je caressais mon ventre, et je vous regardais.
La soirée était avancée, tout le monde est rentré, sauf nous. Nos maris, toi, moi. Tu étais agréablement ivre. Heureuse. Nous discutions avec d'autres noctambules qui s'étaient attardés au restaurant. En fait, non, nous étions déjà dehors à ce moment-là. Je ne sais pas pourquoi, tu as parlé de celui que j'attendais.

"Nous allons lui faire une belle vie", as-tu lancé.

Cette phrase ne m'a pas quittée, sans doute en souvenir de cette soirée unique, pleine de bonheur et d'insouciance. Et aussi parce que c'est l'un des oracles les plus loupés du monde. Si tu savais...

Si tu savais, qu'on n'a pas fait une belle vie à mon fils. Ni à ma fille, ni à la tienne.

Si tu savais, que moi je suis toujours là. Et que je suis seule, seule pour toujours, avec cette douleur qui ne finira jamais, parce que ta mort est injuste, cruelle, absurde, parce que je n'ai pas pu te dire adieu, parce que je n'ai pas pu dire que je t'aimais, toutes ces années à nous fréquenter et jamais je ne te l'ai dit, et pourtant, si tu savais l'importance que tu as eu dans ma vie, si tu savais combien ton absence m'empêche d'être heureuse, même si je proclame sans cesse le contraire, si tu savais combien je regrette, toutes ces années gâchées, toutes ces horreurs que l'on s'est dites, si tu savais combien je souhaite me réveiller de ce cauchemar, te serrer dans mes bras et te le dire, que je t'aime et que tu ne dois pas partir.

Mais tu n'es pas là, tu ne seras plus jamais là, et je ne suis pas d'accord avec ça. Un an que je lutte contre cette idée. Je ne veux pas qu'on arrive au jour anniversaire de ta dernière journée. Je ne veux pas accepter de me réveiller au matin du 13 sans toi... Irrémédiablement...

Pourtant je sais que c'est puéril, je sais que je vais continuer de vivre, je sais que j'aurai à affronter, seule, notre belle-famille, ceux qui nous ont détruits, nos enfants et nous. Je sais que je n'ai pas le choix et que je dois continuer, même si c'est sans toi.... sans toi, pour toujours.

Tuesday, October 09, 2007

Fantôme

Elle erre dans ma tête depuis près d'un an.

Je me vois courir, courir inlassablement vers elle, pour tenter de la rejoindre, pour tenter de la sauver... Avant, j'arrivais à lui prendre la main, à l'emmener avec moi, en courant, l'espace de quelques secondes, à la sauver de la mort... Quelques secondes illusoires de rêve éveillé qui ne changeait rien à la réalité.

En août, après avoir reçu les photos de sa tombe, je me suis vue courir, simplement courir, seule, vers l'avant, la laissant derrière moi. J'avais admis que c'était fini, que je ne pouvais plus rien faire pour elle. Ca n'a duré que quelques jours.

Depuis, je cours à nouveau vers elle mais je n'arrive jamais à la rejoindre, jamais à la toucher. Je cours seule. Vers elle, que je ne parviens pas à approcher.

Je cours, à nouveau, interminablement, comme dans un long cauchemar hors du sommeil, vers celle qui m'attend mais qui n'est pas là. Vers celle dont l'absence est chaque jour une nouvelle déchirure. Vers celle qui n'aurait pas dû mourir, pas si tôt, pas comme ça.

Elle aurait eu 34 ans ce mercredi 10 octobre.

Saturday, October 06, 2007

Pas de mot

La vérité, c'est qu'il n'y a pas de mots, pour parler de nous. Il n'y a pas de mots, pour décrire ce dans quoi nous sombrons, jour après jour.

Pas de mot pour réconforter mes enfants lorsqu'ils pleurent, parce qu'ils sont tristes et seuls, pas de mot pour leur dire que la vie vaut quand même le coup.

Pas de mot pour vous dire la cruauté de notre situation, ces mille choses qui nous ramènent à notre détresse, jour après jour.

Pas de mot pour surmonter l'enfance brisée, pas de mot pour surmonter la mort.

J'aimerais m'asseoir et ne plus sentir, m'asseoir et regarder passer le monde et les gens, m'asseoir et ne plus bouger.

