Monday, May 19, 2008

Inventaire...

A la Prévert!

Des poupées espérant enfin des câlins
Un berceau en osier
L'école des petits poneys
Le studio avec micro à l'effigie d'une émission de découverte de "jeunes talents" poussant la chansonnette à la télévision
Des barbies aux yeux vitreux et sourires figés
Des barrettes et bijoux d'enfants
Quelques vêtements
Les deux cartables des années précédentes, trop "petites filles" pour ma grande fille!
Des petits poneys et un cheval blanc
Des cassettes vidéos ou DVD dont on s'est lassé ou qu'on n'a jamais aimés
Des livres, beaucoup, énormément, manuels de profs, classiques de la littérature en double voire en triple voire en quadruple, oui, nous avons réussi cet exploit! Avec quatre enfants, ce n'est pas étonnant! Des livres insipides aussi, ou inutiles, mais si, il y en a! Des livres de cuisine en surnombre, les livres en anglais que jamais je ne lirai - j'ai gardé "mister vertigo" de Paul Auster, le seul que j'aie jamais lu in english
Deux albums pour enfants, l'un en double, l'autre intitulé "tu peux compter sur ton papa" que je ne peux décemment pas lire à mes enfants!
Des CD niais de nos adolescences - non, n'insistez pas, vous n'aurez pas les noms!
Des cassettes audio depuis longtemps remplacées - j'ai conservé les albums de Renaud, faut pas abuser
Des jeux vidéos plus utilisés
Des partitions
Des BD qui ne me plaisent plus du tout
Des pin's patiemment amassés lorsque c'était la mode
Des vinyles laissés par une tante lorsqu'elle est passée d'un trois pièces à un studio
Des sacs, des paniers, des pots divers et variés
De la vaisselle parfois belle, parfois laide, parfois étonnante (la boîte à œufs avec le dessin d'une poule!) dont des amies jumelles se font inonder par leur mère qui essaie de rattraper des enfances et adolescences perdues - mais il y a des choses qui ne s'achètent pas
Deux machines à expresso des mêmes amies, et pour les mêmes raisons
Des babioles en tout genre, pas à nos goûts ou totalement kitch

Une arrivée très tôt, dans la convivialité, l'installation minutieuse et longue, pendant que des accros cherchent déjà parmi les cartons.
Des choses anciennes? Heu non, ça nous gardons!
Les cartables partis dans les 10 premières minutes pour une misère auprès d'un "père de famille nombreuse" maghrébin charmant, qui en avait déjà acheté au moins cinq et qui sans doute fera ainsi des heureux de l'autre côté de la Méditerranée.
Mes BD parties d'un coup pour 1 euro l'une, elles resteront ensemble!
Les étiquettes bricolées à la hâte, quelques indications, quelques prix...
La brume qui fait de la chantilly sur la Seine, le froid qui m'envahit, la dame du placement d'à côté qui me prête un châle polaire pour me réchauffer.
Le temps qui passe vite, une copine qui me rejoint, puis ma mère et les enfants, déjà midi!
Les passants avec qui on discute ou on rit même s'ils n'achètent rien
Les peu sympathiques qui ne répondent même pas aux salutations
Ceux qui marchandent systématiquement, exigeant presque qu'on leur donne!
Le temps qui se maintient, ouf, il ne pleut pas malgré les prévisions désastreuses! Le soleil qui perce même timidement, me réchauffant doucement - je rends le châle à la voisine, qui le vend dans la foulée!

Tous ceux qui passent et s'arrêtent deux minutes, les amis, les collègues, les voisins, les enfants de l'école, les amis de la liste, le prof de ma fille qui s'inquiète pour sa santé, le médecin ORL, le dentiste, et le maire qui vient me saluer en personne en me demandant comment je vais, toujours pas compris!

Au final, 55 euros de jouets vendus pour Nana! Dont les plus encombrants, ouf! (Et surtout, l'horreur académique avec micro incorporé, vous m'aurez compris)
Les babioles les plus improbables, sur lesquelles on ne pariait pas un kopek!
Les deux lots de pin's, partis pour 3 euros au lieu de 2 parce que le collectionneur a donné son prix avant que je donne le mien!
Quelques livres, quelques cassettes, CD et DVD, pas autant qu'on l'aurait espéré (et le CD de Carla m'est resté sur les bras!)
Peu de vaisselle, nous ne l'avons pas assez mise en valeur, trop peu d'espace pour cela
Presque aucun vêtement, sans doute parce que c'était ceux d'hiver
Quatre partitions abandonnées 3 euros à un amateur averti - je n'y connaissais rien, il a sans doute profité de la situation mais il avait l'air si passionné, pas de regret!
Un grand vélo acheté à Viking qui n'a cessé de rouler sur la route interdite à la circulation des voitures
Mon cahier bien tenu qui permet de déterminer qui a gagné quoi.
Pas beaucoup pour moi, mais l'envie de recommencer, avec un stand mieux organisé et plein d'idées pour cela.

Thursday, May 15, 2008

Comment développer sa sociabilité en une leçon

En étant écolo!

Bon allez, je développe: comment on fait quand on n'a pas de voiture? On utilise les transports en commun, on sourit devant le jeune homme qui passe dans les wagons annoncer à chaque voyageur que Jésus nous aime, on discute avec des inconnus de tout et de rien... Je connais même un couple qui doit son histoire longue durée et ses deux enfants à un coup de foudre dans un train!
Alors qu'au lieu de ça, on pourrait s'énerver dans sa voiture à cause de tous les imbéciles qui roulent comme des imbéciles et des embouteillages qui nous embouteillent.

Autre axe de développement: comment on fait quand on n'a pas de voiture dans une zone ravitaillée par les corbeaux? On auto-stoppe, et après on doit faire la causette au chauffeur - remarquez, le chauffeur doit aussi aimer la causette. Bon, je n'ai jamais fait de stop, mais quand j'avais une voiture, j'ai pris des autostoppeurs et j'ai toujours trouvé ça rigolo.

Et pour finir, comment on fait quand on n'a pas de voiture et qu'on doit se rendre d'une ville à l'autre sans système de bus intelligent (comprenez: qui passe plus de 3 fois dans la journée) et que bon, on aime marcher mais que des fois il pleut ou on est pressé?
On demande gentiment aux collègues de venir nous prendre ou de bien vouloir nous ramener... Pour cela, il faut qu'ils habitent pas trop loin de chez nous bien sûr, ou alors il faut être rudement sympathique pour qu'ils acceptent d'effectuer un détour de 40 km!
En tous les cas, ça oblige à avoir des rapports humains corrects dans la journée... Sinon y'a plus qu'à se taper 5km sous la pluie et chargé comme une bourrique...

Franchement, je préfère rester sèche et épargner mon dos :-D

Wednesday, May 14, 2008

Attendre...

Viking a toujours aimé la musique. On sent ce genre de penchant chez nos enfants. Depuis longtemps, il déclare vouloir faire "de la batterie, de la guitare et du violon" (Plaignez-moi :-D)
Depuis l'an dernier, il montre également une nette attirance pour les danseurs (les danseuses surtout). Il est resté scotché à plusieurs reprises devant des spectacles de danse.

En septembre, je l'ai inscrit au cours d'éveil musical du conservatoire, qui inclue de l'éveil corporel. Malheureusement, il est tellement sûr des instruments qu'il souhaite jouer qu'il en a un peu assez!
Chaque fois, il râle un peu, pleurniche même, mais une fois qu'il y est, il est ravi.

Hier, je l'ai emmené (d'habitude c'est ma mère, et moi j'emmène Nana au poney, mais comme elle est à nouveau arrêtée...)
Et là, grosse crise de larmes! Pourtant, les maîtresses m'expliquent qu'il participe beaucoup, a une bonne voix, progresse en rythme, a plein d'idées en danse... Au bout de 10 minutes de discussion avec lui, je lui ai enfilé tant bien que mal son tee-shirt blanc et je l'ai envoyé de force dans la salle, en songeant qu'un jour il donnerait cher pour se trouver seul petit mec au milieu de donzelles en tutu!
(Et une fois que j'ai disparu, il a cessé de pleurer et a participé comme d'habitude! Quel chameau!)

Aujourd'hui, je suis allée me renseigner à l'école de musique... Mais non, les enfants ne peuvent commencer leur instrument qu'à 7 ans, même tarif pour tout le monde... Je comprends parce que je sais que certains parents poussent leurs enfants, parce qu'à 6 ans on apprend déjà à lire et c'est beaucoup... Mais quand même, en ce qui concerne Viking, c'est dommage... Dommage de lui infliger une nouvelle année d'attente, alors que je sens son envie sincère et que je suis sûre que la pratique d'un instrument lui apporterait beaucoup...

Monday, May 12, 2008

Pour la classe de mon fils...

La maîtresse de Viking aimerait recevoir des cartes postales pour montrer aux enfants à quoi sert l'écrit - ils ont déjà travaillé sur d'autres supports, livres bien sûr, journaux, et même tickets de caisse!

Sur une carte postale, y'a l'adresse de destination et un petit mot de loin parfois...

Si certain(e)s d'entre vous veulent participer à l'aventure, qu'ils(elles) me le signalent par mail (voir mon profil), je leur enverrai l'adresse de l'école.

La vérité etc, encore une fois...

Ma sœur a montré l'échographie de son bébé à Viking et Princesse.

(Occasion pour moi de constater que Princesse ne connaissait pas grand chose à l'origine des bébés et donc de lui faire un cours d'éducation sexuelle, schémas à l'appui.)

Quelques jours plus tard, elle me demande si ma sœur attend un garçon ou une fille.
J'explique aux enfants que cette première échographie ne permet pas de le savoir, et que de toute façon, ma sœur et son mari veulent garder la surprise jusqu'au bout.

Du coup, Viking glisse son grain de sel, et nous explique doctement que c'est facile de savoir. Quand le bébé sera né, on regardera: s'il a un zizi, c'est un garçon, s'il n'a pas de zizi, c'est une fille.

Parfois, quand on grandit, on oublie combien les choses sont simples :-)

Saturday, May 10, 2008

Triste....

Bérénice est partie...J'ai toujours cru qu'elle guérirait. Depuis un an 1/2, je prenais des nouvelles sur le blog que sa maman tenait (j'étais une lectrice du blog d'avant la maladie), sans oser mettre un mot...

Je me sens triste, vraiment...

