Donc, tout a commencé il y a quelques mois, lorsque j'ai décidé de m'engager au lieu de me cantonner à "qu'est-ce que le pays va devenir avec le président qu'on a".
Ma mère m'a mise en relation avec un de ses ancien collègue, écologiste. Il m'a donné rendez-vous un soir, en compagnie d'un communiste avec qui il voulait parler des municipales.
Or, mes parents sont communistes depuis toujours, et celui qui était là ce soir là me connait donc depuis trèèèèèèèèèèèès longtemps et a donc fondé ses espoirs sur moi.
Pour ma part, je ne souhaitais pas me rallier au PS, qui m'a trop déçu sur le plan national. Restait à choisir entre le vert et le rouge. Ce choix m'embêtait et j'ai donc "autruché"... Jusqu'à qu'on me demande clairement de bien vouloir me porter candidate en tant que communiste. C'était ça où le PCF n'était pas en mesure de présenter des candidats.
Je suis donc candidate communiste sur une liste de gauche.
En 8ème position, dans une ville où 39 élus siègent au conseil municipal. Si nous perdons, je siègerai parmi les 9 de l'opposition.
Si nous gagnons, je serai adjointe au maire! Je réalise chaque jour un peu plus ce à quoi je me suis engagée.... Avec chaque jour un peu plus de ferveur!
Je suppose que des dents ont grincé au PS, à voir catapultés sur la liste, au dernier moment, 5 communistes, dont 3 en position éligible. D'autant plus que les communistes qui étaient jusqu'ici dans l'opposition à l'actuel maire n'étaient pas souvent au conseil municipal et qu'on ne s'est pas privés de me le faire savoir.
Je sais aussi que je suis surtout là pour faire joli. Pour dire qu'il y a des membres du PCF sur la liste. Pour taire les rancoeurs et les rancunes du frère rouge.
Au milieu de tout ça, en un mois, j'ai su faire mon trou. Simplement par ma présence, déjà, lors des réunions - je n'en ai manqué aucune, sauf le soir où ma grande a brûlé les planches. Par ma disponibilité pour les soirées de porte à porte, pour les distributions de tracts... Et puis j'ai su me faire apprécier pour ma bonne humeur et mon sourire à toute épreuve.
Rien à voir avec la politique je vous l'accorde, mais difficile de se faire écouter lorsqu'on débute, qu'on maîtrise mal les impératifs d'une campagne électorale, plus mal encore l'administration d'une ville et que les copains de votre groupe vous ont lâchée... Les socialistes et écolo qui ne siègeront pas au conseil municipal même en cas de victoire sont présents et actifs... Les sympathisants également. Alors que même les deux communistes qui seront conseillers municipaux en cas de victoire sont totalement absents! Voilà qui n'est pas pour redorer le blason des communistes, dont la voix se fait de plus en plus difficilement entendre...
L'avantage pour moi, c'est que personne n'a à m'indiquer la route à suivre. Personne n'a rien à attendre de moi. Personne n'a à me dire ce que je dois dire ou faire. Moi qui avait peur de me faire piéger en prenant ma carte...
Maintenant, à la question " avons-nous une chance de gagner ou non?", je ferai une réponse de normands: p'têt bin qu'oui, p'têt bin qu'non!
Non, parce que la ville a toujours été à droite et conserve un gros centre bourgeois content des fleurs installées par le maire.
Oui, parce que:
- la gauche n'a cessé de gagner du terrain à chaque élection, et qu'aux municipales de 2001, la liste de gauche a été battue à 177 voix seulement!
- depuis 2001, la conscience politique s'est accrue, et avec elle l'envie de voter.
- dans cette grande ville de près de 40 000 habitants à fort taux d'immigration, il y a toujours plus de personnes obtenant le droit de vote et que leurs voix vont le plus souvent à gauche.
- le ras le bol est de plus en plus palpable, ras le bol envers la mairie actuelle qui ne s'occupe que de son centre-ville, délaissant totalement les quartiers difficiles.
- le maire ne brosse pas dans le sens du poil l'électorat de mon âge, qui bosse et qui se demande quoi faire de ses enfants avant 8h30 le matin et après 16h30 le soir, puisqu'il n'y a aucun accueil périscolaire.
- notre ville, pourtant grande, préfecture, hébergeant une faculté et un Institut Universitaire de Formation des Maîtres est l'une des villes les plus mortes qui soit! Une ville où on s'ennuie...
Oui surtout parce que notre programme répond à tout cela, aux attentes des habitants et à leurs envies - les socialistes font du porte à porte et des réunions publiques depuis des mois dans ce sens.
Je crois à notre victoire, à condition que les électeurs se mobilisent les 9 et 16 mars prochains. C'est pour cela que je prends du temps sur mon temps avec les enfants, pour ces réunions, ces portes à portes.... J'ose croire que ce n'est pas pour rien!
Les enfants m'ont accompagnée à des distributions de tracts, à un tournage vidéo hier (je vous en mettrai un extrait si j'y parviens, c'est très rigolo et je suis parfaitement ridicule!), après la grogne de me voir me sauver le soir, ils sont gagnés par la fièvre.
Encore 3 semaines! Suivies de 6 années, je l'espère...
Sunday, February 24, 2008
Thursday, February 21, 2008
Dans le mur
Ils m'ont eue. Les élèves, leurs parents, la directrice.
Cette classe a failli avoir l'instit de l'an dernier, qui avait plus de 20 ans de métier et qui a failli en changer, de métier.
Moi, ils m'ont eu. A l'usure. En un mois 1/2. Ils sont perdants, tous. A la rentrée, il n'y aura pas d'instit pour cette classe. Etant donnée la pénurie d'enseignants dans notre coin, c'est une situation qui pourrait durer.
Tant pis, ce n'est plus mon problème. (Enfin, c'est ce dont j'essaie de me convaincre... J'ai l'impression de trahir mes collègues- qui sont au courant de ma décision et la comprennent - et de baisser les bras lâchement)
Mon problème, ce soir, c'est de me demander si je vais aller travailler, demain, dans cette classe, pour le dernier jour.
C'est de me demander si je vais simplement demander à l'inspection de me remettre sur des remplacements courts, et soyons clair, il n'y a que l'argent que ces remplacements me procurent en plus de ma paye habituelle qui me motive, ou si je vais encore plus simplement me mettre en arrêt.
Je n'arrive pas à savoir si ce sont ces enfants-là avec ces parents-là dans cette école-là qui m'ont dégoûtée du métier, ou s'ils m'ont permis d'ouvrir les yeux et d'admettre que ce métier, je ne peux plus l'exercer.
J'ai le sentiment d'avoir franchi un seuil et que je ne parviendrai plus à revenir en arrière.
Du flou, beaucoup, devant moi, pour les jours, les mois qui viennent.
Grosse remise en question, à un moment déjà si difficile...
J'ai vu mon avocate, hier. Ca va être encore long, si long... Plusieurs années.
Heureusement, la campagne municipale me fait penser à autre chose, et entre réunions et porte-à-porte, je m'occupe exclusivement des enfants. Et aussi, j'ai été accaparée par plusieurs bons livres coup sur coup. Alors je ne suis certes pas très présente dans la blogosphère, mais ça ne signifie pas que je sois tombée. Je suis juste au bord du gouffre, et j'essaie encore de me retenir aux branches.
Cette classe a failli avoir l'instit de l'an dernier, qui avait plus de 20 ans de métier et qui a failli en changer, de métier.
Moi, ils m'ont eu. A l'usure. En un mois 1/2. Ils sont perdants, tous. A la rentrée, il n'y aura pas d'instit pour cette classe. Etant donnée la pénurie d'enseignants dans notre coin, c'est une situation qui pourrait durer.
Tant pis, ce n'est plus mon problème. (Enfin, c'est ce dont j'essaie de me convaincre... J'ai l'impression de trahir mes collègues- qui sont au courant de ma décision et la comprennent - et de baisser les bras lâchement)
Mon problème, ce soir, c'est de me demander si je vais aller travailler, demain, dans cette classe, pour le dernier jour.
C'est de me demander si je vais simplement demander à l'inspection de me remettre sur des remplacements courts, et soyons clair, il n'y a que l'argent que ces remplacements me procurent en plus de ma paye habituelle qui me motive, ou si je vais encore plus simplement me mettre en arrêt.
Je n'arrive pas à savoir si ce sont ces enfants-là avec ces parents-là dans cette école-là qui m'ont dégoûtée du métier, ou s'ils m'ont permis d'ouvrir les yeux et d'admettre que ce métier, je ne peux plus l'exercer.
J'ai le sentiment d'avoir franchi un seuil et que je ne parviendrai plus à revenir en arrière.
Du flou, beaucoup, devant moi, pour les jours, les mois qui viennent.
Grosse remise en question, à un moment déjà si difficile...
J'ai vu mon avocate, hier. Ca va être encore long, si long... Plusieurs années.
Heureusement, la campagne municipale me fait penser à autre chose, et entre réunions et porte-à-porte, je m'occupe exclusivement des enfants. Et aussi, j'ai été accaparée par plusieurs bons livres coup sur coup. Alors je ne suis certes pas très présente dans la blogosphère, mais ça ne signifie pas que je sois tombée. Je suis juste au bord du gouffre, et j'essaie encore de me retenir aux branches.
Monday, February 18, 2008
Mon ombre ténébreuse
Voilà que je me fais poète... On dirait du Verlaine un peu non?
Mon ombre ténébreuse... Celle qui m'empêche d'écrire ici depuis des mois... Avant j'avais toujours une anecdote à narrer, mais depuis des mois, c'est la page blanche - ou la page que je ferais mieux de ne pas écrire.
L'ombre ténébreuse qui me donne l'impression de me noyer dans ma vie...
C'est une vieille amie, elle est restée tapie des années dans un coin de mon existence, et a attendu le meilleur moment pour surgir.
Je ne voulais pas la voir. Mettant le blues qui m'accable presque en permanence et que je tente de repousser au mieux sur le compte des mille et une choses qui compliquent mon existence en ce moment - la justice qui n'avance pas, mes problèmes d'argent, ma candidature aux municipales, mon boulot que je supporte de moins en moins, un amoureux transi "qui m'attend". Mettant mes trous noirs sur le compte de ma fatigue.
Ce matin, en classe, j'ai eu la tentation de ne pas me lever de ma chaise. De ne pas me mettre face aux élèves pour leur faire cours. Je ne pouvais pas. Je n'en pouvais plus.