M'asseoir et pleurer, peut-être, pleurer toutes ces larmes qui m'étouffent ce soir, mêlées à celles de mes enfants.

Pleurer leur tristesse et crier leur colère, parce que je n'en peux plus d'être le receptacle de tout chagrin, de toute leur douleur, de toute leur rage, en plus de mon chagrin, de ma douleur et de ma rage.

Pas de mot... Plus de mot... J'avais espéré mais je n'ai plus rien à écrire de joli, tout nous ramène à ce mur de silence.

Wednesday, October 03, 2007

S'adapter

Il y a quelques jours, Nana m'a raconté combien la chanson que le maître leur apprend en ce moment la rend triste. Maman, Papa de Brassens

Maman, maman, en faisant cette chanson
Maman, maman, je r'deviens petit garçon
Alors je suis sage en classe
Et pour te faire plaisir
J'obtiens les meilleures places
Ton désir
Maman, maman, je préfère à mes jeux fous
Maman, maman, demeurer sur tes genoux
Et sans un mot dire, entendre tes refrains charmants

Maman, maman, maman, maman
Papa, papa, en faisant cette chanson
Papa, papa, je r'deviens petit garçon
Et je t'entends sous l'orage
User tout ton humour
Pour redonner du courage
A nos cœurs lourds
Papa, papa, il n'y eut pas entre nous
Papa, papa, de tendresse ou de mots doux
Pourtant on s'aimait, bien qu'on ne se l'avouât pas
Papa, papa, papa, papa

Maman, papa, en faisant cette chanson
Maman, papa, je r'deviens petit garçon
Et, grâce à cet artifice
Soudain je comprends
Le prix de vos sacrifices
Mes parents
Maman, papa, toujours je regretterai
Maman, papa, de vous avoir fait pleurer
Au temps où nos cœurs ne se comprenaient encor pas
Maman, papa, maman, papa

Sérieusement... est-ce une chanson à enseigner à une fillette qui a subi des agressions sexuelles de la part de son père, et dont l'oncle a tué la tante moins d'un an avant?
L'instit sait pourtant.... Il sait, mais ne réalise pas, comme bien des personnes.
Elles sont d'abord sous le choc... Puis font mine d'oublier combien c'est grave - quand elles ne me conseillent pas, carrément, de ne plus en parler aux enfants afin d'éviter de les traumatiser davantage et de leur permettre d'oublier.

Non, vraiment, on ne veut pas voir combien c'est grave. Pas voir qu'il faudra des années à mes enfants pour se remettre de tous ces drames, de toute ces violences physiques et psychologiques.

Ce qu'on se dit -j'imagine trop la discussion dans la salle des profs, si celui de Nana a eu des doutes et a sollicité l'avis des collègues- c'est qu'il faut bien qu'ils acceptent, que de toute façon, ils seront toujours confrontés à ça, des chansons, des histoires, sur les papas.
Mais justement... Ils sont confrontés à ça, dans le quotidien. Des papas qui s'occupent de leurs enfants. Comme ça les rend tristes, les miens d'enfants, chaque fois... Mais c'est comme ça, il y a des papas formidables, et il faut que mes enfants le sachent, ça leur donne la possibilité, à l'un de devenir un bon père, à l'autre de ne pas accepter n'importe qui.
Et puis effectivement, je ne peux pas éradiquer tous les pères de la terre. Ils sont là, mes enfants les voient.
Et c'est déjà suffisant.... Pourquoi en rajouter sous le prétexte que c'est inévitable? Pourquoi ne pas essayer d'alléger le poids que portent mes enfants?

Imaginent-ils, tous ceux qui ne veulent pas voir la réalité, imaginent-ils tout ce que mes enfants portent?
Tom-Tom joue beaucoup au méchant petit garçon qui nous use et envers lequel on finit par avoir des sentiments violents... Petit garçon à qui papa disait qu'il était méchant, lorsqu'il ne se laissait pas faire. Petit garçon à qui papa réclamait certaines caresses.
Nana s'enfonce jour après jour, sous mes yeux, dans une tristesse sans borne. Remplie à ras bord de culpabilité, celle de n'avoir pas dit avant, celle d'avoir causé des embêtements à papa... Celle de n'avoir pas sauvé son petit frère, lorsque papa s'enfermait avec lui dans la chambre, la collant devant la télé...