Serrez vos enfants, fort.

Tuesday, May 06, 2008

Elle récidive!!

Récapitulons:
- Janvier 2007: elle s'évanouit à cheval, chute et se casse le coude-6 semaines de plâtre
- Eté 2007: elle se plaint d'absences et subit un examen médical pour écarter le risque d'épilepsie
- Janvier 2008: elle tombe et se casse le poignet - 6 semaines de plâtre ("curieux, à un an d'intervalle, chaque fois autour de son anniversaire", me fait remarquer l'avocate...)
- Mi-avril: elle se cogne contre un arbre et se fait un énorme hématome au genou qui nécessite 15 jours de béquilles ("elle s'esquinte beaucoup je trouve", déclare la psy)
- 6 mai 2008 (aujourd'hui, quoi), elle se fait une entorse durant le cours d'équitation: 15 jours de béquilles en plus d'une attèle.

A cela s'ajoute une sorte de fatigue chronique, des petits maux anodins, sur lesquels on n'arrive à mettre aucun nom...

Alors....
Série d'accidents, simples coïncidences, en cette période de croissance, avec en prime une difficulté à supporter l'hiver et son manque de soleil?
Cris du corps qui se font l'écho des bleus de l'âme?
Symptômes de la maladie dont l'ombre plane sur ma famille (ma mère et mes jeunes frère et sœur atteints)? Cette série noire me fait tant penser à ma sœur...

Je ne peux croire que le mental bancal soit seul responsable, pourtant difficile de considérer simplement cela comme une malheureuse suite d'accidents... Comment savoir dans quelle mesure la pression psychologique s'exerce, jusqu'où elle peut aller?

Alors... dans un premier temps, éliminer, je l'espère, l'hypothèse de la maladie...
Ensuite... Quoi qu'il se passe, d'où que ça vienne, le temps fera son œuvre...

Sunday, May 04, 2008

Choisir son monde...

On ne voit pas bien sur la photo, mais les deux immeubles sont en cours de démolition. Ils n'ont plus de fenêtres. Ça les rend effrayants. Vision cauchemardesque de notre présent...




A quelques kilomètres de là, la forêt de Fontainebleau, ses arbres arbres majestueux, ses rochers plein de sagesse.


En les voyant, je songe aux peuples celtes et à leur culte des pierres. Je me demande si certains agencements ne sont pas dû à la main de l'homme. Je me demande s'il y a eu des cérémonies en ces lieux.


(Celui-là ressemble à une tête de lion, vous ne trouvez pas?)

A quoi songent-ils, ces géants endormis que le temps modèle sans cesse, sans interruption, au gré de ses fantaisies?



Du haut de ces apaisantes œuvres de la nature, des milliers de siècles nous contemplent...


Thursday, May 01, 2008

La colonisation des objets

J'écris ce billet en pensant aux différents propos de Moukmouk, en commentaire sur mon blog et sur d'autres blogs, ou sur son blog, notamment au sujet des livres.

Comme tant d'autres, j'ai une attitude écolo au maximum, dans la mesure où on puisse avoir une attitude écolo lorsqu'on habite une ville de la banlieue parisienne.
J'ai appris bien des choses pour le biais d'internet, en particulier grâce à Sophie (qui vient d'inaugurer son blog, alors hop hop allez-y faire un tour): couches lavables, ménage au vinaigre blanc, pour ne citer que ça.
Je n'ai plus de voiture.
Je n'achète plus que des produits pour la peau bio et non testés sur les animaux, nous mangeons de plus en plus bio (ça dépend un peu des mois je dois dire...)

Bon là, facile. Mais de plus en plus, j'ai eu envie d'avoir en plus une attitude équitable. Ça va souvent de paire d'ailleurs. Donc, café bio et équitable, jouets et vêtements d'occas pour ne pas donner ses sous directement aux exploiteurs des pays du tiers-monde (et qu'on ne me dise pas que les pauvres enfants qui faisaient des vêtements vont devenir prostitués à cause de moi. Qu'on les envoie à l'école, point. C'est ce qu'on a fait en France à partir des années 1880, malgré les cris de protestation de l'immense majorité de la population qui craignait un effondrement de l'économie: on connait la suite, comme quoi, c'est une question d'envie - et de moyens, mis ailleurs pour le moment)

A Noël, je n'ai pas su quoi offrir à mes enfants. Parce qu'ils avaient TOUT. A force d'avoir écumé les vide-greniers et leurs innombrables bonnes affaires, à force d'avoir laissé ma mère se lâcher pour mes enfants, rattrapant ainsi son enfance malheureuse, à force d'avoir voulu compenser l'incompensable cette année, nous avons réussi le tour de force d'avoir deux enfants qui ont tout, tout, et même le superflu. Du coup, ils ont eu davantage de superflu. Des trucs qui ont rejoint le reste sur les étagères, où ils prennent la poussière.

Parce que mes enfants jouent peu, finalement.

Je ne parle même pas des cassettes vidéos et autres DVD, parfois en double, "comme ça y'a chez toi et chez moi", dixit ma mère.
Ni des vêtements qu'elle achète par paquets de 12, et ma fille a aujourd'hui 25 tee shirts et mon fils une quinzaine de pantalons.

Je ne parle pas des livres. Oh non! Les livres, c'est pas grave. Y'en a jamais trop. Les magazines, par contre... A peine lus souvent...

L'idée, donc, a fait son chemin doucement.
Ma machine à pain dont la cuve ne fonctionne plus depuis 6 mois... En racheter une? Qui me lâchera aussi au bout de 3 ans et qui ira polluer? Faute d'argent pour remplacer la bête au début, puis après réflexion depuis, je fais mon pain à la main parfois et sinon j'achète à nouveau des baguettes chez le boulanger.
Noël, où on ne sait plus quoi offrir à certains membres de la famille parce qu'ils ont tout et sont même littéralement envahis ("enfin, un livre, ça fait toujours plaisir"... et à force, on ne sait même plus ce qu'on a offert à telle ou telle occasion ni à qui)
L'anniversaire de Nana, où elle s'est vue offrir un gadget encombrant pour enfiler des perles sur le fil (un truc qui va se détraquer vite fait et aller polluer la planète... Alors qu'enfiler manuellement des perles sur du fil, quand même... pourvu que la maman qui a acheté ça ne lise pas mon blog!)
Cette réflexion d'Alexandra aussi... Moi aussi, des bouquins, j'en ai des tas... Trop... Des manuels du lycée même encore! Des romans que je n'ai jamais lus et qui ne me tentent pas... Des livres en allemand, parce que j'avais fait une première année d'allemand à la fac... Autant dire que mon niveau en allemand étant devenu de qu'il est, je ne les lirai jamais plus...

TROP! On a trop! trop de vêtements, de livres, de jouets, de cassettes vidéos et DVD!
Alors on a retroussé nos manches, et depuis quelques jours, nous empilons ce que nous ne voulons pas garder, les livres jamais ouverts, les vêtements plus mis depuis 5 ans, les CD ringards, les jouets qui végètent dans des bacs.... Direction vide-grenier!
Nana a bien compris qu'en se débarrassant de jouets avec lesquels elle n'a jamais joué, elle pourra obtenir ce qu'elle veut vraiment et que je n'ai pas les moyens de lui acheter (enfin si, je pourrais... en me serrant la ceinture... Et je n'en ai pas envie, plus envie quand je vois les chambres de mes enfants!) (quant à moi... un début de cagnotte pour un voyage en Laponie avec le Jeunot? Contre des objets qui ne me sont plus rien, le jeu en vaut la chandelle)
Les babioles s'entassent dans le carton de Nana... Mille petites choses dont on l'a envahie en 9 ans. Petites ou grandes choses d'ailleurs, si encombrantes...

Nous faisons le vide donc, et pas question de se laisser envahir à nouveau!

Et tranquillisez-vous: nous gardons bien des choses encore! Les livres.... Hé oui, impossible de m'en passer!
Mais la réflexion de Moukmouk concernant les livres électroniques fait son chemin à son tour.
Bien sûr, les livres, piliers de la civilisation... Mais pilleurs de ressources aussi! Il y a des choses dont on devrait se débarrasser en premier lieu avant de songer aux livres (les pubs pour ne citer qu'elles) mais il y a urgence! Ce n'est plus le moment de compter.... Si la condition, pour que mes enfants puissent continuer de vivre dans un monde de papillons et de baleines, c'est de se passer de livres papier pour se tourner vers les livres électroniques, je saute le pas sans hésiter! Si on me garantit en plus qu'avec ce système, les auteurs seront rémunérés convenablement ... C'est aujourd'hui ce qui m'empêche de télécharger de la musique... et donc d'avoir un MP3... Pourtant, Moukmouk a raison, le livre électronique sauvera des forêts (et cessera d'enrichir davantage les éditeurs que les auteurs) comme le MP3 bien utilisé limitera l'achat de CD qui parfois lassent ou se cassent (et donc polluent) et de chaînes hi-fi qui finissent par nous lâcher et donc... polluer... encore...

Reste que les anniversaires reviennent chaque année, comme Noël... Depuis 2 ou 3 ans, j'insiste auprès des membres de ma famille pour qu'on ne s'offre plus de cadeaux entre adultes mais c'est chaque fois peine perdue... Mais j'ai prévenu: désormais, je vais fabriquer (enfin, tenter de...) pour les anniversaires. Et j'ai encore plusieurs mois pour convaincre pour Noël prochain: juste un repas et le plaisir d'être ensemble (c'est pas gagné, c'est mon discours de toujours qui fait marrer tout le monde)
Par contre, là où je serai intransigeante, c'est concernant les enfants. Je ne veux plus tout et n'importe quoi! Je ne compte pas faire un vide-grenier par saison. On peut les gâter autrement: spectacles, activités extra-scolaires....

Voilà, c'était un peu en vrac parce que le sujet est complexe, mais ça me tenait à cœur. J'espère avoir vos réactions...

Tuesday, April 29, 2008

400ème!

Hé oui, 400ème message à la bergerie!
Si j'additionne avec l'autre blog que j'avais créé à un moment (et que je vais rapatrier ici dès que possible), ça fait 473.

(Et pour fêter ça, j'ai réorganisé mes liens)

473 messages de bribes de rien, de bribes d'amour, de bribes de rire, de bribes de drame.
En un peu plus de 3 ans.