Je l'ai fait, pourtant. Me lever, me mettre face à eux, parler. Au prix d'un effort surhumain. Je n'en reviens pas d'avoir réussi l'exploit de me lever et de faire cours aux élèves assis derrière leurs pupitres. Avec la nausée.
J'ai expliqué ça à un collègue, après. Qui m'a dit, avec des mots simples, avec des mots qu'on a pour les amis, ce que je sais depuis longtemps, ce que je ne peux plus ne pas voir.
J'ai toujours dit que je saurai ne pas tirer sur la corde. M'arrêter avant de m'effondrer.
Mais sait-on bien à quel moment on atteint le point d'extrême limite?
J'ai peur de ne plus pouvoir me lever, un matin.
J'ai peur d'attendre qu'il soit trop tard pour réagir et qu'alors, je pourrisse l'enfance de mes enfants avec ça en plus.
Je vais tenter de tenir encore 3 jours. Ces 3 jours qui nous mèneront jusqu'aux vacances. Ensuite... Ensuite... Il faudra bien que je la regarde en face, mon ombre ténébreuse, et que je l'empêche de m'envahir davantage.
Mon ombre ténébreuse... Celle qui m'empêche d'écrire ici depuis des mois... Avant j'avais toujours une anecdote à narrer, mais depuis des mois, c'est la page blanche - ou la page que je ferais mieux de ne pas écrire.
L'ombre ténébreuse qui me donne l'impression de me noyer dans ma vie...
C'est une vieille amie, elle est restée tapie des années dans un coin de mon existence, et a attendu le meilleur moment pour surgir.
Je ne voulais pas la voir. Mettant le blues qui m'accable presque en permanence et que je tente de repousser au mieux sur le compte des mille et une choses qui compliquent mon existence en ce moment - la justice qui n'avance pas, mes problèmes d'argent, ma candidature aux municipales, mon boulot que je supporte de moins en moins, un amoureux transi "qui m'attend". Mettant mes trous noirs sur le compte de ma fatigue.
Ce matin, en classe, j'ai eu la tentation de ne pas me lever de ma chaise. De ne pas me mettre face aux élèves pour leur faire cours. Je ne pouvais pas. Je n'en pouvais plus.
Je l'ai fait, pourtant. Me lever, me mettre face à eux, parler. Au prix d'un effort surhumain. Je n'en reviens pas d'avoir réussi l'exploit de me lever et de faire cours aux élèves assis derrière leurs pupitres. Avec la nausée.
J'ai expliqué ça à un collègue, après. Qui m'a dit, avec des mots simples, avec des mots qu'on a pour les amis, ce que je sais depuis longtemps, ce que je ne peux plus ne pas voir.
J'ai toujours dit que je saurai ne pas tirer sur la corde. M'arrêter avant de m'effondrer.
Mais sait-on bien à quel moment on atteint le point d'extrême limite?
J'ai peur de ne plus pouvoir me lever, un matin.
J'ai peur d'attendre qu'il soit trop tard pour réagir et qu'alors, je pourrisse l'enfance de mes enfants avec ça en plus.
Je vais tenter de tenir encore 3 jours. Ces 3 jours qui nous mèneront jusqu'aux vacances. Ensuite... Ensuite... Il faudra bien que je la regarde en face, mon ombre ténébreuse, et que je l'empêche de m'envahir davantage.
Sunday, February 17, 2008
La Fée des Bébés
Il y a quelques années, désemparée par mes fausses-couches à répétition, et nullement réconfortée ni rassurée par les paroles que j'entendais à droite (les médecins) à gauche (les copines) à ce sujet (c'est rien, t'es jeune, t'en auras d'autres, la voisine de la soeur de mon oncle par alliance en a fait 10 des FC et maintenant elle a un bébé), je suis allée à la rencontre de la Fée des Bébés, qui officie incognito dans un hôpital parisien (il ne faut donc pas le répéter).
Elle m'a dit la même chose que ce dont on m'avait déjà rebattu les oreilles, mais pas sur l'air habituel de ceux qui veulent surtout se débarasser du problème. Non, au contraire, elle a écouté ma peine, mon angoisse, m'a expliqué que je n'avais sans doute qu'un problème sanguin, qu'il était aisé d'y remédier, et qu'à tout hasard elle allait pousser un peu plus les examens.
Je suis ressortie de la grotte magique, et quelques jours après, j'étais enceinte. D'un bébé qui a tenu, grâce à la potion magique donnée par la Fée, mais chut, c'est un secret. D'un bébé viking, même.
Il y a un mois, ma soeur, désamparée par son incapacité à tomber enceinte, nullement réconfortée ni rassurée par les paroles qu'elle entendait à droite (les médecins) à gauche (les copines) à ce sujet (c'est rien, t'es jeune, t'as le temps, la voisine de la soeur de mon oncle par alliance a mis 23 ans à tomber enceinte), ma soeur donc, est allée à son tour à la rencontre de la Fée des Bébés dans sa grotte parisienne (mais chut, hein, promis, vous n'avez rien lu).
Elle lui a dit la même chose que ce dont on lui avait rebattu les oreilles, mais pas sur l'air habituel de ceux qui veulent surtout se débarasser du problème (comment ça je me répète?).
Non, au contraire, elle a écouté sa peine, son angoisse, lui a expliqué je ne sais quoi (vous voyez, je ne me répète pas en fin de compte!) mais toujours est-il que 3 jours après, ma soeur tombait enceinte, comme ça, paf (enfin, elle a dû chahuter sous la couette avec son amoureux quand même).
Si ce n'est pas de la magie, moi je ne suis pas bergère.
Et c'est doux, de savoir qu'il y a encore des Fées en activité dans nos contrées (et une toute petite vie qui s'est nichée dans le ventre de ma soeur)
Elle m'a dit la même chose que ce dont on m'avait déjà rebattu les oreilles, mais pas sur l'air habituel de ceux qui veulent surtout se débarasser du problème. Non, au contraire, elle a écouté ma peine, mon angoisse, m'a expliqué que je n'avais sans doute qu'un problème sanguin, qu'il était aisé d'y remédier, et qu'à tout hasard elle allait pousser un peu plus les examens.
Je suis ressortie de la grotte magique, et quelques jours après, j'étais enceinte. D'un bébé qui a tenu, grâce à la potion magique donnée par la Fée, mais chut, c'est un secret. D'un bébé viking, même.
Il y a un mois, ma soeur, désamparée par son incapacité à tomber enceinte, nullement réconfortée ni rassurée par les paroles qu'elle entendait à droite (les médecins) à gauche (les copines) à ce sujet (c'est rien, t'es jeune, t'as le temps, la voisine de la soeur de mon oncle par alliance a mis 23 ans à tomber enceinte), ma soeur donc, est allée à son tour à la rencontre de la Fée des Bébés dans sa grotte parisienne (mais chut, hein, promis, vous n'avez rien lu).
Elle lui a dit la même chose que ce dont on lui avait rebattu les oreilles, mais pas sur l'air habituel de ceux qui veulent surtout se débarasser du problème (comment ça je me répète?).
Non, au contraire, elle a écouté sa peine, son angoisse, lui a expliqué je ne sais quoi (vous voyez, je ne me répète pas en fin de compte!) mais toujours est-il que 3 jours après, ma soeur tombait enceinte, comme ça, paf (enfin, elle a dû chahuter sous la couette avec son amoureux quand même).
Si ce n'est pas de la magie, moi je ne suis pas bergère.
Et c'est doux, de savoir qu'il y a encore des Fées en activité dans nos contrées (et une toute petite vie qui s'est nichée dans le ventre de ma soeur)
Monday, February 11, 2008
Les devoirs du soir...
J'ai lu récemment plusieurs bloggeuses s'interroger sur l'intérêt de noyer les élèves dans les devoirs le soir.
L'une d'elle se demande s'il s'agit pour le maître de se rassurer.
Ce soir, je peux affirmer, après une étude de terrain, que c'est plutôt pour satisfaire les parents.
La preuve par l'équation: pas de devoir=ils n'ont rien foutu en classe aujourd'hui et c'est avec mes impôts que je paye l'autre feignasse qui boit son café pendant que les gosses font des dessins toute la journée.
C'est à peu près ce que pensait la maman qui est venu me voir ce matin.
Je ne donne pas de devoirs à mes élèves.
Si, une lecture chaque soir et des mots une fois par semaine (au cas où elle ne s'en soit pas aperçue)
Je trouve que ça suffit, après une journée à les avoir fait tellement bosser (trop parfois je pense) que certains se plaignent d'avoir mal à la main!
La maman me répond qu'il n'y avait pas de devoirs les 2 derniers jours.
Normal, sur 23 élèves, j'en ai eu 12 vendredi, 10 samedi (une véritable épidémie, il faut dire que bon nombre d'élèves arrivent malades à l'école - angine, grippe, gastro, bronchite, joyeux bouillon de culture dont je sors miraculeusement indemne pour le moment!)(et donc autant vous dire qu'on ne s'est pas tué à la tâche ces jours-là)
Je devrais donner des révisions alors (Non mais c'est qu'elle me donne des conseils en plus!)
D'ailleurs elle-même aimerait faire réviser sa fille (qui n'en a strictement pas besoin), sur quoi travaillons-nous en ce moment?
Je lui bredouille les derniers trucs en date, elle en fera ce qu'elle voudra.
C'est après que j'ai compris réellement le message qu'elle essayait de me faire passer, et dont la teneur tient dans le 3ème paragraphe de mon brillant exposé.
On m'a déjà fait le coup l'année dernière, et là c'est pire, parce que je suis remplaçante, autant dire, dans l'esprit d'une majorité de parents, débutante pas formée.
Heureusement que les parents sont là pour m'expliquer comment il faut faire. Pour me glisser implicitement qu'il serait temps que je redresse la barre, les jeunes âmes dont j'ai la charge sont en perdition, c'est clair!
Ce soir (15 élèves ce matin, 17 cet après-midi, toussant et morveux à souhait, on a fait des paris pour demain avec les collègues), j'ai hésité au moment où il fallait noter les devoirs.
Pas longtemps.
J'ai donné une lecture.
On ne se refait pas, hein.
L'une d'elle se demande s'il s'agit pour le maître de se rassurer.
Ce soir, je peux affirmer, après une étude de terrain, que c'est plutôt pour satisfaire les parents.
La preuve par l'équation: pas de devoir=ils n'ont rien foutu en classe aujourd'hui et c'est avec mes impôts que je paye l'autre feignasse qui boit son café pendant que les gosses font des dessins toute la journée.
C'est à peu près ce que pensait la maman qui est venu me voir ce matin.
Je ne donne pas de devoirs à mes élèves.