Voilà ce qu'ils ont vécu mes enfants. En plus du traumatisme d'une mort violente, injuste, pas encore admise, ni par eux, ni par moi, malgré les photos de la tombe arrivées fin août par mail.

Ca suffit, pour une enfance. Ils ont eu leur dose. On peut leur épargner les chansons nostalgiques de l'adulte qui n'a compris que trop tard combien ses parent étaient formidables...

Les discours de la pupart des adultes reviennent à ça: mes enfants - et tous ceux qui vivent des drames - doivent assumer. S'adapter à la société telle qu'elle est, parce qu'on ne va pas changer la société pour eux.

Une fois encore, je regrette de n'avoir pas déscolarisé les enfants cette année. Ils avaient besoin d'être protégés, protégés du monde des adultes parfois fort inhumains.... Protégés du monde scolaire qui ne leur apporte pas grand chose, si ce ne sont d'autres violences, d'autres humiliations, et du délaissement.
Mes enfants ne sont plus des enfants comme les autres... Ils sont très fragiles et réclament davantage d'attentions - voire de respect, mais je ne rêve plus. Sans doute cela dépasse-t-il les compétences d'un enseignant pris dans sa gestion de classe - quoique se passer de certaines chansons, ça reste faisable...

En attendant que je trouve une solution - peut-être... Mes enfants - Nana particulièrement, qui semble aller nettement plus mal que son frère - devront continuer à s'adapter...

Wednesday, September 12, 2007

L'eau

Il est torrent. Impétueux. Force et bruit. Rien ne l'arrête.

Rien? Pourtant... Comme il sait devenir fleuve calme, voire lac sage, visitant tranquillement le monde, se nourrissant des autres et de lui-même.

Hurler pour tout et pour rien, sauter sur les étalages des magasins ou sur les meubles de la salle de séjour, détruire pour le plaisir, lancer pour énerver, taper pour provoquer, exiger pour exaspérer, taper du pied pour exiger, se rouler par terre... Pas toujours facile de se promener avec lui, parfois angoissant, souvent épuisant.

Ouvrir grand les yeux et les oreilles, visiter longuement un château en observant tout, commenter chacune des oeuvres d'une exposition, se promener, jouer aux échecs et à bien d'autres jeux, se créer son monde de playmobils, construire ses rêves en légo ou kappla, dessiner des papillons et des danseuses, compter inlassablement, écrire son prénom en cursive en s'appliquant à prononcer ce mot nouveau, éplucher les carottes, prendre un chiffon et laver la glace... Il sait le faire, aussi... Et au fond, il est tout cela, surtout...

J'essaierai de m'en souvenir, la prochaine fois qu'il se montre tellement pénible à l'école de musique qu'il se fait confisquer son ballon par la secrétaire (pourquoi l'ai-je laissé emmener ce ballon, aussi?)

L'eau, donc... peut-être moins inquiétant que le volcan qui dort dans la chambre à côté...

Saturday, September 08, 2007

La rentrée, donc

Jeudi matin, coup de fil de l'inspection: "vous pouvez nous dépanner et vous rendre dans la maternelle truc de la ville Machin?"

Bin oui, je peux dépanner de la sorte, vu que précisément, je suis payée pour ça cette année. Pour remplacer, quoi.

Il ne s'agit pas d'une rétrogradation, d'une vilénie ni rien, non, au contraire, les postes de remplaçants sont plutôt recherchés et appréciés...
Lorsque le vent a brutalement tourné l'an dernier, j'en ai demandé un. J'ai senti que je ne tiendrais pas, et j'avais rudement raison.
Voir ma soeur, mes amis, stresser sur les emplois du temps et les programmations, insomniser la veille de la rentrée, se fighter avec des parents dès le premier jour, et tout simplement, avoir la charge de l'instruction de 25 âmes durant une année entière, me permet de réaliser combien c'est plus qu'inenvisageable pour moi. Cette année, je n'aurais vraiment pas pu assumer tout ça.

J'ai expliqué la situation à l'inspection, et nous sommes tombés d'accord: essentiellement des remplacements courts, et de préférence en maternelle - imaginons que je craque, il faut mieux que je plante des petites sections que des élèves du cycle 3!

Depuis vendredi dernier, je colle, je trie, j'inventorie, je relie (du verbe relier, et non relire, huhu), je classe, je photocopie, pour aider les collègues en poste, et optionnellement je remplace sur une matinée (mais je vais davantage remplacer à mesure que les jours vont passer).