J'avais commencé ce blog au moment où le père de mes enfants s'est souvenu qu'il avait des enfants. Parce que j'ai senti que notre petite famille allait s'en trouver bouleversée, et j'avais besoin d'en parler. Je n'imaginais pas, alors, qu'un tel ouragan allait emporter nos vies pour les emmener sur d'affreux rivages. Je n'imaginais pas que vous seriez un jour les impuissants témoins de cet ouragan.

Le printemps arrive, doucement. J'ai admis la mort de ma belle-sœur. Je ne suis pas sûre d'avoir fait son deuil encore, mais j'arrive à vivre avec cette absence, depuis peu. Comme j'arrive à continuer mon chemin en acceptant l'histoire de mes enfants.
Je suis en colère, toujours. Triste, aussi, parfois.

Mais amoureuse, ça c'est nouveau et ça met du soleil.
Grandie par les épreuves, qui ne sont pas finies hélas. Grandie par mon expérience politique récente. Grandie, finalement, par les ressources inattendues que j'ai trouvées en moi pour tenir le cap envers et contre tout.

Je ne suis plus seulement une jeune femme portant un deuil impossible à faire dans les conditions actuelles, ni la maman de deux enfants un peu différents.

Je peux avancer en regardant devant. En regardant les mille sentiers qui se rejoignent pour faire une vie, en regardant les mille facettes qui font qu'on est soit.

J'ai bien fait de m'arrêter quelques jours avant les vacances. J'ai fait le point. Les vacances sont bienvenues aussi. Jamais elles n'ont été si sereines avec les enfants.

J'attends la rentrée et sa tempête de pied ferme. Je me sens neuve et forte comme jamais. Les élèves n'ont qu'à bien se tenir, leurs parents avec, et mon ex et son avocate aussi, tiens.

J'ai encore au moins 400 billets à écrire ici!

Et pour ceux qui ne savent pas encore, voici d'où vient mon pseudo et le nom de mon blog:

Margoton la jeune bergère
Trouvant dans l'herbe un petit chat
Qui venait de perdre sa mère
L'adopta
Elle entrouvre sa collerette
Et le couche contre son sein
C'était tout c'quelle avait pauvrette
Comm' coussin
Le chat la prenant pour sa mère
Se mit à téter tout de go
Emue, Margot le laissa faire
Brav' Margot
Un croquant passant à la ronde
Trouvant le tableau peu commun
S'en alla le dire à tout l'monde
Et le lendemain

Quand Margot dégrafait son corsage
Pour donner la gougoutte à son chat
Tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la
Et Margot qu'était simple et très sage
Présumait qu'c'était pour voir son chat
Qu'tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la

L'maître d'école et ses potaches
Le mair', le bedeau, le bougnat
Négligeaient carrément leur tâche
Pour voir ça
Le facteur d'ordinair' si preste
Pour voir ça, n'distribuait plus
Les lettres que personne au reste
N'aurait lues
Pour voir ça, Dieu le leur pardonne
Les enfants de cœur au milieu
Du Saint Sacrifice abandonnent
Le saint lieu
Les gendarmes, mêm' mes gendarmes
Qui sont par natur' si ballots
Se laissaient toucher par les charmes
Du joli tableau

Quand Margot dégrafait son corsage
Pour donner la gougoutte à son chat
Tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la
Et Margot qu'était simple et très sage
Présumait qu'c'était pour voir son chat
Qu'tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la

Mais les autr's femmes de la commune
Privées d'leurs époux, d'leurs galants
Accumulèrent la rancune
Patiemment
Puis un jour ivres de colère
Elles s'armèrent de bâtons
Et farouches elles immolèrent
Le chaton
La bergère après bien des larmes
Pour s'consoler prit un mari
Et ne dévoila plus ses charmes
Que pour lui
Le temps passa sur les mémoires
On oublia l'évènement
Seul des vieux racontent encore
A leurs p'tits enfants

Quand Margot dégrafait son corsage
Pour donner la gougoutte à son chat
Tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la
Et Margot qu'était simple et très sage
Présumait qu'c'était pour voir son chat
Qu'tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
Etaient là, la la la la la

(Chanson de Brassens que je chantais à Viking pour l'endormir...)

Monday, April 28, 2008

La vérité sort de vous savez où

Le jeunot sait faire plein de choses. Les fait tout court, d'ailleurs. Le ménage, la vaisselle, ce genre de choses (hyper pratique tout ça)

Par contre, le jeunot ne sait pas cuisiner. Enfin si, les pâtes, très bien. Pas plus.
Il y a quelques jours, je lui demande de casser des œufs, pendant que moi j'étale la pâte brisée.

Le jeunot ne sait pas casser les œufs.

"Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi?", me désespérai-je.
"Bin, tu vas l'aimer, c'est tout", répond Nana.

C'est certain, ça risque d'occuper un paquet d'années ça...

Et pour ceux qui s'inquiètent pour ma tarte salée, le jeunot a réussi à casser les œufs, comme quoi l'amour mène à tout.

Thursday, April 24, 2008

Rangement express made in Viking

J'ai commencé mes vacances par le rangement des chambres de mes enfants.

Y'en avait grandement besoin. Mes enfants ont beaucoup de choses -livres/vêtements/jeux/jouets- et peu de rangements et aiment plus déranger que ranger ce qui nous donne des chambres avec des livres en vrac, des vêtements en tas, des jeux en pagaille et des jouets en bataille.

J'ai donc tenté d'organiser tout ça. Depuis mon passage, la chambre de ma fille ressemble enfin à une chambre de fillette de 9 ans - et la guirlande lumineuse n'y est pas pour rien bien sûr. Mais en plus, chaque chose est à sa place, la place la plus logique possible et c'était pas de la tarte.

J'ai profité d'une après-midi télé pour m'occuper de la chambre du fiston et là il m'a fallu un sac poubelle entier pour jeter en douce les trucs cassés, les cailloux, les bâtons et une kyrielle de gribouillages premier âge et essais calligraphiques sans nom et sans date.

Bon là j'avoue, mon cœur de maman s'est serré, mais au bout d'un moment, ça déborde franchement. Pour ne pas avoir la tentation de rouvrir le sac poubelle pour retrier, je l'ai jeté tout de suite dans la benne. Et rassurez-vous, pour ceux et celles qui s'apprêtent à appeler les services d'aide à l'enfance, il en reste plein. J'ai gardé tout ce qui ressemble à une vague forme.

Et au moins, mon fiston a désormais un vrai bureau, sans bac débordant de feuilles utilisées par on-ne-sait-qui en dessous mais avec un pot à crayon dessus.

Et donc, après avoir brillamment rempli mon rôle de mère/gestionnaire/maîtresse de maison, j'ai prévenu les habitants de la bergerie que désormais, chacun pour soi: s'ils veulent un enclos rangé, qu'ils se débrouillent.

Je crois que le message a été bien compris, à défaut d'être correctement interprété: tout à l'heure, Tom-Tom s'est agité en tous sens, en cherchant coussins et couvertures. Puis il m'a appelé, victorieux: il avait rangé sa chambre. On ne voit plus de jouets par terre.

En effet:





Tuesday, April 22, 2008

La malédiction du fond du pot

Il m'arrive un truc terrible.

Enfin, c'est plutôt à tous les pots, tubes et flacons en tous genres résidant chez moi qu'il arrive cette terrible chose.

Quand je sens que mon flacon de liquide vaisselle, par exemple, arrive à la fin, j'en achète un autre. Tout neuf, tout beau, tout rempli. Je le pose à côté de l'ancien.... Et je l'utilise. Le nouveau. Alors que l'ancien n'est pas fini.

Parce que bon, c'est quand même plus pratique d'utiliser un flacon neuf, y'a qu'à renverser l'engin et hop, ça coule sur l'éponge. Alors que l'ancien, faut un peu insister, appuyer tout ça...

Alors le pauvre, je l'oublie. Il reste tout triste à côté de l'autre crâneur là, le tout beau tout neuf. Qui ne reste pas longtemps tout beau tout neuf. Il est remplacé, un jour ou l'autre...

Oui oui, je vous assure, ça m'arrive d'entamer un troisième flacon alors que les 2 premiers ne sont pas finis! Bon, ça me fait réagir quand même, et je m'efforce de les achever vite fait pour que ça fasse moins désordre.

Et je fais ça avec tout! Les tubes de dentifrice et crèmes diverses et variées. Le flacon de gel douche et de shampooing - et comme le bord de ma baignoire est plus large que le bord de mon évier, c'est parfois 4 ou 5 flacons qui stagnent lamentablement en attendant que je daigne les achever.

Je fais ça aussi avec la moutarde. Le sel. Le paquet de beurre.
Les tubes de colle.

Je suis incapable de finir totalement un truc avant d'en entamer un autre.

La solution serait d'attendre que le flacon en cours soit totalement fini pour en acheter un autre, mais je ne vais pas faire les courses tous les jours non plus! Que faire si nous arrivons à cours de gel douche un samedi soir, sachant que je ne peux pas faire de course avant le mercredi? Il nous arrive déjà régulièrement d'être à cours de PQ...Oui ça, allez savoir pourquoi, je ne pense que rarement à en acheter avant que l'ultime feuille ne soit utilisée...

Un truc que je ne finis jamais non plus, ce sont mes tasses ou mes bols. Je laisse toujours quelques gouttes de café ou de thé. Je croyais que tout le monde faisait ça jusqu'à ce qu'on me fasse remarquer que non, y'avait que moi ou presque.

Bref, vous pouvez le constater, c'est affreux, d'être au fond du pot dans ma maison.


Je vous vois affligés devant cette note... J'aurais pu vous infliger ces photos prises du train, un soir où je rejoignais mon amoureux (que j'ai attendu 20 minutes sous la pluie)





Ou vous montrer notre réalisation commune à Nana et moi - la guirlande lumineuse qui fait toute la différence entre n'importe quelle chambre et la chambre d'une petite fille



Ou faire ma prétentieuse avec les sacs que j'ai fabriqués aux enfants


Ou vous parler du grand comique de ma fille qui se met une nouvelle fois en 4 pour nous faire rire avec 15 jours de béquille à la clé.


Mais non... Je vous ai fait la note la plus soporifique de la blogosphère au sujet de la malédiction du fond du pot....
De là à dire que je touche le fond... mouarf!
(Même pas vrai en plus!)