Si, une lecture chaque soir et des mots une fois par semaine (au cas où elle ne s'en soit pas aperçue)
Je trouve que ça suffit, après une journée à les avoir fait tellement bosser (trop parfois je pense) que certains se plaignent d'avoir mal à la main!
La maman me répond qu'il n'y avait pas de devoirs les 2 derniers jours.
Normal, sur 23 élèves, j'en ai eu 12 vendredi, 10 samedi (une véritable épidémie, il faut dire que bon nombre d'élèves arrivent malades à l'école - angine, grippe, gastro, bronchite, joyeux bouillon de culture dont je sors miraculeusement indemne pour le moment!)(et donc autant vous dire qu'on ne s'est pas tué à la tâche ces jours-là)
Je devrais donner des révisions alors (Non mais c'est qu'elle me donne des conseils en plus!)
D'ailleurs elle-même aimerait faire réviser sa fille (qui n'en a strictement pas besoin), sur quoi travaillons-nous en ce moment?
Je lui bredouille les derniers trucs en date, elle en fera ce qu'elle voudra.
C'est après que j'ai compris réellement le message qu'elle essayait de me faire passer, et dont la teneur tient dans le 3ème paragraphe de mon brillant exposé.
On m'a déjà fait le coup l'année dernière, et là c'est pire, parce que je suis remplaçante, autant dire, dans l'esprit d'une majorité de parents, débutante pas formée.
Heureusement que les parents sont là pour m'expliquer comment il faut faire. Pour me glisser implicitement qu'il serait temps que je redresse la barre, les jeunes âmes dont j'ai la charge sont en perdition, c'est clair!
Ce soir (15 élèves ce matin, 17 cet après-midi, toussant et morveux à souhait, on a fait des paris pour demain avec les collègues), j'ai hésité au moment où il fallait noter les devoirs.
Pas longtemps.
J'ai donné une lecture.
On ne se refait pas, hein.
Sunday, February 10, 2008
Blessés, pour toujours
C'est ce que j'ai écrit ici au soir du 5 mars 2007 au sujet de mes enfants.
Et c'est si vrai, et ça dure tant...
(Il se roule par terre en hurlant)
Lorsque j'expose parfois mes craintes (de moins en moins) concernant l'avenir de mes enfants, on me rétorque, à la limite de l'indignation, que ça-va-aller-tu-es-là-pour-eux-ils-ne-subissent-plus-rien-il-faut-tourner-la-page-et-y'a-la-résilience-et-tu-es-trop-pessimiste-et-négative-forcément-si-tu-vas-comme-ça-ils-vont-mal-tourner.
(Elle mange pour se remplir)
Super, après avoir été la mère qui rejetait mille et une fautes sur son ex alors qu'elle même allaitait (honte sur moi!), je suis désormais celle qui sans doute savait mais ne voulait pas voir ("Non parce que franchement, comment a-t-elle pu ne pas voir? Elle s'est aveuglée, c'est certain, elle ne voulait pas voir, un enfant violé ça se voit") en même temps que celle qui ne peut imaginer une vie sereine pour ses enfants.
(Il s'arrache les ongles)
Culpabilité à tous les étages, j'ai gagné le gros lot.
(Elle ne s'autorise pas à être aimée)
Je suis là pour eux... Mais je ne suis pas magicienne (et pourtant, j'aimerais bien)
(Super! il vient de s'offrir une nouvelle coupe de cheveux sauvage....)
Ils ne subissent plus.... Mais ils ont subi! Refuser d'assimiler ça, de considérer combien c'est grave, c'est amoindrir le geste, et sous-estimer sa portée. C'est grave! Le tabou, encore et toujours le tabou... Et la demande faite aux victimes de la boucler pour ne pas déranger.
(Elle est triste, si triste)
Tourner la page, ah ah ah! Tourner la page... Ca ne se tourne pas comme ça, ces pages, là encore c'est nier le drame que mes enfants ont subi. Et je crois même que cette page-là, on ne la tourne jamais, si j'en crois les témoignages...
(Il casse un truc pas jour à la maison)
La résilience, aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, cette fameuse résilience qu'on met aujourd'hui à toute les sauces... Aussi pratique et péremptoire que le "tout se joue avant 6 ans" en son temps.
Y'a la résilience, je n'ai pas à m'en faire! Ca va même se faire tout seul, c'est magique.... Je suis vraiment bien bête de m'inquiéter comme ça.
(Elle perd un peu plus confiance en elle chaque jour)
Je ne suis ni pessimiste ni négative. Juste réaliste. Mes enfants vont grandir, le moins mal possible j'espère, en se contruisant leur bonheur et en dérapant le moins possible je le souhaite, et avec tout mon optimiste, toute ma bonne humeur pour les aider, mais il y a une part d'eux sur laquelle je n'ai pas de prise, et leur vie m'échappera un jour, quoi qu'elle soit devenue.
(Il devient un petit délinquant précoce à l'école)
Zut, ce n'est pas rien ce qu'ils ont subi quand même. Pas juste un petit événement perturbateur. Ce sont les victimes d'une drame assez grave pour qu'on le classe dans la catégorie des crimes. Un drame dont on peut mettre des années à se remettre, dont on peut ne pas se remettre du tout. Un drame qui restera toujours ancré en soi lorsqu'on l'a vécu.
(Elle se met en colère pour des riens, tout le temps, gâche tous les petits moments que nous pourrions passer ensemble si simplement)
Qu'on ne décide pas à la place de mes enfants si tout ira bien ou non. Tous nous le souhaitons, mais qui peut prédire quoi que ce soit en la matière?
Qui peut m'assurer qu'un avenir sans nuage attend mes enfants, alors qu'aujourd'hui leur comportement ne cesse de se détériorer?
Et c'est si vrai, et ça dure tant...
(Il se roule par terre en hurlant)
Lorsque j'expose parfois mes craintes (de moins en moins) concernant l'avenir de mes enfants, on me rétorque, à la limite de l'indignation, que ça-va-aller-tu-es-là-pour-eux-ils-ne-subissent-plus-rien-il-faut-tourner-la-page-et-y'a-la-résilience-et-tu-es-trop-pessimiste-et-négative-forcément-si-tu-vas-comme-ça-ils-vont-mal-tourner.
(Elle mange pour se remplir)
Super, après avoir été la mère qui rejetait mille et une fautes sur son ex alors qu'elle même allaitait (honte sur moi!), je suis désormais celle qui sans doute savait mais ne voulait pas voir ("Non parce que franchement, comment a-t-elle pu ne pas voir? Elle s'est aveuglée, c'est certain, elle ne voulait pas voir, un enfant violé ça se voit") en même temps que celle qui ne peut imaginer une vie sereine pour ses enfants.
(Il s'arrache les ongles)
Culpabilité à tous les étages, j'ai gagné le gros lot.
(Elle ne s'autorise pas à être aimée)
Je suis là pour eux... Mais je ne suis pas magicienne (et pourtant, j'aimerais bien)
(Super! il vient de s'offrir une nouvelle coupe de cheveux sauvage....)
Ils ne subissent plus.... Mais ils ont subi! Refuser d'assimiler ça, de considérer combien c'est grave, c'est amoindrir le geste, et sous-estimer sa portée. C'est grave! Le tabou, encore et toujours le tabou... Et la demande faite aux victimes de la boucler pour ne pas déranger.
(Elle est triste, si triste)
Tourner la page, ah ah ah! Tourner la page... Ca ne se tourne pas comme ça, ces pages, là encore c'est nier le drame que mes enfants ont subi. Et je crois même que cette page-là, on ne la tourne jamais, si j'en crois les témoignages...
(Il casse un truc pas jour à la maison)
La résilience, aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, cette fameuse résilience qu'on met aujourd'hui à toute les sauces... Aussi pratique et péremptoire que le "tout se joue avant 6 ans" en son temps.
Y'a la résilience, je n'ai pas à m'en faire! Ca va même se faire tout seul, c'est magique.... Je suis vraiment bien bête de m'inquiéter comme ça.
(Elle perd un peu plus confiance en elle chaque jour)
Je ne suis ni pessimiste ni négative. Juste réaliste. Mes enfants vont grandir, le moins mal possible j'espère, en se contruisant leur bonheur et en dérapant le moins possible je le souhaite, et avec tout mon optimiste, toute ma bonne humeur pour les aider, mais il y a une part d'eux sur laquelle je n'ai pas de prise, et leur vie m'échappera un jour, quoi qu'elle soit devenue.
(Il devient un petit délinquant précoce à l'école)
Zut, ce n'est pas rien ce qu'ils ont subi quand même. Pas juste un petit événement perturbateur. Ce sont les victimes d'une drame assez grave pour qu'on le classe dans la catégorie des crimes. Un drame dont on peut mettre des années à se remettre, dont on peut ne pas se remettre du tout. Un drame qui restera toujours ancré en soi lorsqu'on l'a vécu.
(Elle se met en colère pour des riens, tout le temps, gâche tous les petits moments que nous pourrions passer ensemble si simplement)
Qu'on ne décide pas à la place de mes enfants si tout ira bien ou non. Tous nous le souhaitons, mais qui peut prédire quoi que ce soit en la matière?
Qui peut m'assurer qu'un avenir sans nuage attend mes enfants, alors qu'aujourd'hui leur comportement ne cesse de se détériorer?
Tuesday, February 05, 2008
Du petit animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon
Tom-Tom discute avec sa soeur.
Soudain, "grand animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon" (en réalité, il n'a pas du tout dit ça, mais si je donne le nom de l'animal ou si je mentionne ce que j'entends exactement par "extrémité caudale", je vais voir débouler sur mon blog tous les pervers du net, beurk), "grand animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon", donc, lance-t-il à sa soeur.
Je le reprends: "ne dis pas ça à ta soeur!"
Il s'en va, vexé, revient illico, penaud, et m'explique "mais c'est mignon, les petits animaux roses avec l'extrémité caudale en tire-bouchon".
Bin oui, finalement, pourquoi leur en veut-on tellement à ces bêbêtes? Qui a érigé cet animal en insulte populaire?
Si j'avais le temps, je lancerais une grande campagne de réhabilitation du cochon à la queue en tire-bouchon (argh, zut! ça m'a échappé...)
Si quelqu'un a le temps de s'intéresser à la cause du noble animal...
Soudain, "grand animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon" (en réalité, il n'a pas du tout dit ça, mais si je donne le nom de l'animal ou si je mentionne ce que j'entends exactement par "extrémité caudale", je vais voir débouler sur mon blog tous les pervers du net, beurk), "grand animal rose avec l'extrémité caudale en tire-bouchon", donc, lance-t-il à sa soeur.