La belle vie? oui... J'ai honte, un peu...
Mais mes enfants passeront avant ceux des autres, cette année -et ma santé morale me remercie d'avance.

Quand je songe que l'avocate m'a d'ores et déjà donné un rendez-vous en semaine et que je stresse rien que d'y songer... Cette année en demi-teinte vaut mieux pour tout le monde!

Tom-Tom a une maîtresse que je ne connais pas encore - j'ai beau être remplaçante, je dois être à l'heure dans mon école de rattachement! - et est ravi chaque soir de me montrer ses apprentissages du jour.
Pour Nana, c'est dur... Je ne m'attendais pas à ce qu'elle refuse de se lier aux autres enfants. Elle préfère la solitude, paraît-il... je m'inquiète...

Son prof.... Ah! Son prof... et je ne vous parle même pas de l'autre prof du CE2, qui a une décapotable, paraît-il... Etre remplaçante, ça permet d'apprendre bien des choses!

Wednesday, September 05, 2007

Il y a 6 mois...

6 mois aujourd'hui...

6 mois que mes enfants ont osé parler, et que tout a changé.

6 mois que je suis dans cette salle d'attente de la brigade des mineurs, à fixer l'horloge égrénant les minutes, à fixer cette porte qui ne voulait pas s'ouvrir... A voir défiler ma vie, depuis mon enfance, à me demander comment je pouvais me retrouver là, dans ce lieu dont je soupçonnais à peine l'existence avant.

6 mois, c'est si peu... mais il y a eu tant d'angoisse, tant d'attente, que j'ai l'impression que ça fait bien plus longtemps.

Depuis 6 mois je suis devenue très forte en langage juridique.
Très forte en observation des pathologies liées à l'enfance volée, aussi. De quoi craindre pour le futur, parfois...

De plus immédiat, il y a la rentrée des classes et le bel instit de ma fille (huhu)

Friday, August 31, 2007

La vie comme elle est





Il ne faudrait pas penser que ce blog va sombrer dans le noir et notre vie dans la déprime.





Bien sûr, je suis en train de publier tout ce qui nous a amenés à ce lundi de mars qui devait être aussi ordinaire que les autres…




Bien sûr surtout, il y a les coups de blues et ceux de désarroi. Je sais que notre humeur dépendra de ce que nous impose l’enquête, et des suites du procès.



Mais je n’aime pas qu’on se serve de ce qui nous arrive pour se désoler que décidément, la vie est bien moche, ma bonne dame, et en plus il fait même pas beau (véridique).




Je n’arrive pas à comprendre ceux qui se plaignent de la dureté de la vie, surtout quand ils n’ont pas vraiment à se plaindre.



En tout cas, qu’il ne plaigne pas la nôtre. Qu’ils ne décident pas à notre place que nous sommes malheureux.



Parce que nous ne le sommes pas.



(Mise à par la première, toutes les photos datent des 6 derniers mois, la plupart de cet été.)

Monday, August 27, 2007

Intermède

Souvenez-vous, pour Tom-Tom le viking, c'était hyper important d'avoir 4 ans, âge qui permet d'utiliser des tickets pour soi tout seul dans les transports en commun.

Il a 5 ans depuis quelques jours, et le répète à qui veut l'entendre - à qui ne veut pas l'entendre également, du reste.

Et en quoi est-ce hyper important d'avoir 5 ans?

Parce qu'à 5 ans, on peut équitationner! (si si, je suis sûre que ce verbe existe :-p).

Enfin! 3 ans qu'il attendait ça! 3 ans qu'il devait se contenter d'une minuscule ballade à dos de poney entre les box et le manège, où il devait céder la place à sa soeur, qui avait l'âge requis, elle. Et aujourd'hui, messieurs-dames, aujourd'hui, c'était son tour!


La preuve par l'image






Ce qui ne paraît pas sur la photo, c'est la fierté de Tom-Tom - il peut! maintenant il peut équitationner! - ni son.... bavardage incessant, et encore moins sa grande nervosité. Heureusement, entre le début et la fin du cours, il a su se maîtriser, petit-à-petit... Le bavardage, par contre, n'est pas passé!