Monday, April 14, 2008

Nouvelles en vrac

Ma classe a participé au carnaval organisé par la ville.
Thème: développement durable.
Le genre de thème énervant, qui regroupe tout et n'importe quoi...

On s'est lancé quand même: masques abeille ou papillon (corps en carton, yeux et déco en bouchon, antennes en paille, ailes des abeilles en plastique de bouteille)



Chapeaux en papier journal, fleurs en pots de petits suisses



Bonhomme pollution



Le tout uniquement pour la paix des âmes... Le parcours était à la fin jonché de détritus... Le développement durable dans le quotidien, ce n'est pas pour demain...

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J'ai fini le sac de S., la copine de Nana invitée pour le week-end il y a 15 jours. Il est un peu particulier (pas très symétrique quoi), ce sont mes premiers essais.




Dommage, ma batterie m'a lâchée, je n'ai pu photographier les sacs de Tom-Tom et Nana, nous ne savez pas ce que vous loupez. Uniquement avec des vêtements irrécupérables. J'aime bien la seconde vie des objets.
D'ailleurs, ma robe de mariée est partie chez la prof de théâtre de Nana. Une fois teinte, elle deviendra robe de princesse... Joli renouveau pour un triste symbole.

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Nous avons une vie sociale fatigante, en ce moment. (Vous pourriez me rétorquer que c'est déjà bien d'en avoir une, de vie sociale... ) mes enfants commencent à se faire inviter (je vais finir par prendre un abonnement dans un magasin de jouets, avec tous ces anniversaires) et à inviter. Je vais arrêter de les laver, ça devrait suffire à faire fuir!

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Lorsque j'ai appelé ma directrice vendredi matin, je lui ai dit que j'étais en arrêt maladie jusqu'à mardi soir, et elle m'a répondu "oh, tu n'es pas malade au moins?"
....
Comment vous voulez bosser correctement avec une directrice qui concourt pour le prix de la directrice la plus débile de la circonscription?
Sa dernière en date: j'ai appris par 2 collègues que j'avais la coqueluche.
Je suis bien heureuse de l'apprendre (et je ne comprends pas l'intérêt de lancer ce genre de ragot? c'est bon, je lui donne officiellement son prix)

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Mes enfants s'amusent à ne pas perdre leurs dents de lait.
Sauf que leur dentition définitive fait des pieds et des mains (mouarf des dents membrées!) pour venir quand même. Du coup ils ont une double dentition. C'est pas les crocodiles dont c'est la spécialité?
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L'avantage de vivre au bout d'une île, avec l'inspection académique à deux pas, c'est qu'on a une belle vue sur la manifestation lycéenne du jour.

Friday, April 11, 2008

Fissures

Ce matin, j'ai ouvert les volets pour laisser entrer la lumière. J'ai mis de la musique, pour réveiller les enfants en douceur. Je les ai emmenés à l'école.
Juste avant, j'ai appelé mon école actuelle, pour prévenir que j'étais arrêtée jusqu'à mardi.

Mardi seulement, a dit le médecin, parce qu'après c'est l'engrenage. Il m'a prescris anxiolytiques et antidépresseurs en prime. Pour moi, c'est ça, le début de l'engrenage. Moi, sous médocs anti dépression... Une nouvelle page se tourne. La peur que cela ne s'arrête pas. La crainte de l'accoutumance. De ne plus pouvoir faire face.

Faire face... Jeudi, à ma classe. A ce gamin qui a menti à ses parents, des parents qui aujourd'hui m'accusent d'accuser injustement leur fils.
Ce n'était rien, pourtant. Un collègue avait assisté à la scène de tabassage que j'ai rapportée par écrit aux parents. La vérité est donc facile à rétablir.

Mais... je n'ai pas pu. Supporter ça, cette injustice dont j'étais victime.
J'ai compris ça en y repensant ce matin. Que les jambes qui ne me portaient plus, le cœur qui battait la chamade, ce vacarme dans ma tête, l'asphyxie, l'envie de tout envoyer valdinguer une bonne fois pour toutes, c'était à cause du sentiment d'injustice.

Comment supporter ça, comment le surmonter, alors que j'attends que justice soit faite pour mes enfants? Alors que je suis convoquée, ainsi que mon ex-mari, devant le juge aux affaires familiales le mois prochain, avec mes fiches de paye et mon avis d'imposition, entre deux affaires de révision de pension, alors que mes enfants à moi ont été victimes de violence, ce n'est pas la même chose, c'est plus grave quand même! Mais non, la justice va son rythme et met tout ce qui la dérange dans le même panier.

Comment supporter, chaque jour, toutes ces agressions physiques et verbales entre les élèves, c'est bien simple, ça n'arrête pas, et ce n'est pas juste une image. C'est à prendre au premier degré. Ça n'arrête pas. Et je dois le supporter, l'accepter, accepter aussi de voir ces gamins arriver puants, les vêtements sales, troués, cachant des maux physiques sous de pieux mensonges éculés (je suis tombé/c'est mon petit frère il n'a pas fait exprès)

Hier, j'ai lu le mot dans le cahier de correspondance, j'ai vu le gamin (un enfant roi dans toute sa splendeur celui-là) continuer de mentir, j'ai appelé mon collègue à la rescousse, j'ai crié, et puis il y avait tous ces élèves assis à leurs tables dans la classe, j'ai cru une nouvelle fois que je n'y arriverais pas. Que cette fois-ci, c'était fini. Que j'allais tous les planter là et m'enfuir.

Le système de secours s'est mis en place malgré moi. J'ai lu l'histoire d'Hansel et Grethel (nous travaillons sur les sorcières en ce moment), un enfant a pleuré lors de l'épisode de l'abandon par les parents (mais la psy scolaire dit qu'il va très bien), j'ai continué, comme tous les jours.

J'ai appelé le médecin qui m'a donné rendez-vous le soir.
J'ai cogité toute la journée, la honte d'abandonner, mais aussi la certitude que je commence à basculer du mauvais côté du fil.

Aujourd'hui, j'ai toujours honte d'avoir abandonné. Je suis triste d'en être réduite à devoir prendre des médicaments. Apeurée à l'idée que le combat est loin d'être achevé. Angoissée par l'avenir proche (vais-je parvenir à retourner faire classe?) ou plus ou moins lointain (je vais bientôt revoir mon ex dans le bureau du juge... et je dois choisir mon poste de l'année prochaine)

Je me sens libre, aussi, pendant quelques jours. Libre enfin, pour contacter mon avocate, relancer des personnes qui devaient me faire des attestations, réfléchir à différents aspects du dossier.

Ce matin, j'ai surtout rempli les livrets d'évaluation des élèves... Sacrée conscience professionnelle! J'espère avoir un peu de temps pour moi, c'est une chose précieuse, le temps pour soi, et je parviens de moins en moins à le prendre - toujours un truc plus ou moins urgent sur le feu, beaucoup de pression que je me mets moi-même pour être une parfaite maman-amoureuse-professeur dézécole-amie-femme de ménage-cuisinière-couturière... Je ne cesse de m'en rajouter, dans la parfaite conscience que c'est pour m'éviter de penser. Pas étonnant que ça commence à craquer...

Je ne pensais pas écrire autant... Mais il y a tant à dire. Pour essayer de lancer le plus loin possible la peur qui me ronge - et aussi, parce qu'ensuite les médicaments agiront et que je ne serai peut-être plus capable d'écrire...

J'essaie de me rassurer. De me dire que tant que j'aurai envie, le matin, de laisser entrer la lumière et d'écouter de la musique, le tunnel ne se sera pas tout à fait refermé.

(et puis je vais pouvoir répondre à vos commentaires... Je n'ai pas eu le temps de le faire dernièrement)

Sunday, April 06, 2008

Réduction de personnel

Mais oui, souvenez-vous. Il y a trop de fonctionnaires. Trop de prof surtout. L'école va mal, mais c'est sûr, supprimer des postes, c'est la solution pour remédier à cela!

J'ai appris vendredi que je faisais partie de la charrette.

Non, "on" ne se contente pas de ne pas remplacer les départs à la retraite.

On supprime des postes aussi.

Bien sûr, il arrive depuis longtemps déjà que des classes ferment faute d'élèves en nombre suffisant. Dans ce cas, l'instit est prioritaire sur un autre poste. Et l'année d'après, quelques élèves en plus, une classe est ouverte, un poste recréé.

Mon poste est supprimé (et j'ai aucune priorité pour en retrouver un). Poste de remplaçant. On coupe là où ça ne se voit pas trop. Qui se soucie des remplaçants? Nous sommes pourtant utiles et en nombre déjà trop réduit...
On coupe là où personne ne viendra râler.

On coupe, et on ne rouvrira pas.

C'est un "simple" désagrément pour moi - ça m'oblige à prendre des décisions pour l'année prochaine et je m'en serai bien passé, mais ce n'est pas (trop) grave.

Je suis inquiète pour l'avenir de l'école.
Les nouveaux programmes n'augurent rien de bon.
On supprime des postes.
L'école maternelle est remise en cause, depuis longtemps, mais le fait que mon poste soit supprimé me permet d'envisager la suite: les prochains sur la liste sont les postes de maternelle, la scolarisation n'étant pas obligatoire avant 6 ans (on a failli refuser mon fils la rentrée dernière...)

Soyez vigilants....N'acceptons pas tout... Ni en tant que prof, ni en tant que parent.

Sunday, March 30, 2008

Pensée pour....



Il y a tant de combats chaque jour à mener... Ici, ailleurs. La liste est trop longue à établir.
Ingrid Bétancourt n'est pas la seule, loin de là. Et elle bénéficie de sa notoriété, ce qu'on peut trouver injuste pour les autres - et en même temps, c'est pour cela qu'elle a été enlevée, pour cela que les FARC ne veulent pas la lâcher.
C'est un symbole...
Alors...
.... Encore une pensée pour elle, et un espoir aussi.


Lorenzo Bétancourt à Ingrid, Uribe, Chavez, Sarkozy
par 22marsproduction




Fête hors saison!

Il y a quelques jours, Nana est revenue de l'école avec un magazine proposant des bricolages d'halloween. Elle avait décidé de faire une fête d'halloween
Justement, nous devions inviter sa meilleure amie à dormir un week-end. On a bien tout suivi des explications du magazine: pailles sorcières, araignées coque de noix, toasts à faire peur, cocktail de viscères... Dommage, j'ai oublié de photographier les mains dans lesquelles on avait planté des couteaux! Elles étaient très bonnes soit dit en passant.