Je le reprends: "ne dis pas ça à ta soeur!"
Il s'en va, vexé, revient illico, penaud, et m'explique "mais c'est mignon, les petits animaux roses avec l'extrémité caudale en tire-bouchon".
Bin oui, finalement, pourquoi leur en veut-on tellement à ces bêbêtes? Qui a érigé cet animal en insulte populaire?
Si j'avais le temps, je lancerais une grande campagne de réhabilitation du cochon à la queue en tire-bouchon (argh, zut! ça m'a échappé...)
Si quelqu'un a le temps de s'intéresser à la cause du noble animal...
Friday, February 01, 2008
Les risques du métier
Samedi dernier, à 8h25, une folle furieuse a déboulé dans ma classe, hurlante, complètement hystérique.
Motifs: j'avais osé demander la raison de l'absence de son fils le jeudi, et c'était de ma faute, je n'avais pas fait grève.
J'avais osé réclamé l'euro qu'elle devait pour un spectacle depuis près de 2 mois, en disant que la maîtresse titulaire les attendait "toujours".
Fatale erreur, ce "toujours".
Ne jamais écrire "toujours".
Apparemment, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder son vase.
J'avais beau tenter de la calmer, argumenter, expliquer, rien à faire, elle continuait d'hurler, de me reprocher tout et n'importe quoi, totalement incohérente (et que son fils mente et vole, par contre....)
Elle m'a intimé l'ordre de la suivre chez la directrice, ce qui m'était totalement impossible, les élèves attendaient en rang devant la porte, mais ça lui était égal, elle n'avait pas de temps à perdre paraît-il. Elle est partie, furieuse, de plaindre à la directrice (de quoi exactement, je me le demande)
Jeudi matin, j'entends à la radio qu'un collègue a été placé 24h en garde à vue pour une gifle à un élève.
J'arrive à l'école. Un père vient se plaindre, j'aurais traité son fils de "pauvre garçon" (ou sale garçon, les versions diffèrent)
Imaginez ma surprise! Et ma défense, face à un tel mensonge auquel je ne m'attendais pas....
Monsieur travaille dans une prison et voit de tout, même des instituteurs, me dit-il... Intéressant... Il s'en va.... Et là, pour la première fois, j'ai su que je ne ferais pas ce métier toute ma vie.
Le gamin avoue avoir menti (je le confronte à l'élève présent lors de notre conversation au cours de laquelle cette insulte m'aurait échappé)
L'après-midi, il fait partie de la bande des 6 qui passe à tabac une fillette - je rappelle que j'ai des CE1, soit même pas 8 ans.
Je les punis... La directrice passe après la récrétion, je lui explique la situation, elle sermonne les gamins, et le petit menteur du matin se marre... Evidemment, les parents prenant fait et cause pour lui...
Je le reprends, il est déjà dans une mauvaise situation suite à son mensonge... Dans la foulée, la directrice (dépressive m'a-t-on dit, mais bon...) m'apprend que le père est venu se plaindre de moi ce matin.
Je l'ai pris de haut, lui a-t-il dit... mouarf, j'ai encore le courage de me marrer de l'expression avec mon mètre 53 et ses 2 mètres à lui....
"Ca fait déjà 2 parents, encore un et je suis obligée d'en référer à l'inspection"
Je suis sciée... Je ne suis coupable de rien, et elle ne me défend pas, pire, m'enfonce, me menace?
Quoi que je fasse, dans le genre de quartier où j'enseigne, on a tout à craindre, tout, (ma soeur en fait largement les frais, mais elle est épaulée par sa directrice, elle) et en particulier les mensonges des enfants, qui peuvent nous mener loin, trop loin.... je ne fais pas ce métier pour ça, me justifier, me défendre sans cesse... Et surtout, pas avec une épée de Damoclès sur la tête.
La journée s'achève... Coups de pieds, insultes... Punitions....Je suis épuisée.
Je rentre chez moi. Je retrouve mon délinquant maison, qui a déchiré le travail d'un élève en classe, "parce qu'il en avait envie". Je lui demande d'écrire un mot d'excuse, "pardon J."
Journée impeccable aujourd'hui pour lui à l'école (ça faisait longtemps)
Pas pour moi... Coups, insultes, mensonges, vol... Mot des parents d'hier dans le cahier de liaison (1 page le père, 1 page la mère) avec demande de rendez-vous parce que, paraît-il, je délaisse leur fils, pire, je le défie!
Au bord de jeter l'éponge, je file à l'inspection. Gentiment accueillie par l'inspectrice à qui je raconte tout, et surtout l'attitude de la directrice.
Elle me remonte, me rassure, m'apaise, me donne des conseils pour l'entrevue avec les parents... Me promet de téléphoner à la directrice (elle va m'avoir à la bonne après tiens... tant pis...)
Je retourne à l'école en trainant des pieds; le coeur au bord des lèvres.
Coupsinsultesmenacesmensonges.... Lot quotidien, trop quotidien.
Je suis consciente de ce que vivent ces enfants chez eux, consciente que leur vie n'est pas toujours rose, ni celle de leurs parents... Mais je ne suis ni psy, ni assistante sociale, juste une instit! Ni pire ni meilleure que les autres... J'aimerais juste pouvoir enseigner, parce que j'aime ça, malgré tout... mais ce malgré tout ne tiendra peut-être plus longtemps.
Motifs: j'avais osé demander la raison de l'absence de son fils le jeudi, et c'était de ma faute, je n'avais pas fait grève.
J'avais osé réclamé l'euro qu'elle devait pour un spectacle depuis près de 2 mois, en disant que la maîtresse titulaire les attendait "toujours".
Fatale erreur, ce "toujours".
Ne jamais écrire "toujours".
Apparemment, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder son vase.
J'avais beau tenter de la calmer, argumenter, expliquer, rien à faire, elle continuait d'hurler, de me reprocher tout et n'importe quoi, totalement incohérente (et que son fils mente et vole, par contre....)
Elle m'a intimé l'ordre de la suivre chez la directrice, ce qui m'était totalement impossible, les élèves attendaient en rang devant la porte, mais ça lui était égal, elle n'avait pas de temps à perdre paraît-il. Elle est partie, furieuse, de plaindre à la directrice (de quoi exactement, je me le demande)
Jeudi matin, j'entends à la radio qu'un collègue a été placé 24h en garde à vue pour une gifle à un élève.
J'arrive à l'école. Un père vient se plaindre, j'aurais traité son fils de "pauvre garçon" (ou sale garçon, les versions diffèrent)
Imaginez ma surprise! Et ma défense, face à un tel mensonge auquel je ne m'attendais pas....
Monsieur travaille dans une prison et voit de tout, même des instituteurs, me dit-il... Intéressant... Il s'en va.... Et là, pour la première fois, j'ai su que je ne ferais pas ce métier toute ma vie.
Le gamin avoue avoir menti (je le confronte à l'élève présent lors de notre conversation au cours de laquelle cette insulte m'aurait échappé)
L'après-midi, il fait partie de la bande des 6 qui passe à tabac une fillette - je rappelle que j'ai des CE1, soit même pas 8 ans.
Je les punis... La directrice passe après la récrétion, je lui explique la situation, elle sermonne les gamins, et le petit menteur du matin se marre... Evidemment, les parents prenant fait et cause pour lui...
Je le reprends, il est déjà dans une mauvaise situation suite à son mensonge... Dans la foulée, la directrice (dépressive m'a-t-on dit, mais bon...) m'apprend que le père est venu se plaindre de moi ce matin.
Je l'ai pris de haut, lui a-t-il dit... mouarf, j'ai encore le courage de me marrer de l'expression avec mon mètre 53 et ses 2 mètres à lui....
"Ca fait déjà 2 parents, encore un et je suis obligée d'en référer à l'inspection"
Je suis sciée... Je ne suis coupable de rien, et elle ne me défend pas, pire, m'enfonce, me menace?
Quoi que je fasse, dans le genre de quartier où j'enseigne, on a tout à craindre, tout, (ma soeur en fait largement les frais, mais elle est épaulée par sa directrice, elle) et en particulier les mensonges des enfants, qui peuvent nous mener loin, trop loin.... je ne fais pas ce métier pour ça, me justifier, me défendre sans cesse... Et surtout, pas avec une épée de Damoclès sur la tête.
La journée s'achève... Coups de pieds, insultes... Punitions....Je suis épuisée.
Je rentre chez moi. Je retrouve mon délinquant maison, qui a déchiré le travail d'un élève en classe, "parce qu'il en avait envie". Je lui demande d'écrire un mot d'excuse, "pardon J."
Journée impeccable aujourd'hui pour lui à l'école (ça faisait longtemps)
Pas pour moi... Coups, insultes, mensonges, vol... Mot des parents d'hier dans le cahier de liaison (1 page le père, 1 page la mère) avec demande de rendez-vous parce que, paraît-il, je délaisse leur fils, pire, je le défie!
Au bord de jeter l'éponge, je file à l'inspection. Gentiment accueillie par l'inspectrice à qui je raconte tout, et surtout l'attitude de la directrice.
Elle me remonte, me rassure, m'apaise, me donne des conseils pour l'entrevue avec les parents... Me promet de téléphoner à la directrice (elle va m'avoir à la bonne après tiens... tant pis...)
Je retourne à l'école en trainant des pieds; le coeur au bord des lèvres.
Coupsinsultesmenacesmensonges.... Lot quotidien, trop quotidien.
Je suis consciente de ce que vivent ces enfants chez eux, consciente que leur vie n'est pas toujours rose, ni celle de leurs parents... Mais je ne suis ni psy, ni assistante sociale, juste une instit! Ni pire ni meilleure que les autres... J'aimerais juste pouvoir enseigner, parce que j'aime ça, malgré tout... mais ce malgré tout ne tiendra peut-être plus longtemps.
Wednesday, January 30, 2008
L'aventure de la nouille des nouilles
N'y allons pas par quatre chemins: la nouille, c'est moi.
J'avais déjà évoqué le fait que je me présentais aux élections municipales des 9 et 16 mars prochain (n'oubliez pas d'écrire ça dans vos agendas)
Je passe sur les "tractations politiques" (j'aime bien ce groupe nominal), enfin j'en parlerai mais une prochaine fois.
Mardi dernier, on m'informe que je serai tête de liste du parti que je représente (et donc que dans tous les cas je serai élue: au conseil municipal si ma liste perd, adjointe au maire si elle gagne)
Mercredi un copain m'appelle: "Ote moi d'un doute, tu es bien sur les listes électorales de la ville?