Il était ravi et accepte d'être inscrit sur l'année - c'était le test aujourd'hui. J'ignore s'il s'accrochera dans le temps où si c'est juste "parce que maintenant il a le droit comme sa soeur", mais peu importe, ça lui fera du bien (les oreilles de la prof, par contre...)

Tuesday, August 21, 2007

Qu'il fait bon....

revenir chez soi...
Installez-vous confortablement, le feuilleton continue...

Tuesday, July 24, 2007

Une coquille dans le potage

Non je sais, ce n'est pas une coquille en fait, mais je n'allais pas écrire le vrai mot dans mon blog quand même!

La co...q...uille en question, c'est qu'on tombe directement sur mon blog lorsqu'on tape les prénoms de mes enfants dans google. Dans mes premiers messages, je les avais parfois écrits. Puis effacés, il y a quelques mois... Mais je n'avais pas fait attention au fait qu'ils apparaissaient dans certains commentaires.

Je ne me sens plus à l'abri sur mon blog non plus, désormais :-(
Je vais peut-être continuer sur l'autre, mon blog de secours ouvert il y a quelques mois...

Nouvelle pause... Définitive peut-être, cette fois... :-(

Monday, July 23, 2007

Il est libre...

Il a été libéré sous contrôle judiciaire. Il va devoir pointer au commissariat tous les je ne sais combien - j'aurai peut-être des détails demain - mais même s'il doit pointer tous les jours - ce dont je doute, il n'a fait que violer ses enfants après tout, il n'est pas dangereux pour la société n'est-ce pas - il a tout loisir de nous chercher parce qu'on n'habite pas assez loin de chez lui... Et dans quel état va-t-il être, à votre avis? Plus rien à perdre...

Nous voilà contraints de faire nos balluchons une nouvelle fois... Merci la justice française.

J'ai tenté de voir l'assistante sociale de l'inspection académique, mais elle est en vacances, comme tout le personnel apparemment. Je me vois mal attendre fin août!

Et mon téléphone qui ne fonctionne pas... Pratique pour passer des coups de téléphone...

Une solution, vite...

Sunday, July 22, 2007

Pourtant...

Il ne faut pas croire que nous soyons abonnés à la déprime. Nous vivons de jolies choses, vraiment. D’un autre côté, plus rien ne sera comme avant. Bien des choses ont évolué. Mes enfants ne sont pas tout à fait comme les autres désormais, et notre vie ne nous appartient plus tout à fait. Et pourtant…

Le lendemain de l’annonce de la mise en examen – chose dont j’ai parlé aux enfants, je leur explique tout, surtout ça, qu’on les a enfin écoutés et crus – Tom-Tom a fait un dessin incroyable… D’habitude, il fait des gribouillages ou des formes géométriques, et des bonshommes sans tronc. Cette fois, il a dessiné un arbre avec les couleurs académiques –marron, vert- un soleil, de l’herbe, des fleurs, avec un sens du détail auquel je ne m’attendais pas. Le lendemain de l’annonce… Quelque chose qui s’est débloqué. Nana a abandonné à son petit frère l’horreur rose de la Star’ac offert par son père il y a 3 ans – un truc qui ne fonctionne plus depuis des lustres mais auquel elle s’accrochait… Elle ne s’accroche plus… Elle ne s’y accroche plus, à ce père, me réclamant même un autre père, « un vrai », à la rigueur un beau-père. Elle se « trompe » parfois, donnant mon nom de famille à la place du sien, celui hérité de son père…
Ils m’ont couverte de cadeaux pour la fête des mères, passant des heures sur d’innombrables petits bricolages. Ils me refont la même chose pour mon anniversaire qui approche. Tom-Tom m’avait très naturellement offert son cadeau de fête des pères fabriqué à l’école, alors qu’il espérait encore revoir son géniteur à ce moment-là.
Bref, ils sont dans une phase d’acceptation… Ils tiennent invraisemblablement le coup, depuis le début. Rassurés, soulagés d’être sorti du cauchemar sans doute.
Moi aussi, je tiens le coup. En gros. Soulagée aussi, sans doute, ôtée moi aussi d’un poids qui nous empêchait d’être, d’être pleinement. Je fais mille choses, mille choses absolument inessentielles, surtout depuis que je suis en vacances : je lis, je brode, je couds des doudous improbables auxquels les enfants s’attachent, je cuisine, surtout des gâteaux et puis des confitures aussi. On joue. On lit. On bricole, beaucoup. On a découvert un super coin pour faire du vélo. Nana a gagné un stage sportif à un concours. Mais elle souffre peut-être d’épilepsie – d’où sa chute de poney en janvier… Peut-être qu’elle devra renoncer à l’équitation. Mais elle s’est découverte une passion pour le théâtre depuis qu’elle a joué dans la pièce de la classe – elle a fini l’année scolaire avec moi – et est très forte en flûte traversière. Elle lit, écrit sans cesse, tout plein de petits mots… Tom-Tom grandit et mûrit malgré lui, fait des puzzles, adore les jeux de construction, compte tout ce qui lui tombe sous la main – des canetons du fleuve aux grains de riz qui restent dans on assiette – et dévore les livres. Il adore les danseuses classiques, veut faire du cirque et du violon et le la guitare et de la batterie.