Après c'est une question d'éclairage....




J'ai également oublié de photographier les petites sorcières! Mais pas le gâteau araignée-sorcière



En apprenant que je m'apprêtais à fêter halloween le 30 avril, un collègue m'a demandé si le mois prochain ce serait Noël.... J'étudie le projet et je vous en ferai part!

Thursday, March 20, 2008

Résumé

.... de ce début d'année.









Je vous laisse deviner l'auteur de chacun d'eux.

Le premier a été réalisé dans la journée qui a suivi son premier réveil chez nous -"mais alors vous avez fait des bisous d'amoureeeeeeeeeuuuuuuux", le deuxième dans les heures qui ont précédées le dépouillement des votes du 2ème tour.

What else (*)...

* Comme ça Bellzouzou est obligée de commenter cette note

Cimetière d'enfances

Bon, je voulais travailler ce soir.
L'amour donne des ailes, je suis retournée à l'école, motivée comme je ne l'avais plus été depuis très longtemps.

Je voulais travailler, et puis j'ai ouvert le blog de Bellzouzou et je suis tombée sur ce post.

L'histoire d'une petite fille qui sera sauvée, peut-être.

L'histoire d'un ratage, surtout. Parce qu'on sait, qu'on sent et qu'on se tait, trop souvent.

Mes enfants se sont tus, pendant des années. N'ont pas dit ce que papa leur faisait subir. N'ont rien dit de la pression psychologique, des moqueries et méchancetés, de l'abandon, des viols.
J'ignore ce qui les a poussés exactement à parler, un jour.

Depuis ce jour, depuis un peu plus d'un an, j'ai une conscience accrue de la violence subie par nombre d'enfants. Je ressens au plus profond de moi-même ceux qui ne vont pas bien. Totalement branchée sur eux, je prends dans la figure toute leur souffrance, et en même temps, mon impuissance et ma colère contre la société qui s'aveugle - ce qui me conduit, par moments, à être complètement incapable d'exercer mon métier, tant j'étouffe.

J'entends trop d'idioties à ce sujet, idioties qui vont de la simple naiveté au refus d'admettre certaines réalités.

J'ai entendu une fois, d'un proche, qu'un enfant qui paraît malheureux ou est anormalement violent n'est pas forcément un enfant maltraité.
Alors qu'au fond, tout le monde sait bien qu'il y a 99% de probabilité qu'il le soit.

Et je ne parle pas forcément de la violence physique ou sexuelle. Il y a aussi la maltraitance psychologique, la négligence physique (l'enfant livré à lui-même très jeune) ou psychologique.
Il y a simplement les parents épuisés, débordés, qui "n'y arrivent plus".

En France (j'ignore comment ça se passe ailleurs), règne le refus de l'ingérence.
Chacun élève ses enfants comme il veut...

J'estime que les services sociaux devraient avoir le droit de donner un coup de pied dans la fourmilière en cas de maltraitance psychologique, de négligence, ou de démission des parents, quelles que soient les raisons de ceux-ci. Ce sont des parents qui ont besoin d'aide, qui ne savent pas faire autrement... Ou qui sont franchement incapable d'élever des enfants, là aussi quelles qu'en soient les raisons, mais dans tous les cas, il faut penser à l'enfant d'abord!

Quant à la maltraitance physique, on nous a bien appris à l'IUFM qu'on devait faire des signalements au procureur de la république si un enfant arrivait les fesses en sang à l'école.
Vous connaissez beaucoup de parents assez crétins pour envoyer leur enfant à l'école dans cet état? La violence physique est soigneusement cachée. Le viol, plus encore.

Le résultat de tout ceci, c'est que chaque année, les enseignants passent à côté de cas de maltraitance. Parce qu'on ne la voit pas. Tout au plus avons-nous des soupçons...

Moi, plus. Je sais.
Je ne sais pas ce que tel ou tel enfant vit ou subit exactement, et je ne me permettrais surtout pas de prétendre quoi que ce soit à ce sujet (quoi que pour certains, une sordide négligence au moins ne fait aucun doute). Je sais juste qu'il y a quelque chose de gravement anormal. Mais "il n'y a rien à faire, on va convoquer les parents, ce n'est pas de notre ressort, oui mais bon, ce n'est pas un enfant facile non plus."

Je vois des enfances mourir sous mes yeux, et je ne peux rien faire.
Je vois des enfants crier au secours en silence dans l'indifférence générale, et je ne peux qu'en être l'inutile témoin.
J'essaie de ne pas trop penser en plus aux enfants qui, comme les miens, subissent sans rien en laisser paraître.

Petite parenthèse au sujet des violence sexuelles: le plus grand silence règne dessus. Alors qu'il suffit de gratter un peu le vernis pour s'apercevoir que nous sommes nombreux - particulièrement les filles, et je m'inclus dans le lot...- à avoir subi des violence sexuelles plus ou moins importantes. Mais admettre que "ça n'arrive pas que dans la famille Groseille", c'est admettre que ça pourrait arriver à mon enfant, que mon propre conjoint/père/voisin pourrait s'en rendre coupable... Quel tabou subsiste à ce sujet...
Et puis, on rejette couramment le problème sur l'enfant. "Si tu te fais suivre dans la rue, réfugie toi à la boulangerie". On fait bien de prévenir les enfants, mais on ferait bien mieux de les prévenir contre les personnes de leur entourage, et encore bien mieux d'être à leur écoute et de ne pas hésiter à agir en cas de doute (Oserais-je ajouter qu'il serait bon que la justice fasse son boulot? Le père de mes enfants est toujours libre...)

Alors le tabou perdure.
L'inceste et la pédophilie n'existent que dans des films/ chez les Groseille.
Chacun élève ses enfants comme il veut.
Même s'ils sont imparfaits, les enfants ont besoin de leurs parents, de toute façon ça vaut toujours mieux que d'être placé.
C'est un enfant difficile.
Ces pauvres parents, ils ont une vie si dure...

Refus de voir, d'admettre, d'agir... De chacun de nous et des acteurs sociaux... Manque de moyens...

Et pendant ce temps, les cimetières d'enfance grandissent...

Message perso pour Bellzouzou: merci de nous avoir fait partager cette histoire.

Sunday, March 16, 2008

La voix des urnes

La voix des urnes a choisi de ne surtout rien changer dans notre ville contre laquelle les habitants râlent et dans laquelle rien ne va. Ah si, les fleurs sont si jolies....

La voix des urnes a choisi... La voix de l'abstention aussi. Je n'arrive pas à comprendre comment on peut ne pas voter. Ne pas choisir. Tout en continuant de râler contre cette ville qui va mal.

Nous nous sommes battus, comme des fous. Pour rien.... Rien? Oh si, l'amitié, ces distributions diurnes, ces tractages noctambules, ces repas nocturnes pour nous récompenser d'avoir bien travaillé. Ces liens tissés. Ces amis d'enfance retrouvés, ces amis que j'ai promis de rejoindre dans la lutte contre la misère dans les quartiers difficiles. Ces belles rencontres.
Je vais attendre, que le tourbillon des dernières semaines s'apaise. Pas trop longtemps. J'ai des décisions à prendre. Des choses à raconter, aussi.

Nous avons perdu! Mais j'ai tant gagné...

Tuesday, March 11, 2008

Folle semaine

Après mon envolée lyrique du dernier post, je reviens sur terre.

Résultats mauvais donc, très mauvais, abstention de plus de 50%, maire sortant près d'être réélu dès le premier tour...
Le dimanche soir, le modem accepte l'idée d'une fusion sous des conditions inacceptables pour nous. Nous nous apprêtons à nous battre malgré tout, seuls, les miracles existent après tout.

Lundi, seconde approche, accord.
Réunion le soir avec notre liste et notre nouvelle numéro deux, ex tête de liste modem.
Bien sûr, la grogne.... Mais nous sommes nombreux à être convaincus que l'essentiel, c'est de passer, quel qu'en soit le prix, passer pour venir au secours des milliers de gens dans la détresse dans notre ville.

Aujourd'hui,, le responsable local du PCF m'appelle. On se voit à 11h30: il refuse l'accord avec le modem, par principe. J'ai des arguments, valables, mais le principe, c'est le principe.... Je décide de rester sur la liste à titre personnel. Je me suis trop investie pour que l'aventure s'achève comme ça. Les accords entre PS et PCF me permettaient de rester dans le groupe de tête. Le retrait du PCF me fait dégringoler dans la liste. Au bout du compte, il ne me restera sans doute rien.

Le résultat de tout ceci? C'est que ceux qui ont suivi les péripéties depuis 2 mois, mes collègues en particulier, sont écœurés. Ecoeurés par tous ces grand mots, tous ces grands discours. Cette impression d'embrouillamini perpétuel dans la politique, l'impression aussi que tout ça nous dépasse. Qu'on se sert des gens. Et que tout cela nous concerne à peine.

Et pourtant.... Nous sommes tous concernés par la politique! Il ne faut pas se contenter de laisser "les autres" diriger sans nous... Il faut s'impliquer, d'une façon ou d'une autre. D'une façon ou d'une autre également, donner sa voix.

Je crois aussi que ceux qui vont loin en politique ont une ambition personnelle. Et que ça les fait tenir contre vents et marées.

Je n'avais pas d'ambition personnelle. D'où une déception assez courte seulement....

Et puis j'ai gagné tellement de choses. Appris beaucoup. J'ai été prise dans un tel tourbillon... Il en restera des choses, de l'amitié, des idées...

La semaine qui s'annonce va être chargée... L'un de nous a eu une idée folle! Je vous en parlerai.... J'ai conservé mon enthousiasme...

Monday, March 10, 2008

La défaite en pleurant

Oui, j'ai pleuré hier soir.

J'avais supporté le dépouillement, tous ces bulletins pour le maire sortant, le maigre score de ma liste. Le "c'est pas bon" du colistier qui était avec moi.
L'espoir encore que ce soit différent dans les autres bureaux de vote, parce que celui où j'étais vote notoirement à droite.

J'avais supporté l'arrivée au bureau de vote centralisateur. Mes copains et copines abattus. Le candidat tête de liste a levé la tête de son portable, m'a regardée et m'a envoyé un sourire, pas celui que j'espérais. "Alors?". "Pas bon", m'a-t-il répondu.