- ..................................................
- ??
- ............... Gloups, non...."
He oui, vous avez devant vous une fille trop forte, qui veut se faire élire alors qu'elle a oublié de faire son changement lors de son déménagement...
Bon, ce n'est pas pour ma petite gloire personnelle, loin de là, mais là, je plante toute une liste quand même....
Alors j'ai fait des recherches, je suis allée vérifier auprès du service élection de la mairie... et il existe des recours pour des nouilles comme moi!
Je suis inscrite sur les listes électorales (bon, pas dans ma ville, mais inscrite quand même, et j'ai toujours voté), et je peux prouver que je vais payer des impots locaux dans la ville où j'habite et où je me présente donc bel et bien - j'ai eu un mal fou à réunir les papiers nécessaires, c'était digne des douze travaux d'Astérix (vous savez, lorsqu'il manque devenir fou à aller d'un service à l'autre), donc c'est bon, ma candidature est possible; ouf!
Vous vous demandez peut-être comment une personne qui a toujours voté et qui se pique de se présenter peut oublier d'effectuer son changement de liste électorale?
C'est simple: pour moi, l'essentiel a toujours été de voter, peu importe où. La ville où j'étais électeur jusqu'ici est celle d'à côté. Bien sûr, les enjeux d'une élection municipale ne sont pas les mêmes, mais jusqu'ici, je ne m'étais jamais sentie impliquée dans une ville quelconque.
Donc voilà. Je suis prise dans le tourbillon des réunions, et je suis passionnée (je n'imaginais pas ça il y a 15 jours, tout ceci s'est fait un peu par hasard)
J'ai cependant une position très délicate, et on m'attend au tournant.
J'apprends, le langage politique comme les petites piques entre amis...
Et je dois aussi rester maman, instit, collègue.... Faut que je me fasse une cure de vitamine C!
J'avais déjà évoqué le fait que je me présentais aux élections municipales des 9 et 16 mars prochain (n'oubliez pas d'écrire ça dans vos agendas)
Je passe sur les "tractations politiques" (j'aime bien ce groupe nominal), enfin j'en parlerai mais une prochaine fois.
Mardi dernier, on m'informe que je serai tête de liste du parti que je représente (et donc que dans tous les cas je serai élue: au conseil municipal si ma liste perd, adjointe au maire si elle gagne)
Mercredi un copain m'appelle: "Ote moi d'un doute, tu es bien sur les listes électorales de la ville?
- ..................................................
- ??
- ............... Gloups, non...."
He oui, vous avez devant vous une fille trop forte, qui veut se faire élire alors qu'elle a oublié de faire son changement lors de son déménagement...
Bon, ce n'est pas pour ma petite gloire personnelle, loin de là, mais là, je plante toute une liste quand même....
Alors j'ai fait des recherches, je suis allée vérifier auprès du service élection de la mairie... et il existe des recours pour des nouilles comme moi!
Je suis inscrite sur les listes électorales (bon, pas dans ma ville, mais inscrite quand même, et j'ai toujours voté), et je peux prouver que je vais payer des impots locaux dans la ville où j'habite et où je me présente donc bel et bien - j'ai eu un mal fou à réunir les papiers nécessaires, c'était digne des douze travaux d'Astérix (vous savez, lorsqu'il manque devenir fou à aller d'un service à l'autre), donc c'est bon, ma candidature est possible; ouf!
Vous vous demandez peut-être comment une personne qui a toujours voté et qui se pique de se présenter peut oublier d'effectuer son changement de liste électorale?
C'est simple: pour moi, l'essentiel a toujours été de voter, peu importe où. La ville où j'étais électeur jusqu'ici est celle d'à côté. Bien sûr, les enjeux d'une élection municipale ne sont pas les mêmes, mais jusqu'ici, je ne m'étais jamais sentie impliquée dans une ville quelconque.
Donc voilà. Je suis prise dans le tourbillon des réunions, et je suis passionnée (je n'imaginais pas ça il y a 15 jours, tout ceci s'est fait un peu par hasard)
J'ai cependant une position très délicate, et on m'attend au tournant.
J'apprends, le langage politique comme les petites piques entre amis...
Et je dois aussi rester maman, instit, collègue.... Faut que je me fasse une cure de vitamine C!
Saturday, January 26, 2008
Ma fille, cette comique
J'ai une fille qui, pour amuser la galerie, va jusqu'à se casser deux fois le bras à un an et 3 jours d'intervalle.
Variantes: cette fois, c'est le poignet et non le coude, et ce n'est pas en tombant de cheval mais en jouant au cheval avec ses copains dans la cour de récré - on notera quand même le facteur cheval (mouarf).
Constante: elle est plâtrée de la main à l'épaule.
Nous plaisantons amplement à ce sujet depuis hier: l'année prochaine, je te mets dans une bulle pendant la semaine qui suit ton anniversaire, tout ça pour avoir les signatures de tes copains, la prochaine fois essaie de varier un peu, casse toi une jambe...
Elle avait le moral, a même expliqué au médecin que c'était son tour vu qu'il y a toujours un plâtré dans son école. Et le médecin "donnez-nous la liste d'attente pour qu'on puisse s'organiser!"
Organisés, nous le sommes devenus, en vieux routards des urgences.
On a ressorti le cartable à roulettes et le poncho, je farfouille à la recherche de vieux tee shirt dans lequel passera le bras.
Cela ne nous a pas empêché de recevoir dignement les copines de Nana pour fêter son anniversaire.
Joli tourbillon de fête, entre déguisements, réalisation de masques vénitiens, gâteaux, rires et larmes de petites filles, disputes, petits mots sur le plâtre...
On recommence l'année prochaine (sans casse, si possible)
(L'aventure de la nouille, promis dans le dernier billet, sera pour demain, si tout va bien)
Variantes: cette fois, c'est le poignet et non le coude, et ce n'est pas en tombant de cheval mais en jouant au cheval avec ses copains dans la cour de récré - on notera quand même le facteur cheval (mouarf).
Constante: elle est plâtrée de la main à l'épaule.
Nous plaisantons amplement à ce sujet depuis hier: l'année prochaine, je te mets dans une bulle pendant la semaine qui suit ton anniversaire, tout ça pour avoir les signatures de tes copains, la prochaine fois essaie de varier un peu, casse toi une jambe...
Elle avait le moral, a même expliqué au médecin que c'était son tour vu qu'il y a toujours un plâtré dans son école. Et le médecin "donnez-nous la liste d'attente pour qu'on puisse s'organiser!"
Organisés, nous le sommes devenus, en vieux routards des urgences.
On a ressorti le cartable à roulettes et le poncho, je farfouille à la recherche de vieux tee shirt dans lequel passera le bras.
Cela ne nous a pas empêché de recevoir dignement les copines de Nana pour fêter son anniversaire.
Joli tourbillon de fête, entre déguisements, réalisation de masques vénitiens, gâteaux, rires et larmes de petites filles, disputes, petits mots sur le plâtre...
On recommence l'année prochaine (sans casse, si possible)
(L'aventure de la nouille, promis dans le dernier billet, sera pour demain, si tout va bien)
Thursday, January 24, 2008
Jour de grève
Pour ceux qui l'ignorent, c'était aujourd'hui jour de grève pour les enseignants.
Pour ceux qui l'ignorent également, les jours de grève sont décomptés du salaire.
Du coup, impossible pour moi de faire grève actuellement.
Il y a une dizaine de jours, en rentrant d'une pause déjeuner, je découvre sur mon bureau des papiers à distribuer aux élèves, concernant la mise en place du service minimum dans la ville. Il s'agit d'une information, qui peut servir pour d'autres fois. Je demande donc aux élèves de les glisser dans leur cahier de correspondance.
Dans les jours qui suivent, quelques élèves me demandent si je ferai grève, j'ai même un mot à ce sujet dans le cahier de correspondance.
Ma réponse est toujours la même (non).
La même également lorsque j'arrive à attraper quelques parents à la grille pour leur signaler que je serai là jeudi.
Le papier d'information (qu'ils ont également reçu dans le boîte aux lettres, ai-je appris) les a induits en erreur.
Mais bon, que je sache, les enseignants préviennent toujours lorsqu'ils décident de faire grève.
Mes collègues me conseillent de faire un mot pour expliquer que je ne ferai pas grève mais je refuse, c'est le monde à l'envers!
Mardi, je redis aux élèves qu'ils ont école le jeudi, on note même les devoirs.
Ce matin, 6 élèves absents.
Dont les 4 terribles, comme par hasard - ça ne m'étonne pas, leurs familles étant désintéressées au possible, c'est souvent lié malheureusement.
C'est bien bête pour eux, ils ont loupé une journée formidable!
Ce matin, exposition sur l'éco-citoyenneté, avec expériences et tout et tout.
Un peu de mathématiques en rentrant, parce que bon quand même.
Cet après-midi, tentative de bouclage de maths, tentative avortée par l'arrivée inopinée de 2 élèves de la classe de la collègue malade, alors que j'en avais déjà 4 depuis le matin plus une élève de mon collègue gréviste.
Joyeux boxon.
OK, je laisse tomber.
On range les chiffres, on s'assoit par terre, et je leur lis la formidable histoire du BOA à la ferme, puis la suite, le retour du Boa.
Puis je leur distribue une feuille à chacun. Je leur demande de la colorier - sans faire de dessin, surtout- avec des crayons de couleur, jusqu'à ce qu'on ne voie plus de blanc du tout.
Puis chacun a choisi un feutre, on a fermé les yeux, et on a laissé le feutre s'amuser sur la feuille, au rythme d'un morceau de Yann Tiersen - je dis "on", parce que j'ai participé aussi... Quel plaisir de colorier sans but, de gribouiller au gré de la musique....
Après une courte récréation, nous avons visionné un documentaire sur les océans avec un chouette conférencier.
Bref, c'était vraiment LA journée à ne pas manquer! Les absents n'ont pas toujours tort, mais là, si, clairement!
Ce soir, j'ai lâchement profité de mon collègue chéri pour encadrer nos oeuvres du jour et nos arbres d'hiver réalisés la semaine dernière, puis pour les accrocher au mur.

Et puis ce soir, deux paquets nous attendaient dans la boîte aux lettres. Merci à celles qui nous aiment et qui pensent à nous ( ma toucheàtout préférée en particulier) . Ma princesse est folle de joie!
(Si tout va bien, demain, vous aurez droit à une aventure d'une nouille en série)
Pour ceux qui l'ignorent également, les jours de grève sont décomptés du salaire.
Du coup, impossible pour moi de faire grève actuellement.