C’est un peu en vrac tout ça… C’est juste pour dire que rien n’est pareil qu’avant mais que le principal reste : ils grandissent harmonieusement, ils sont heureux. Nous sommes heureux, à peu près, malgré l’inquiétude, voire la peur, toujours…

Revenir...

Finalement, je ne sais pas comment revenir ici, par quoi commencer, de quoi parler... Tout se bouscule. Ca va à peu près, mais pas toujours tant que ça lorsqu'on creuse un peu.

J'ai écrit un peu ces derniers temps, mais je ne peux encore tout poster - on ne sait jamais...

Voici un mot que j'ai jeté sur le clavier le 16 avril; 3 mois après, j'en suis toujours là, de ma colère, et de mon sentiment d'impuissance. Seules différences: je me sens vraiment bien ici, vraiment chez moi, et l'idée de devoir plier à nouveau bagage dans le mois qui arrive me déprime. Et puis mon inspection a eu lieu, et s'est bien passée.

Voilà. Seconde nuit dans notre nouvelle maison, au milieu des cartons. Nouveau départ, je n’ose espérer que ce soit le dernier. Je ne me sens toujours pas chez moi, toujours pas au bon endroit. Tant pis, l’essentiel, l’urgent est fait.
Seconde nuit dans notre nouvelle maison, et j’ignore quand je serai à nouveau connectée. En attendant, je jette ces mots, pour les poster plus tard. Pour ne pas trop perdre le fil des derniers événements.

Je voudrais tout d’abord revenir sur les commentaires que j’ai lu sur mon dernier post du 10 avril- il y en a peut-être eu d’autres depuis…
Au sujet des bonnes âmes pour commencer… J’en suis entourée ! De ma famille à mes amis en passant par les amis de la famille sans compter les collègues, il y a eu un énorme élan de solidarité autour de nous, sans lequel nous ne nous en serions pas sortis.
On va dire que c’est chouette, mais je ne trouve pas.
Comment font les personnes qui se retrouvent dans la même situation que moi – nécessité de protéger ses enfants – mais qui ne peuvent pas compter sur leurs proches sur le plan matériel, financier… Je dois avouer que mon métier m’a donné certains avantages dont je reparlerai, je dois le nouvel appartement au piston – même si, je vous rassure, je n’ai lésé personne.
Encore une fois, est-ce normal ? D’accord, la solidarité, c’est bien, mais il y a des moments où l’état devrait prendre ses responsabilités.

Parce que – et ça répondra à la réflexion de ma copine Valérie, mon ex est un criminel et va aller en prison. La maltraitance psychologique devrait aussi être considérée comme un crime et être passible de prison… En attendant, le viol l’est bel et bien. Mais, comme je l’ai dit plus tôt, nous sommes victimes de l’après-Outreau, victimes des lenteurs de la justice et par-dessus le marché, nous devons attendre que le dossier soit complet et passe d’un département à l’autre où il sera épluché avant que mon ex ne soit convoqué.En attendant, je me vois mal laisser mes enfants chez un violeur. Ils ont été filmés décrivant les sévices sexuels qu’ils ont subis. Selon mon avocate, les laisser chez leur père tiendrait de la non assistance à personne en danger. La policière elle-même m’a dit que je devais m’arranger pour ne pas entrer en contact avec lui.
Et pour finir, j’ai été couverte par des policiers qui nous ont vaguement cherchés lorsque mon ex est venu pleurnicher dans leur bureau. Quand ils ont compris ce qui se passait, ils l’ont embobiné et nous ont laissés tranquilles.
En somme, on me permet d’appliquer le principe de précaution, à condition que je me débrouille par moi-même. D’où ma colère vis-à-vis des institutions… Quoi qu’il arrive, elles se couvrent : elles n’empêchent pas la mère de protéger ses enfants, et si les accusations contre le père ne sont pas fondées, elles ne se sont pas mouillées auprès de lui… Aucun reproche.