J'avais supporté l'écran géant, la litanie des chiffres, bureau après bureau. J'ai supporté cette claque, dignement, comme les autres.

Et puis il est arrivé. L'autre communiste de la liste, dont le discours tient en deux idées: "tous les non communistes sont des c*ons et sont méchants avec les communistes" et "tout le monde est c*on, sauf moi qui suis si intelligent".
Je vous épargne les détails, sachez juste que j'ai rongé mon frein pendant toute la campagne, devant les discours de ce type qui se fout des gens et ne cherche qu'à les utiliser.

Il est arrivé, donc, fier comme un paon, et m'a lancé "tu vois, il faut toujours croire les anciens".
Parce que lui, son pronostic, c'était qu'on perdrait. Il ne prenait pas beaucoup de risques, c'est si facile de partir battu et ne de rien faire...

Alors j'ai pleuré. Parce qu'un type de notre liste était content qu'on ait perdu, alors que tous, on s'est battu, minute après minute, foyer après foyer. J'ai pensé à D., sympathisant, toujours sur le terrain, à nous aider, à nous parler par touches de sa vie de misère, souvent salarié précaire, souvent licencié. J'ai pensé à mes enfants, à leurs longues marches pour mettre les tracts dans les boîtes aux lettres, aux heures passées avec moi sur le marché, à leurs larmes parfois lorsque je devais les quitter une fois de plus... A toute la misère vue ou entrevue au cours de cette campagne, misère sociale, misère familiale, tous ces gens qui avaient besoin de nous, qui espéraient....

J'ai pleuré. Tout le monde savait pourquoi. Personne n'a eu besoin d'explication lorsqu'ensuite je me suis disputée avec ce type, lui demandant de me laisser tranquille, vraiment.

J'ai pleuré, quelques larmes de révolte, de colère et d'épuisement. Juste quelques larmes, puis je me suis reprise. La lutte n'est pas finie. Nous irons jusqu'au bout. Et quoi qu'il arrive, je me battrai après, différemment. Il y a des choses à faire dans cette ville et je les ferai.

A l'issue de la réunion, tard le soir, une amie s'est glissée près de moi. "Tu es quand même la grande gagnante de ces élections", m'a-t-elle lancé malicieusement.

C'est vrai.... D'ailleurs, celui dont je ne suis absolument pas amoureuse, je ne vois pas pourquoi vous insistez, me l'a dit, en me déposant devant chez moi. Maintenant, nous sommes deux.

Sunday, March 02, 2008

Multiplication

J'ai été "tagguée" par 3 bloggueurs, Zaza, Le Père Divorcé, et La Femme Active.

Vous connaissez tous et toutes le principe de ce tag: raconter 6 choses/habitudes/tics/secrets non importants nous concernant (la règle change un peu, malgré les copier-coller).

Pour faire honneur aux taggueurs qui m'ont tagguée avec le même tag, je ne vous livrerai pas 6, pas 12, mais 18, oui, vous avez bien lu, 18 choses/habitudes/tics/secrets non importants sur moi.

Pourquoi 18? Parce que 6 choses/habitudes/tics/secrets non important multiplié par 3 bloggueurs= 18, tout rond.

Alors calez vous bien dans votre chaise de bureau ou pas/canapé/fauteuil/compagne ou compagnon/siège/moquette/chat/lit/autre.

Parce que ça risque d'être un peu long quoi.

1- Je suis droitière.

2- Quand j'étais petite, je suis tombée sur la tête. On m'a emmenée je ne sais où pour une radio, et l'image que j'en garde, c'est celle de la radio d'un crâne avec des cheveux dessus (bon, j'avais 4 ans)

3- Je fais de mieux en mieux les gâteaux au chocolat, à tel point que le futurmairej'espère se demande comment ça se fait que je sois toujours célibataire (c'est sans doute parce que je suis trop difficile, j'attends des prétendants qu'ils fassent la vaisselle après mon passage aux fournaux).

4- Je dois mon prénom à une impératrice russe que mon père admire et je ne comprends pas pourquoi d'ailleurs parce que correspondre avec Voltaire ça ne suffit pas à expier ses crimes.

5- J'ai 3 chats (et accesoirement un lit, enfin très accessoirement)


Celui de droite n'est pas une monstruosité de la nature, en fait c'est un chat noir à qui le chat noir et blanc sert d'oreiller.

6- Et puis d'abord, c'est même pas vrai que je suis amoureuse.

7- Un jour d'été que j'avais des chaussures très ouvertes, je me suis passé un pied sous une porte, ça m'a arraché l'ongle du gros orteil, mais pas totalement, il a fallu aller à l'hôpital pour qu'ils achèvent le boulot proprement. Ca faisait très mal n'empêche.

8- Tant qu'on en est aux trucs beurk, une autre fois je me suis écrasée le pouce gauche dans une porte (je suis un peu maladroite, oui). Ca a fait très mal aussi. Même que mes parents m'ont emmenée à l'hôpital où on m'a recousu l'ongle en me disant qu'on m'avait mis un produit et que je ne sentirais rien mais c'était rien qu'un mensonge, ça a fait très mal.

9- "Heureusement que tu as fait pousser un bébé fille ET un bébé garçon", m'a déclaré Viking récemment en faisant les poussières sur les étagères, "sinon t'aurais eu personne pour t'aider à faire le ménage". J'ai vraiment du bol, c'est clair.

10- Miam




Et remiam







C'est long de faire de la marmelade d'orange, mais qu'est-ce qu'on est récompensés après! C'était la panique la dernière fois, il y avait une telle quantité que ça a failli déborder de la marmite, et surtout, j'ai cru que je n'aurais pas assez de bocaux!

11- Quand j'étais petite, j'étais déjà petite.

12- Je suis typiquement une bobo-type, si j'en crois les critères (enfin, comme ceux-ci varient...)

13- Je dois mes 2ème et 3ème prénoms à mes grands-mères.

14- Je réussis très bien le pain, les pizzas, les crêpes, les tartes salées, si un jour j'ai le temps je vous donne la recette de la tarte carottes-curry trop miam.

15- Ma mère se présente aux élections dans la ville à côté, position éligible aussi, mon frère aîné est conseiller municipal dans la Vienne et se présente à nouveau.

16- Pour récompenser mes enfants pour leur grande patience depuis plus d'un mois et pour encore une quinzaine de jours, je leur ai promis un cadeau à l'issue des élections.

Ils veulent un chat.

J'aurais dû me taire.

17- J'ai eu des séances de kiné cet automne pour cause de bobo au dos. Le kiné a un peu craqué, trouvait ma peau douce, a essayé de m'embrasser, m'a offert 3 séances supplémentaires (sans me le dire, de mon côté je ne comptais pas) et m'a appelée à plusieurs reprises.

Mon souci est que j'ai à nouveau bobo le dos....

18- Et je ne vois vraiment pas pourquoi vous insistez, non, je ne suis pas amoureuse!

Oui, c'était un peu la séance de rattrapage de toutes les notes que je n'ai pas eu le temps de vous infliger récemment.

Et je fais passer le tag à qui veut, j'ai l'impression que tout le monde l'a déjà eu!

Sunday, February 24, 2008

La campagne, donc...

Donc, tout a commencé il y a quelques mois, lorsque j'ai décidé de m'engager au lieu de me cantonner à "qu'est-ce que le pays va devenir avec le président qu'on a".

Ma mère m'a mise en relation avec un de ses ancien collègue, écologiste. Il m'a donné rendez-vous un soir, en compagnie d'un communiste avec qui il voulait parler des municipales.

Or, mes parents sont communistes depuis toujours, et celui qui était là ce soir là me connait donc depuis trèèèèèèèèèèèès longtemps et a donc fondé ses espoirs sur moi.


Pour ma part, je ne souhaitais pas me rallier au PS, qui m'a trop déçu sur le plan national. Restait à choisir entre le vert et le rouge. Ce choix m'embêtait et j'ai donc "autruché"... Jusqu'à qu'on me demande clairement de bien vouloir me porter candidate en tant que communiste. C'était ça où le PCF n'était pas en mesure de présenter des candidats.


Je suis donc candidate communiste sur une liste de gauche.
En 8ème position, dans une ville où 39 élus siègent au conseil municipal. Si nous perdons, je siègerai parmi les 9 de l'opposition.
Si nous gagnons, je serai adjointe au maire! Je réalise chaque jour un peu plus ce à quoi je me suis engagée.... Avec chaque jour un peu plus de ferveur!

Je suppose que des dents ont grincé au PS, à voir catapultés sur la liste, au dernier moment, 5 communistes, dont 3 en position éligible. D'autant plus que les communistes qui étaient jusqu'ici dans l'opposition à l'actuel maire n'étaient pas souvent au conseil municipal et qu'on ne s'est pas privés de me le faire savoir.
Je sais aussi que je suis surtout là pour faire joli. Pour dire qu'il y a des membres du PCF sur la liste. Pour taire les rancoeurs et les rancunes du frère rouge.
Au milieu de tout ça, en un mois, j'ai su faire mon trou. Simplement par ma présence, déjà, lors des réunions - je n'en ai manqué aucune, sauf le soir où ma grande a brûlé les planches. Par ma disponibilité pour les soirées de porte à porte, pour les distributions de tracts... Et puis j'ai su me faire apprécier pour ma bonne humeur et mon sourire à toute épreuve.

Rien à voir avec la politique je vous l'accorde, mais difficile de se faire écouter lorsqu'on débute, qu'on maîtrise mal les impératifs d'une campagne électorale, plus mal encore l'administration d'une ville et que les copains de votre groupe vous ont lâchée... Les socialistes et écolo qui ne siègeront pas au conseil municipal même en cas de victoire sont présents et actifs... Les sympathisants également. Alors que même les deux communistes qui seront conseillers municipaux en cas de victoire sont totalement absents! Voilà qui n'est pas pour redorer le blason des communistes, dont la voix se fait de plus en plus difficilement entendre...

L'avantage pour moi, c'est que personne n'a à m'indiquer la route à suivre. Personne n'a rien à attendre de moi. Personne n'a à me dire ce que je dois dire ou faire. Moi qui avait peur de me faire piéger en prenant ma carte...

Maintenant, à la question " avons-nous une chance de gagner ou non?", je ferai une réponse de normands: p'têt bin qu'oui, p'têt bin qu'non!

Non, parce que la ville a toujours été à droite et conserve un gros centre bourgeois content des fleurs installées par le maire.