Il y a une dizaine de jours, en rentrant d'une pause déjeuner, je découvre sur mon bureau des papiers à distribuer aux élèves, concernant la mise en place du service minimum dans la ville. Il s'agit d'une information, qui peut servir pour d'autres fois. Je demande donc aux élèves de les glisser dans leur cahier de correspondance.
Dans les jours qui suivent, quelques élèves me demandent si je ferai grève, j'ai même un mot à ce sujet dans le cahier de correspondance.
Ma réponse est toujours la même (non).
La même également lorsque j'arrive à attraper quelques parents à la grille pour leur signaler que je serai là jeudi.
Le papier d'information (qu'ils ont également reçu dans le boîte aux lettres, ai-je appris) les a induits en erreur.
Mais bon, que je sache, les enseignants préviennent toujours lorsqu'ils décident de faire grève.
Mes collègues me conseillent de faire un mot pour expliquer que je ne ferai pas grève mais je refuse, c'est le monde à l'envers!
Mardi, je redis aux élèves qu'ils ont école le jeudi, on note même les devoirs.
Ce matin, 6 élèves absents.
Dont les 4 terribles, comme par hasard - ça ne m'étonne pas, leurs familles étant désintéressées au possible, c'est souvent lié malheureusement.
C'est bien bête pour eux, ils ont loupé une journée formidable!
Ce matin, exposition sur l'éco-citoyenneté, avec expériences et tout et tout.
Un peu de mathématiques en rentrant, parce que bon quand même.
Cet après-midi, tentative de bouclage de maths, tentative avortée par l'arrivée inopinée de 2 élèves de la classe de la collègue malade, alors que j'en avais déjà 4 depuis le matin plus une élève de mon collègue gréviste.
Joyeux boxon.
OK, je laisse tomber.
On range les chiffres, on s'assoit par terre, et je leur lis la formidable histoire du BOA à la ferme, puis la suite, le retour du Boa.
Puis je leur distribue une feuille à chacun. Je leur demande de la colorier - sans faire de dessin, surtout- avec des crayons de couleur, jusqu'à ce qu'on ne voie plus de blanc du tout.
Puis chacun a choisi un feutre, on a fermé les yeux, et on a laissé le feutre s'amuser sur la feuille, au rythme d'un morceau de Yann Tiersen - je dis "on", parce que j'ai participé aussi... Quel plaisir de colorier sans but, de gribouiller au gré de la musique....
Après une courte récréation, nous avons visionné un documentaire sur les océans avec un chouette conférencier.
Bref, c'était vraiment LA journée à ne pas manquer! Les absents n'ont pas toujours tort, mais là, si, clairement!
Ce soir, j'ai lâchement profité de mon collègue chéri pour encadrer nos oeuvres du jour et nos arbres d'hiver réalisés la semaine dernière, puis pour les accrocher au mur.

Et puis ce soir, deux paquets nous attendaient dans la boîte aux lettres. Merci à celles qui nous aiment et qui pensent à nous ( ma toucheàtout préférée en particulier) . Ma princesse est folle de joie!
(Si tout va bien, demain, vous aurez droit à une aventure d'une nouille en série)
Wednesday, January 23, 2008
Batterie rechargeable
Lundi matin, alors que nous échangions des informations capitales sur notre week-end avec une collègue de service avec moi dans la cour, une autre collègue est venue m'offrir une tasse de café, sachant que ça me fait toujours plaisir.
Le midi, je suis allée manger avec des collègues d'une autre école, je suis revenue à temps pour la galette et le verre de cidre de l'école où je travaille en ce moment.
Je suis rentrée tôt, c'était bien, nous avons longuement lu, les enfants et moi, côte-à-côte sur le canapé.
Mardi, le téléphone a sonné à plusieurs reprises, des mamans de copines invitées par Nana pour son anniversaire qui confirmaient la présence de leurs filles, et puis mon copain du parti rouge qui m'apprenait que je serai sur la liste.
Malgré tout cela, malgré toutes ces ondes positives, vers midi, le blues m'a pris.
Il me tombe dessus fréquemment, sans crier gare, me fait pousser des larmes dans les yeux, me donne envie de ne plus me lever, plus jamais. Envie de rien, juste que tout s'arrête.
Alors, tant que j'y étais, j'ai profité d'une récré pour appeler mon avocate.
Rien avant mai.
Au mieux.
Et je ne parle que de la révision des modalités de garde.
Le reste doit être dans un dossier tombé sous le bureau du juge, c'est pas possible.
On va dire qu'au moins, j'ai une date. Un vague délai, plutôt. Pourtant, je sais que je continuerai de me précipiter le soir sur ma boîte aux lettres, au cas où... Sur mon PC pour vérifier mes emails... Mon coeur battra plus fort lorsque mon téléphone sonnera... Tout cela avec l'espoir d'une nouvelle, bonne de préférence. Quelque chose juste, une avancée... Savent-ils combien c'est dur de vivre dans cette interminable attente, ceux qui ont notre vie entre leurs mains?
Ce délai me permet quand même, durant quelques temps, de me projeter ailleurs. De laisser une petite place pour autre chose. Les municipales qui approchent, ma classe jusqu'au mois de mai...
J'aurais aimé m'allonger, fermer les yeux, écouter de la musique... Mais j'avais une classe qui m'attendait, puis mes enfants le soir. Il m'a donc fallu recharger les batteries en express. Comme souvent. Trouver en moi la ressource de continuer.
J'ai une fête d'anniversaire à organiser et des démarches urgentes urgentes pour les élections - je vous en parlerai demain, je sens que ça va vous faire rigoler...
Demain est un autre jour... Après-demain aussi... Après-après demain également.
Le midi, je suis allée manger avec des collègues d'une autre école, je suis revenue à temps pour la galette et le verre de cidre de l'école où je travaille en ce moment.
Je suis rentrée tôt, c'était bien, nous avons longuement lu, les enfants et moi, côte-à-côte sur le canapé.
Mardi, le téléphone a sonné à plusieurs reprises, des mamans de copines invitées par Nana pour son anniversaire qui confirmaient la présence de leurs filles, et puis mon copain du parti rouge qui m'apprenait que je serai sur la liste.
Malgré tout cela, malgré toutes ces ondes positives, vers midi, le blues m'a pris.
Il me tombe dessus fréquemment, sans crier gare, me fait pousser des larmes dans les yeux, me donne envie de ne plus me lever, plus jamais. Envie de rien, juste que tout s'arrête.
Alors, tant que j'y étais, j'ai profité d'une récré pour appeler mon avocate.
Rien avant mai.
Au mieux.
Et je ne parle que de la révision des modalités de garde.
Le reste doit être dans un dossier tombé sous le bureau du juge, c'est pas possible.
On va dire qu'au moins, j'ai une date. Un vague délai, plutôt. Pourtant, je sais que je continuerai de me précipiter le soir sur ma boîte aux lettres, au cas où... Sur mon PC pour vérifier mes emails... Mon coeur battra plus fort lorsque mon téléphone sonnera... Tout cela avec l'espoir d'une nouvelle, bonne de préférence. Quelque chose juste, une avancée... Savent-ils combien c'est dur de vivre dans cette interminable attente, ceux qui ont notre vie entre leurs mains?
Ce délai me permet quand même, durant quelques temps, de me projeter ailleurs. De laisser une petite place pour autre chose. Les municipales qui approchent, ma classe jusqu'au mois de mai...
J'aurais aimé m'allonger, fermer les yeux, écouter de la musique... Mais j'avais une classe qui m'attendait, puis mes enfants le soir. Il m'a donc fallu recharger les batteries en express. Comme souvent. Trouver en moi la ressource de continuer.
J'ai une fête d'anniversaire à organiser et des démarches urgentes urgentes pour les élections - je vous en parlerai demain, je sens que ça va vous faire rigoler...
Demain est un autre jour... Après-demain aussi... Après-après demain également.
Monday, January 21, 2008
Que feriez-vous si....
...vous aviez 5 ans, que vous tombiez sur un paquet cadeau, que, poussé par la curiosité, vous ouvriez ce cadeau, et que vous réalisiez qu'il ne vous était pas destiné?


Eh oui, une des options serait de vous procurer du papier collant, et de tenter de réparer les dégâts en espérant que ça passera inaperçu.
Bien essayé, non?
Saturday, January 19, 2008
120, rue de la Gare
Le 17 janvier 1999, j'ai entamé cette BD de Tardi que mon frère aîné venait de recevoir en cadeau de Noel d'une de nos tantes.
(Noel très différé, oui)
Mon frère n'était pas là, je me suis donc appropriée la BD et j'ai commencé à la lire ce soir-là.
Et puis, un événement un peu indépendant de ma volonté m'a interrompue. Je suis partie dans la nuit, en songeant que c'était bien bête, je ne pourrais pas finir de lire cette BD.
Et puis finalement, ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu. Je suis rentrée dans la matinée du 18.
J'ai fini de lire ma BD.
J'ai un peu dormi.
Un peu mangé.
Je me suis lavée.
Je suis repartie dans la nuit, parce que finalement, l'événement un peu indépendant de ma volonté a redémarré.
En fin d'après-midi, le 19 janvier1999, on a posé sur mon ventre un tout petit bout de fille, qui avait sagement attendu que sa maman achève la lecture de sa BD pour naître au monde.
En souvenir, j'ai gardé la BD.
(Noel très différé, oui)
Mon frère n'était pas là, je me suis donc appropriée la BD et j'ai commencé à la lire ce soir-là.
Et puis, un événement un peu indépendant de ma volonté m'a interrompue. Je suis partie dans la nuit, en songeant que c'était bien bête, je ne pourrais pas finir de lire cette BD.
Et puis finalement, ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu. Je suis rentrée dans la matinée du 18.
J'ai fini de lire ma BD.
J'ai un peu dormi.
Un peu mangé.
Je me suis lavée.
Je suis repartie dans la nuit, parce que finalement, l'événement un peu indépendant de ma volonté a redémarré.
En fin d'après-midi, le 19 janvier1999, on a posé sur mon ventre un tout petit bout de fille, qui avait sagement attendu que sa maman achève la lecture de sa BD pour naître au monde.
En souvenir, j'ai gardé la BD.
Thursday, January 17, 2008
Entière
Non non, vous ne rêvez pas, vous avez pu accéder à mon blog sans vous identifier.
Mon blog n'est plus privé, plus réservé à quelques personnes sûres, au contraire libre de lecture, libre comme avant.
Il n'était pas tenable (d'ailleurs, je n'ai pas réussi) de réserver ma colère, ma tristesse et mon travail de deuil pour ici, tout en faisant comme tout allait bien dans le meilleur des mondes de l'autre côté.