Et pour finir, je préfère avoir mal un bon coup. J’aurais pu refuser l’inspection lorsque j’ai appris sa date, j’aurais encore pu lorsque le ciel m’est tombé sur la tête… Mais autant en finir et être tranquille pour plusieurs années… je ne suis pas sûre d’être plus à l’aise l’année prochaine.

Friday, July 20, 2007

Le 19 juillet 2007

Hier, nous étions le 19 juillet 2007.
Cela faisait 4 mois 1/2 que mon compteur personnel s'était arrêté à la date du 5 mars.
Désormais, le 19 juillet 2007 prendra date lui aussi. C'est le jour où j'ai reçu ce coup de téléphone que je n'attendais plus, parce qu'on m'avait fait comprendre que la simple convocation prendrait encore plusieurs mois. Le coup de gueule de mon avocate a-til porté ses fruits? Ou mes multiples lettres aux procureurs? Hier, le coup de fil qui a tout fait basculé, une nouvelle fois: mon ex mis en examen. Je ne savais pas qu'il avait été convoqué mardi, mis en garde à vue pour 48 heures. C'est fou, toutes ces choses qui se passent en dehors de nos vies, sans qu'on ait prises sur elles, alors qu'elles concernent nos vies. Après, j'ai essayé de me souvenir ce que je faisais au moment où lui était interrogé, placé en garde à vue.... A-t-il été arrêté? A-t-il passé sa première nuit en prison? J'espère que mon avocate pourra m'en dire plus... J'ai envie de savoir...

C'est bien, c'est un soulagement, en même temps, c'est triste, qu'on en soit là, que lui en soit arrivé à ça, et puis c'est loin d'être fini... Ca ne sera jamais fini... Je sais que nous allons devoir partir... Parce qu'un jour, il sortira, s'il n'est déjà en liberté à l'heure qu'il est, et qu'il va nous chercher, ivre de rage... Et je n'oublie pas ce que son frère a fait à sa femme...

C'est drôle, qu'internet décide d'élire domicile ici juste le lendemain de cette nouvelle.
Il y a eu tant de choses durant ces 4 mois 1/2... Toute une vie, ces 4 mois 1/2... Que 4 mois 1/2, mais bien plus que ça pour nous.
Tant de choses à vous dire... Et vos blogs à lire... J'espère que vous allez bien.

Thursday, May 31, 2007

Lumière

Je suis là...
J'aurai peut-être bientôt internet à la maison.
J'avais songé à ne pas le récupérer... Je me prends une grosse tranche de vraie vie en ce moment... La vraie vie, qui peut faire si mal, qui peut être si merveilleuse aussi...

Moi aussi, j'ai parlé, adolescente. Par deux fois. Mais on ne m'a pas écoutée. Inutile de chercher plus loin les raisons de mes difficultés avec les hommes... Au delà de ça, c'est une vraie maltraitance psychologique que j'ai subie, sous couvert d'amour... Personne ne m'a tendu la main, lorsque j'étais enfant, ou adolescente. Je me suis aidée toute seule, parce que j'ai toujours eu envie d'être heureuse. J'ai longtemps cru que j'avais fait mon premier enfant comme réponse à mon désir de mort, j'ai compris enfin que c'était en réalité ma réponse à la vie. Après des semaines très difficiles et quelques jours vraiment très noirs, qui font suite à trente années d'interrogation, je le sais, aujourd'hui, que j'ai cette envie en moi, celle qui fait que je suis là, aujourd'hui, debout, plus forte que jamais, plus heureuse que jamais, avec cette rage de vivre que personne n'a jamais pu briser.

Résilience... Je me suis battue, je l'ai eue. J'éclabousse de bonheur mes enfants qui n'ont jamais été aussi bien -comme la parole est libératrice! J'y crois pour eux, à cette résilience. Ils seront heureux. Dans la vraie vie.

Mais je reviens bientôt, quand même.