Oui, parce que:
- la gauche n'a cessé de gagner du terrain à chaque élection, et qu'aux municipales de 2001, la liste de gauche a été battue à 177 voix seulement!
- depuis 2001, la conscience politique s'est accrue, et avec elle l'envie de voter.
- dans cette grande ville de près de 40 000 habitants à fort taux d'immigration, il y a toujours plus de personnes obtenant le droit de vote et que leurs voix vont le plus souvent à gauche.
- le ras le bol est de plus en plus palpable, ras le bol envers la mairie actuelle qui ne s'occupe que de son centre-ville, délaissant totalement les quartiers difficiles.
- le maire ne brosse pas dans le sens du poil l'électorat de mon âge, qui bosse et qui se demande quoi faire de ses enfants avant 8h30 le matin et après 16h30 le soir, puisqu'il n'y a aucun accueil périscolaire.
- notre ville, pourtant grande, préfecture, hébergeant une faculté et un Institut Universitaire de Formation des Maîtres est l'une des villes les plus mortes qui soit! Une ville où on s'ennuie...

Oui surtout parce que notre programme répond à tout cela, aux attentes des habitants et à leurs envies - les socialistes font du porte à porte et des réunions publiques depuis des mois dans ce sens.

Je crois à notre victoire, à condition que les électeurs se mobilisent les 9 et 16 mars prochains. C'est pour cela que je prends du temps sur mon temps avec les enfants, pour ces réunions, ces portes à portes.... J'ose croire que ce n'est pas pour rien!

Les enfants m'ont accompagnée à des distributions de tracts, à un tournage vidéo hier (je vous en mettrai un extrait si j'y parviens, c'est très rigolo et je suis parfaitement ridicule!), après la grogne de me voir me sauver le soir, ils sont gagnés par la fièvre.

Encore 3 semaines! Suivies de 6 années, je l'espère...

Thursday, February 21, 2008

Dans le mur

Ils m'ont eue. Les élèves, leurs parents, la directrice.
Cette classe a failli avoir l'instit de l'an dernier, qui avait plus de 20 ans de métier et qui a failli en changer, de métier.

Moi, ils m'ont eu. A l'usure. En un mois 1/2. Ils sont perdants, tous. A la rentrée, il n'y aura pas d'instit pour cette classe. Etant donnée la pénurie d'enseignants dans notre coin, c'est une situation qui pourrait durer.

Tant pis, ce n'est plus mon problème. (Enfin, c'est ce dont j'essaie de me convaincre... J'ai l'impression de trahir mes collègues- qui sont au courant de ma décision et la comprennent - et de baisser les bras lâchement)

Mon problème, ce soir, c'est de me demander si je vais aller travailler, demain, dans cette classe, pour le dernier jour.
C'est de me demander si je vais simplement demander à l'inspection de me remettre sur des remplacements courts, et soyons clair, il n'y a que l'argent que ces remplacements me procurent en plus de ma paye habituelle qui me motive, ou si je vais encore plus simplement me mettre en arrêt.

Je n'arrive pas à savoir si ce sont ces enfants-là avec ces parents-là dans cette école-là qui m'ont dégoûtée du métier, ou s'ils m'ont permis d'ouvrir les yeux et d'admettre que ce métier, je ne peux plus l'exercer.

J'ai le sentiment d'avoir franchi un seuil et que je ne parviendrai plus à revenir en arrière.

Du flou, beaucoup, devant moi, pour les jours, les mois qui viennent.
Grosse remise en question, à un moment déjà si difficile...

J'ai vu mon avocate, hier. Ca va être encore long, si long... Plusieurs années.

Heureusement, la campagne municipale me fait penser à autre chose, et entre réunions et porte-à-porte, je m'occupe exclusivement des enfants. Et aussi, j'ai été accaparée par plusieurs bons livres coup sur coup. Alors je ne suis certes pas très présente dans la blogosphère, mais ça ne signifie pas que je sois tombée. Je suis juste au bord du gouffre, et j'essaie encore de me retenir aux branches.

Monday, February 18, 2008

Mon ombre ténébreuse

Voilà que je me fais poète... On dirait du Verlaine un peu non?

Mon ombre ténébreuse... Celle qui m'empêche d'écrire ici depuis des mois... Avant j'avais toujours une anecdote à narrer, mais depuis des mois, c'est la page blanche - ou la page que je ferais mieux de ne pas écrire.
L'ombre ténébreuse qui me donne l'impression de me noyer dans ma vie...

C'est une vieille amie, elle est restée tapie des années dans un coin de mon existence, et a attendu le meilleur moment pour surgir.
Je ne voulais pas la voir. Mettant le blues qui m'accable presque en permanence et que je tente de repousser au mieux sur le compte des mille et une choses qui compliquent mon existence en ce moment - la justice qui n'avance pas, mes problèmes d'argent, ma candidature aux municipales, mon boulot que je supporte de moins en moins, un amoureux transi "qui m'attend". Mettant mes trous noirs sur le compte de ma fatigue.

Ce matin, en classe, j'ai eu la tentation de ne pas me lever de ma chaise. De ne pas me mettre face aux élèves pour leur faire cours. Je ne pouvais pas. Je n'en pouvais plus.
Je l'ai fait, pourtant. Me lever, me mettre face à eux, parler. Au prix d'un effort surhumain. Je n'en reviens pas d'avoir réussi l'exploit de me lever et de faire cours aux élèves assis derrière leurs pupitres. Avec la nausée.

J'ai expliqué ça à un collègue, après. Qui m'a dit, avec des mots simples, avec des mots qu'on a pour les amis, ce que je sais depuis longtemps, ce que je ne peux plus ne pas voir.

J'ai toujours dit que je saurai ne pas tirer sur la corde. M'arrêter avant de m'effondrer.

Mais sait-on bien à quel moment on atteint le point d'extrême limite?
J'ai peur de ne plus pouvoir me lever, un matin.
J'ai peur d'attendre qu'il soit trop tard pour réagir et qu'alors, je pourrisse l'enfance de mes enfants avec ça en plus.

Je vais tenter de tenir encore 3 jours. Ces 3 jours qui nous mèneront jusqu'aux vacances. Ensuite... Ensuite... Il faudra bien que je la regarde en face, mon ombre ténébreuse, et que je l'empêche de m'envahir davantage.

Sunday, February 17, 2008

La Fée des Bébés

Il y a quelques années, désemparée par mes fausses-couches à répétition, et nullement réconfortée ni rassurée par les paroles que j'entendais à droite (les médecins) à gauche (les copines) à ce sujet (c'est rien, t'es jeune, t'en auras d'autres, la voisine de la soeur de mon oncle par alliance en a fait 10 des FC et maintenant elle a un bébé), je suis allée à la rencontre de la Fée des Bébés, qui officie incognito dans un hôpital parisien (il ne faut donc pas le répéter).

Elle m'a dit la même chose que ce dont on m'avait déjà rebattu les oreilles, mais pas sur l'air habituel de ceux qui veulent surtout se débarasser du problème. Non, au contraire, elle a écouté ma peine, mon angoisse, m'a expliqué que je n'avais sans doute qu'un problème sanguin, qu'il était aisé d'y remédier, et qu'à tout hasard elle allait pousser un peu plus les examens.
Je suis ressortie de la grotte magique, et quelques jours après, j'étais enceinte. D'un bébé qui a tenu, grâce à la potion magique donnée par la Fée, mais chut, c'est un secret. D'un bébé viking, même.

Il y a un mois, ma soeur, désamparée par son incapacité à tomber enceinte, nullement réconfortée ni rassurée par les paroles qu'elle entendait à droite (les médecins) à gauche (les copines) à ce sujet (c'est rien, t'es jeune, t'as le temps, la voisine de la soeur de mon oncle par alliance a mis 23 ans à tomber enceinte), ma soeur donc, est allée à son tour à la rencontre de la Fée des Bébés dans sa grotte parisienne (mais chut, hein, promis, vous n'avez rien lu).

Elle lui a dit la même chose que ce dont on lui avait rebattu les oreilles, mais pas sur l'air habituel de ceux qui veulent surtout se débarasser du problème (comment ça je me répète?).
Non, au contraire, elle a écouté sa peine, son angoisse, lui a expliqué je ne sais quoi (vous voyez, je ne me répète pas en fin de compte!) mais toujours est-il que 3 jours après, ma soeur tombait enceinte, comme ça, paf (enfin, elle a dû chahuter sous la couette avec son amoureux quand même).

Si ce n'est pas de la magie, moi je ne suis pas bergère.

Et c'est doux, de savoir qu'il y a encore des Fées en activité dans nos contrées (et une toute petite vie qui s'est nichée dans le ventre de ma soeur)

Monday, February 11, 2008

Les devoirs du soir...

J'ai lu récemment plusieurs bloggeuses s'interroger sur l'intérêt de noyer les élèves dans les devoirs le soir.
L'une d'elle se demande s'il s'agit pour le maître de se rassurer.

Ce soir, je peux affirmer, après une étude de terrain, que c'est plutôt pour satisfaire les parents.

La preuve par l'équation: pas de devoir=ils n'ont rien foutu en classe aujourd'hui et c'est avec mes impôts que je paye l'autre feignasse qui boit son café pendant que les gosses font des dessins toute la journée.

C'est à peu près ce que pensait la maman qui est venu me voir ce matin.
Je ne donne pas de devoirs à mes élèves.
Si, une lecture chaque soir et des mots une fois par semaine (au cas où elle ne s'en soit pas aperçue)
Je trouve que ça suffit, après une journée à les avoir fait tellement bosser (trop parfois je pense) que certains se plaignent d'avoir mal à la main!
La maman me répond qu'il n'y avait pas de devoirs les 2 derniers jours.

Normal, sur 23 élèves, j'en ai eu 12 vendredi, 10 samedi (une véritable épidémie, il faut dire que bon nombre d'élèves arrivent malades à l'école - angine, grippe, gastro, bronchite, joyeux bouillon de culture dont je sors miraculeusement indemne pour le moment!)(et donc autant vous dire qu'on ne s'est pas tué à la tâche ces jours-là)

Je devrais donner des révisions alors (Non mais c'est qu'elle me donne des conseils en plus!)
D'ailleurs elle-même aimerait faire réviser sa fille (qui n'en a strictement pas besoin), sur quoi travaillons-nous en ce moment?
Je lui bredouille les derniers trucs en date, elle en fera ce qu'elle voudra.