Non. Ma vie, c'est un tout. Je suis en particulier la mère de deux enfants qui ont été abusés physiquement et moralement, avec tout ce que ça implique.
Je suis la copine ou la collègue rigolote capable de sortir trois bêtises à la minute pour faire rire la galerie, puis, sans transition, de donner des frissons à toute l'assemblée en racontant l'horreur. Suite à une remarque, une anecdote, une interrogation. Je ne peux passer cette partie de ma vie sous silence, au quotidien comme dans l'un de mes blogs.
Je sais qu'ensuite, c'est tout ou rien. Ca fait fuir, parfois. Ca intrigue, souvent.
D'autres encore me voient telle que je suis, telle que nous sommes tous: multifaces.
Oui, mère en colère de deux enfants martyrisés, mais aussi copine ou collègue rigolote.
J'aime ce blog, commencé il y a 3 ans, où j'ai raconté mon quotidien de maman solo. Et finalement, si une personne mal intentionnée proche de mon ex tombe dessus, elle n'apprendra rien de dramatique. Quant au dossier, chaque partie prenant connaissance de toutes les pièces de celui de la partie adverse, je n'ai au final rien à cacher.
Rererererebienvenue ici.
Merci à vous tous, qui m'avez soutenus dans la tourmente, merci pour tous les petits mots déposés ici, semaine après semaine, depuis près d'un an, malgré mon silence, parfois forcé, mais pas toujours.
Je vais tenter de rapatrier ici les messages du blog Lili pour qu'enfin les deux fusionnent, mais je conserverai les deux adresses, au cas où.
Mon blog n'est plus privé, plus réservé à quelques personnes sûres, au contraire libre de lecture, libre comme avant.
Il n'était pas tenable (d'ailleurs, je n'ai pas réussi) de réserver ma colère, ma tristesse et mon travail de deuil pour ici, tout en faisant comme tout allait bien dans le meilleur des mondes de l'autre côté.
Non. Ma vie, c'est un tout. Je suis en particulier la mère de deux enfants qui ont été abusés physiquement et moralement, avec tout ce que ça implique.
Je suis la copine ou la collègue rigolote capable de sortir trois bêtises à la minute pour faire rire la galerie, puis, sans transition, de donner des frissons à toute l'assemblée en racontant l'horreur. Suite à une remarque, une anecdote, une interrogation. Je ne peux passer cette partie de ma vie sous silence, au quotidien comme dans l'un de mes blogs.
Je sais qu'ensuite, c'est tout ou rien. Ca fait fuir, parfois. Ca intrigue, souvent.
D'autres encore me voient telle que je suis, telle que nous sommes tous: multifaces.
Oui, mère en colère de deux enfants martyrisés, mais aussi copine ou collègue rigolote.
J'aime ce blog, commencé il y a 3 ans, où j'ai raconté mon quotidien de maman solo. Et finalement, si une personne mal intentionnée proche de mon ex tombe dessus, elle n'apprendra rien de dramatique. Quant au dossier, chaque partie prenant connaissance de toutes les pièces de celui de la partie adverse, je n'ai au final rien à cacher.
Rererererebienvenue ici.
Merci à vous tous, qui m'avez soutenus dans la tourmente, merci pour tous les petits mots déposés ici, semaine après semaine, depuis près d'un an, malgré mon silence, parfois forcé, mais pas toujours.
Je vais tenter de rapatrier ici les messages du blog Lili pour qu'enfin les deux fusionnent, mais je conserverai les deux adresses, au cas où.
Wednesday, January 09, 2008
10 mois, et toujours rien à l'horizon...
Cela fait 10 mois et 4 jours que les enfants ont parlé.
Lorsque la policière est venue me chercher dans la salle d'attente de la brigade des mineurs, elle ne m'a pas dit "vos enfants ont dit que", "il est possible que" ou toute autre périphrase permettant la distance...Non, elle m'a dit "voilà ce qui s'est passé".
Personne n'a jamais mis en doute ce que mes enfants ont dit, ni ce qu'ils ont vécu. Tous les professionnels (psychiatres, policiers) s'accordent là dessus.
Aussi, bien logiquement, mon ex a-t-il été mis en prison après avoir été jugé pour les faits.
Huhu, c'est une blaaaaaaaaaaaague!
Parce que non, pas du tout....
D'abord, on a dû fuir."On" m'a dit/permis de le faire, mais aucun acte écrit ne m'en a jamais donné la permission. Comme ça, au cas où, tout le monde est couvert - sauf moi. D'ailleurs, au jour d'aujourd'hui, je suis passible de prison pour non présentation d'enfant. S'il y a non lieu (ça reste un risque), vous pourrez m'apporter des oranges en prison.
Les enfants ont parlé le 5 mars, mon ex a été mis en examen le 19 juillet. Pourquoi un tel délai?
- Il fallait que le dossier soit complet
- Il fallait qu'il se promène du commissariat où la plainte a été déposée au tribunal dont ce commissariat dépend
- Puis de ce tribunal au tribunal dont dépend mon ex
- Puis de ce tribunal au commissariat dont dépend mon ex
- Et qu'enfin, les flics prennent connaissance du dossier (normal)
De plus, c'était un dossier non urgent - bin oui, les enfants sont avec moi donc ne craignent plus rien - par contre on me tombera dessus au cas où comme je l'ai dit... Je précise qu'il était apparemment impensable de réduire ce temps qui m'a semblé interminable en traitant le dossier là où l'affaire a débuté.... Rendez-vous compte, ça aurait obligé mon ex à faire 1/2h de trajet pour se rendre à la convocation! Que j'aie à faire cette 1/2h de trajet pour me rendre, moi, aux convocations des policiers et des juges qui traitent désormais le dossier là où habite mon ex ne pose aucun problème par contre.
Mais, me demanderez-vous, où ça en est, tout ça? Bin toujours en cours de traitement - j'attends d'ailleurs une nouvelle convocation, par le juge cette fois (en novembre c'était au commissariat), pour me justifier sur certains points, rentrer dans des détails très intimes... Pourquoi? Pour dresser le profil psy de mon ex - c'est d'ailleurs aussi pour ça que les flics ont fait le déplacement en bretagne pour parler à sa famille... Perte de temps, de fric, d'énergie non? Encore une fois, personne n'a de doute sur ce qui s'est passé, alors pourquoi on ne juge pas les faits, simplement les faits?
A propos des faits... L'expertise médicale n'a rien donné... bin oui, faite juste en surface près de 2 mois après les derniers faits, il n'y avait plus de traces visibles à l'extérieur. Mon médecin m'a confirmé que cette expertise ne prouvait rien, mais malheureusement on doit s'en contenter.
Donc mon ex est mis en examen non pour viol mais pour agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans et d'ascendant du descendant (c'est plus grave de violer ses propres enfants que ceux des autres )
Et là je m'insurge, quel message véhicule-t-on là? Allez-y, messieurs les violeurs en tout genre, tant que vous ne pénétrez pas, ça ira... Désolée, mais quoi qu'il se soit passé au juste (et qu'on ne saura peut-être jamais, au final), ça fait quelle différence pour mes enfants?
Dans les faits, la différence, c'est que le viol est jugé aux assises sur 2 ou 3 jours, et 3 ou 4 ans après les faits, l'agression sexuelle en correctionnelle, en quelques heures à peine, entre une affaire de vol de voiture et une autre de deal de crack, dans les 2 ans qui suivent (à peu près). Franchement, ne me demandez pas ce que je "préfère", au final. J'en sais rien. Du moment qu'un procès a lieu et que mes enfants sont déclaré victimes... Mais cette distinction entre viol et agression sexuelle me dérange (et même plus).
Et enfin, figurez vous que mon ex exerce toujours l'autorité parentale!! Rien d'automatique n'est fait en parallèle à l'instruction, je dois réclamer moi même la révision des modalités de garde et d'hébergement (oui n'allons pas trop vite, c'est trop énorme de demander directement le retrait de l'autorité parentale )
La demande a été déposée le 16 octobre. Aucune nouvelle depuis.
Ah mais oui, suis-je bête, ce n'est pas un dossier urgent, les enfants sont avec moi et ne craignent rien...
Lorsque la policière est venue me chercher dans la salle d'attente de la brigade des mineurs, elle ne m'a pas dit "vos enfants ont dit que", "il est possible que" ou toute autre périphrase permettant la distance...Non, elle m'a dit "voilà ce qui s'est passé".
Personne n'a jamais mis en doute ce que mes enfants ont dit, ni ce qu'ils ont vécu. Tous les professionnels (psychiatres, policiers) s'accordent là dessus.
Aussi, bien logiquement, mon ex a-t-il été mis en prison après avoir été jugé pour les faits.
Huhu, c'est une blaaaaaaaaaaaague!
Parce que non, pas du tout....
D'abord, on a dû fuir."On" m'a dit/permis de le faire, mais aucun acte écrit ne m'en a jamais donné la permission. Comme ça, au cas où, tout le monde est couvert - sauf moi. D'ailleurs, au jour d'aujourd'hui, je suis passible de prison pour non présentation d'enfant. S'il y a non lieu (ça reste un risque), vous pourrez m'apporter des oranges en prison.
Les enfants ont parlé le 5 mars, mon ex a été mis en examen le 19 juillet. Pourquoi un tel délai?
- Il fallait que le dossier soit complet
- Il fallait qu'il se promène du commissariat où la plainte a été déposée au tribunal dont ce commissariat dépend
- Puis de ce tribunal au tribunal dont dépend mon ex
- Puis de ce tribunal au commissariat dont dépend mon ex
- Et qu'enfin, les flics prennent connaissance du dossier (normal)
De plus, c'était un dossier non urgent - bin oui, les enfants sont avec moi donc ne craignent plus rien - par contre on me tombera dessus au cas où comme je l'ai dit... Je précise qu'il était apparemment impensable de réduire ce temps qui m'a semblé interminable en traitant le dossier là où l'affaire a débuté.... Rendez-vous compte, ça aurait obligé mon ex à faire 1/2h de trajet pour se rendre à la convocation! Que j'aie à faire cette 1/2h de trajet pour me rendre, moi, aux convocations des policiers et des juges qui traitent désormais le dossier là où habite mon ex ne pose aucun problème par contre.