C'est après que j'ai compris réellement le message qu'elle essayait de me faire passer, et dont la teneur tient dans le 3ème paragraphe de mon brillant exposé.
On m'a déjà fait le coup l'année dernière, et là c'est pire, parce que je suis remplaçante, autant dire, dans l'esprit d'une majorité de parents, débutante pas formée.

Heureusement que les parents sont là pour m'expliquer comment il faut faire. Pour me glisser implicitement qu'il serait temps que je redresse la barre, les jeunes âmes dont j'ai la charge sont en perdition, c'est clair!

Ce soir (15 élèves ce matin, 17 cet après-midi, toussant et morveux à souhait, on a fait des paris pour demain avec les collègues), j'ai hésité au moment où il fallait noter les devoirs.
Pas longtemps.

J'ai donné une lecture.

On ne se refait pas, hein.

Sunday, February 10, 2008

Blessés, pour toujours

C'est ce que j'ai écrit ici au soir du 5 mars 2007 au sujet de mes enfants.

Et c'est si vrai, et ça dure tant...

(Il se roule par terre en hurlant)

Lorsque j'expose parfois mes craintes (de moins en moins) concernant l'avenir de mes enfants, on me rétorque, à la limite de l'indignation, que ça-va-aller-tu-es-là-pour-eux-ils-ne-subissent-plus-rien-il-faut-tourner-la-page-et-y'a-la-résilience-et-tu-es-trop-pessimiste-et-négative-forcément-si-tu-vas-comme-ça-ils-vont-mal-tourner.

(Elle mange pour se remplir)

Super, après avoir été la mère qui rejetait mille et une fautes sur son ex alors qu'elle même allaitait (honte sur moi!), je suis désormais celle qui sans doute savait mais ne voulait pas voir ("Non parce que franchement, comment a-t-elle pu ne pas voir? Elle s'est aveuglée, c'est certain, elle ne voulait pas voir, un enfant violé ça se voit") en même temps que celle qui ne peut imaginer une vie sereine pour ses enfants.

(Il s'arrache les ongles)

Culpabilité à tous les étages, j'ai gagné le gros lot.

(Elle ne s'autorise pas à être aimée)

Je suis là pour eux... Mais je ne suis pas magicienne (et pourtant, j'aimerais bien)

(Super! il vient de s'offrir une nouvelle coupe de cheveux sauvage....)

Ils ne subissent plus.... Mais ils ont subi! Refuser d'assimiler ça, de considérer combien c'est grave, c'est amoindrir le geste, et sous-estimer sa portée. C'est grave! Le tabou, encore et toujours le tabou... Et la demande faite aux victimes de la boucler pour ne pas déranger.

(Elle est triste, si triste)

Tourner la page, ah ah ah! Tourner la page... Ca ne se tourne pas comme ça, ces pages, là encore c'est nier le drame que mes enfants ont subi. Et je crois même que cette page-là, on ne la tourne jamais, si j'en crois les témoignages...

(Il casse un truc pas jour à la maison)

La résilience, aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, cette fameuse résilience qu'on met aujourd'hui à toute les sauces... Aussi pratique et péremptoire que le "tout se joue avant 6 ans" en son temps.

Y'a la résilience, je n'ai pas à m'en faire! Ca va même se faire tout seul, c'est magique.... Je suis vraiment bien bête de m'inquiéter comme ça.

(Elle perd un peu plus confiance en elle chaque jour)

Je ne suis ni pessimiste ni négative. Juste réaliste. Mes enfants vont grandir, le moins mal possible j'espère, en se contruisant leur bonheur et en dérapant le moins possible je le souhaite, et avec tout mon optimiste, toute ma bonne humeur pour les aider, mais il y a une part d'eux sur laquelle je n'ai pas de prise, et leur vie m'échappera un jour, quoi qu'elle soit devenue.

(Il devient un petit délinquant précoce à l'école)

Zut, ce n'est pas rien ce qu'ils ont subi quand même. Pas juste un petit événement perturbateur. Ce sont les victimes d'une drame assez grave pour qu'on le classe dans la catégorie des crimes. Un drame dont on peut mettre des années à se remettre, dont on peut ne pas se remettre du tout. Un drame qui restera toujours ancré en soi lorsqu'on l'a vécu.

(Elle se met en colère pour des riens, tout le temps, gâche tous les petits moments que nous pourrions passer ensemble si simplement)

Qu'on ne décide pas à la place de mes enfants si tout ira bien ou non. Tous nous le souhaitons, mais qui peut prédire quoi que ce soit en la matière?

Qui peut m'assurer qu'un avenir sans nuage attend mes enfants, alors qu'aujourd'hui leur comportement ne cesse de se détériorer?

Tuesday, February 05, 2008

Du petit animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon

Tom-Tom discute avec sa soeur.

Soudain, "grand animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon" (en réalité, il n'a pas du tout dit ça, mais si je donne le nom de l'animal ou si je mentionne ce que j'entends exactement par "extrémité caudale", je vais voir débouler sur mon blog tous les pervers du net, beurk), "grand animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon", donc, lance-t-il à sa soeur.

Je le reprends: "ne dis pas ça à ta soeur!"
Il s'en va, vexé, revient illico, penaud, et m'explique "mais c'est mignon, les petits animaux roses avec l'extrémité caudale en tire-bouchon".

Bin oui, finalement, pourquoi leur en veut-on tellement à ces bêbêtes? Qui a érigé cet animal en insulte populaire?

Si j'avais le temps, je lancerais une grande campagne de réhabilitation du cochon à la queue en tire-bouchon (argh, zut! ça m'a échappé...)

Si quelqu'un a le temps de s'intéresser à la cause du noble animal...

Friday, February 01, 2008

Les risques du métier

Samedi dernier, à 8h25, une folle furieuse a déboulé dans ma classe, hurlante, complètement hystérique.
Motifs: j'avais osé demander la raison de l'absence de son fils le jeudi, et c'était de ma faute, je n'avais pas fait grève.
J'avais osé réclamé l'euro qu'elle devait pour un spectacle depuis près de 2 mois, en disant que la maîtresse titulaire les attendait "toujours".

Fatale erreur, ce "toujours".
Ne jamais écrire "toujours".
Apparemment, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder son vase.

J'avais beau tenter de la calmer, argumenter, expliquer, rien à faire, elle continuait d'hurler, de me reprocher tout et n'importe quoi, totalement incohérente (et que son fils mente et vole, par contre....)
Elle m'a intimé l'ordre de la suivre chez la directrice, ce qui m'était totalement impossible, les élèves attendaient en rang devant la porte, mais ça lui était égal, elle n'avait pas de temps à perdre paraît-il. Elle est partie, furieuse, de plaindre à la directrice (de quoi exactement, je me le demande)

Jeudi matin, j'entends à la radio qu'un collègue a été placé 24h en garde à vue pour une gifle à un élève.
J'arrive à l'école. Un père vient se plaindre, j'aurais traité son fils de "pauvre garçon" (ou sale garçon, les versions diffèrent)
Imaginez ma surprise! Et ma défense, face à un tel mensonge auquel je ne m'attendais pas....
Monsieur travaille dans une prison et voit de tout, même des instituteurs, me dit-il... Intéressant... Il s'en va.... Et là, pour la première fois, j'ai su que je ne ferais pas ce métier toute ma vie.

Le gamin avoue avoir menti (je le confronte à l'élève présent lors de notre conversation au cours de laquelle cette insulte m'aurait échappé)
L'après-midi, il fait partie de la bande des 6 qui passe à tabac une fillette - je rappelle que j'ai des CE1, soit même pas 8 ans.
Je les punis... La directrice passe après la récrétion, je lui explique la situation, elle sermonne les gamins, et le petit menteur du matin se marre... Evidemment, les parents prenant fait et cause pour lui...
Je le reprends, il est déjà dans une mauvaise situation suite à son mensonge... Dans la foulée, la directrice (dépressive m'a-t-on dit, mais bon...) m'apprend que le père est venu se plaindre de moi ce matin.

Je l'ai pris de haut, lui a-t-il dit... mouarf, j'ai encore le courage de me marrer de l'expression avec mon mètre 53 et ses 2 mètres à lui....

"Ca fait déjà 2 parents, encore un et je suis obligée d'en référer à l'inspection"
Je suis sciée... Je ne suis coupable de rien, et elle ne me défend pas, pire, m'enfonce, me menace?
Quoi que je fasse, dans le genre de quartier où j'enseigne, on a tout à craindre, tout, (ma soeur en fait largement les frais, mais elle est épaulée par sa directrice, elle) et en particulier les mensonges des enfants, qui peuvent nous mener loin, trop loin.... je ne fais pas ce métier pour ça, me justifier, me défendre sans cesse... Et surtout, pas avec une épée de Damoclès sur la tête.

La journée s'achève... Coups de pieds, insultes... Punitions....Je suis épuisée.
Je rentre chez moi. Je retrouve mon délinquant maison, qui a déchiré le travail d'un élève en classe, "parce qu'il en avait envie". Je lui demande d'écrire un mot d'excuse, "pardon J."
Journée impeccable aujourd'hui pour lui à l'école (ça faisait longtemps)

Pas pour moi... Coups, insultes, mensonges, vol... Mot des parents d'hier dans le cahier de liaison (1 page le père, 1 page la mère) avec demande de rendez-vous parce que, paraît-il, je délaisse leur fils, pire, je le défie!
Au bord de jeter l'éponge, je file à l'inspection. Gentiment accueillie par l'inspectrice à qui je raconte tout, et surtout l'attitude de la directrice.
Elle me remonte, me rassure, m'apaise, me donne des conseils pour l'entrevue avec les parents... Me promet de téléphoner à la directrice (elle va m'avoir à la bonne après tiens... tant pis...)

Je retourne à l'école en trainant des pieds; le coeur au bord des lèvres.
Coupsinsultesmenacesmensonges.... Lot quotidien, trop quotidien.

Je suis consciente de ce que vivent ces enfants chez eux, consciente que leur vie n'est pas toujours rose, ni celle de leurs parents... Mais je ne suis ni psy, ni assistante sociale, juste une instit! Ni pire ni meilleure que les autres... J'aimerais juste pouvoir enseigner, parce que j'aime ça, malgré tout... mais ce malgré tout ne tiendra peut-être plus longtemps.