Mais, me demanderez-vous, où ça en est, tout ça? Bin toujours en cours de traitement - j'attends d'ailleurs une nouvelle convocation, par le juge cette fois (en novembre c'était au commissariat), pour me justifier sur certains points, rentrer dans des détails très intimes... Pourquoi? Pour dresser le profil psy de mon ex - c'est d'ailleurs aussi pour ça que les flics ont fait le déplacement en bretagne pour parler à sa famille... Perte de temps, de fric, d'énergie non? Encore une fois, personne n'a de doute sur ce qui s'est passé, alors pourquoi on ne juge pas les faits, simplement les faits?
A propos des faits... L'expertise médicale n'a rien donné... bin oui, faite juste en surface près de 2 mois après les derniers faits, il n'y avait plus de traces visibles à l'extérieur. Mon médecin m'a confirmé que cette expertise ne prouvait rien, mais malheureusement on doit s'en contenter.
Donc mon ex est mis en examen non pour viol mais pour agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans et d'ascendant du descendant (c'est plus grave de violer ses propres enfants que ceux des autres )
Et là je m'insurge, quel message véhicule-t-on là? Allez-y, messieurs les violeurs en tout genre, tant que vous ne pénétrez pas, ça ira... Désolée, mais quoi qu'il se soit passé au juste (et qu'on ne saura peut-être jamais, au final), ça fait quelle différence pour mes enfants?
Dans les faits, la différence, c'est que le viol est jugé aux assises sur 2 ou 3 jours, et 3 ou 4 ans après les faits, l'agression sexuelle en correctionnelle, en quelques heures à peine, entre une affaire de vol de voiture et une autre de deal de crack, dans les 2 ans qui suivent (à peu près). Franchement, ne me demandez pas ce que je "préfère", au final. J'en sais rien. Du moment qu'un procès a lieu et que mes enfants sont déclaré victimes... Mais cette distinction entre viol et agression sexuelle me dérange (et même plus).
Et enfin, figurez vous que mon ex exerce toujours l'autorité parentale!! Rien d'automatique n'est fait en parallèle à l'instruction, je dois réclamer moi même la révision des modalités de garde et d'hébergement (oui n'allons pas trop vite, c'est trop énorme de demander directement le retrait de l'autorité parentale )
La demande a été déposée le 16 octobre. Aucune nouvelle depuis.
Ah mais oui, suis-je bête, ce n'est pas un dossier urgent, les enfants sont avec moi et ne craignent rien...
Wednesday, November 14, 2007
Se remplir
Depuis quelques temps, je surveille le comportement alimentaire de Nana.
Elle dévore, tout simplement.
Au début, on ne faisait pas trop attention, c'est venu progressivement, et puis un enfant qui mange, hein...
Et puis, elle se dépense, fait du sport... mais quand même...
Elle est capable de finir l'assiette de son frère après avoir fini sa deuxième ration.
De se resservir plusieurs fois... trop de fois.
Elle m'a raconté qu'elle finit les assiettes des autres à la cantine, et que désormais, les dames de la cantine viennent systématiquement lui proposer les restes.
Il est devenu évident que c'est devenu symptômatique...nouveau signe de son mal-être.
Ce midi, saucisses+ petits-pois.
Elle demande une 2ème portion de petits-pois, je lui donne. Au moment de prendre le dessert (un gâteau que j'avais fait), elle réfléchit: "je me demande si je ne vais pas prendre des pâtes d'abord" (il y en avait dans le frigo). Je lui dis qu'elle a suffisamment mangé, et elle se contente d'une part de gâteau.
Ce soir, tarte aux poireaux. Elle mange 2 parts, me dit que ça suffit, je lui demande ce qu'elle veut ensuite, elle demande si c'est encore du chaud ou du froid? Je lui explique que c'est le dessert, on a déjà eu le plat chaud... Et j'aborde enfin le sujet.
Elle ne doit pas se resservir plusieurs fois au cours du même repas, pour le moment, elle n'a pas de problème de poids, mais si elle continue comme ça, ça pourrait venir et c'est dommage.
Dans le courant de la discussion, elle m'explique:
- qu'elle a plaisir à manger tout ça
- qu'elle a l'impression d'avoir encore faim
- et pire, qu'elle se dépêche de manger pour pouvoir se resservir!
Je lui ai parlé des mécanismes de la faim et de la satiété, du fait d'écouter son corps comme elle le faisait naturellement jusqu'ici, et que le plaisir vient de l'aliment et de la convivialité, non du fait d'en manger tant qu'il y en a.
J'ai eu le sentiment qu'un bout d'enfance s'en allait encore... un bout d'insouciance... Parce que maintenant, elle va faire attention, chercher à se contrôler, se poser mille questions... et risque de traquer la moindre rondeur, le moindre défaut... Et ça aussi ça pourrait devenir symptômatique.
Tout cela n'est pas une réelle surprise, ce sont les choses habituelles que traversent les enfants abusés... Qu'ils doivent surmonter tant bien que mal.
A côté de ça, quand même, il y a eu du positif.
Je crois lui avoir arraché un bon bout de culpabilité ces derniers jours, en lui expliquant que j'avais entamé des démarches de mon côté avant ce fameux jour à la brigade des mineurs, parce que je savais que ça n'allait pas, et qu'on aurait fini par savoir ce qui se passait de toute façon.
Je la sens mieux, plus légère... Nous verrons dans les jours qui arrivent.
Comme il est long, le chemin...
Elle dévore, tout simplement.
Au début, on ne faisait pas trop attention, c'est venu progressivement, et puis un enfant qui mange, hein...
Et puis, elle se dépense, fait du sport... mais quand même...
Elle est capable de finir l'assiette de son frère après avoir fini sa deuxième ration.
De se resservir plusieurs fois... trop de fois.
Elle m'a raconté qu'elle finit les assiettes des autres à la cantine, et que désormais, les dames de la cantine viennent systématiquement lui proposer les restes.
Il est devenu évident que c'est devenu symptômatique...nouveau signe de son mal-être.
Ce midi, saucisses+ petits-pois.
Elle demande une 2ème portion de petits-pois, je lui donne. Au moment de prendre le dessert (un gâteau que j'avais fait), elle réfléchit: "je me demande si je ne vais pas prendre des pâtes d'abord" (il y en avait dans le frigo). Je lui dis qu'elle a suffisamment mangé, et elle se contente d'une part de gâteau.
Ce soir, tarte aux poireaux. Elle mange 2 parts, me dit que ça suffit, je lui demande ce qu'elle veut ensuite, elle demande si c'est encore du chaud ou du froid? Je lui explique que c'est le dessert, on a déjà eu le plat chaud... Et j'aborde enfin le sujet.
Elle ne doit pas se resservir plusieurs fois au cours du même repas, pour le moment, elle n'a pas de problème de poids, mais si elle continue comme ça, ça pourrait venir et c'est dommage.
Dans le courant de la discussion, elle m'explique:
- qu'elle a plaisir à manger tout ça
- qu'elle a l'impression d'avoir encore faim
- et pire, qu'elle se dépêche de manger pour pouvoir se resservir!
Je lui ai parlé des mécanismes de la faim et de la satiété, du fait d'écouter son corps comme elle le faisait naturellement jusqu'ici, et que le plaisir vient de l'aliment et de la convivialité, non du fait d'en manger tant qu'il y en a.
J'ai eu le sentiment qu'un bout d'enfance s'en allait encore... un bout d'insouciance... Parce que maintenant, elle va faire attention, chercher à se contrôler, se poser mille questions... et risque de traquer la moindre rondeur, le moindre défaut... Et ça aussi ça pourrait devenir symptômatique.
Tout cela n'est pas une réelle surprise, ce sont les choses habituelles que traversent les enfants abusés... Qu'ils doivent surmonter tant bien que mal.
A côté de ça, quand même, il y a eu du positif.
Je crois lui avoir arraché un bon bout de culpabilité ces derniers jours, en lui expliquant que j'avais entamé des démarches de mon côté avant ce fameux jour à la brigade des mineurs, parce que je savais que ça n'allait pas, et qu'on aurait fini par savoir ce qui se passait de toute façon.
Je la sens mieux, plus légère... Nous verrons dans les jours qui arrivent.
Comme il est long, le chemin...
Sunday, November 11, 2007
Sa dernière journée
Le 12 novembre 2006, elle a vécu sa dernière journée. Je ne sais pas ce qu'elle a fait ce jour-là.
Elle a été tuée dans la nuit. Au petit matin du 13 novembre.
Ce qui rend les choses difficiles pour moi, c'est que je suis seule dans mon coin pour vivre ça. Personne dans mon entourage ne l'a connue. Personne n'imagine quelle douleur est la mienne, ni combien je ressens cruellement son absence.
Ton absence....
Je me souviens d'un soir de 2002, quelque part entre fin avril et début mai. Nous nous étions retrouvés dans un restaurant parisien, toi, moi, nos maris, leur mère, leur soeur, des amis de leur mère.
Un restaurant mexicain où manger n'était pas ce qui comptait le plus. Vous avez bu, dansé. Pas moi. Moi, je caressais mon ventre, et je vous regardais.
La soirée était avancée, tout le monde est rentré, sauf nous. Nos maris, toi, moi. Tu étais agréablement ivre. Heureuse. Nous discutions avec d'autres noctambules qui s'étaient attardés au restaurant. En fait, non, nous étions déjà dehors à ce moment-là. Je ne sais pas pourquoi, tu as parlé de celui que j'attendais.
"Nous allons lui faire une belle vie", as-tu lancé.
Cette phrase ne m'a pas quittée, sans doute en souvenir de cette soirée unique, pleine de bonheur et d'insouciance. Et aussi parce que c'est l'un des oracles les plus loupés du monde. Si tu savais...
Si tu savais, qu'on n'a pas fait une belle vie à mon fils. Ni à ma fille, ni à la tienne.
Si tu savais, que moi je suis toujours là. Et que je suis seule, seule pour toujours, avec cette douleur qui ne finira jamais, parce que ta mort est injuste, cruelle, absurde, parce que je n'ai pas pu te dire adieu, parce que je n'ai pas pu dire que je t'aimais, toutes ces années à nous fréquenter et jamais je ne te l'ai dit, et pourtant, si tu savais l'importance que tu as eu dans ma vie, si tu savais combien ton absence m'empêche d'être heureuse, même si je proclame sans cesse le contraire, si tu savais combien je regrette, toutes ces années gâchées, toutes ces horreurs que l'on s'est dites, si tu savais combien je souhaite me réveiller de ce cauchemar, te serrer dans mes bras et te le dire, que je t'aime et que tu ne dois pas partir.
Mais tu n'es pas là, tu ne seras plus jamais là, et je ne suis pas d'accord avec ça. Un an que je lutte contre cette idée. Je ne veux pas qu'on arrive au jour anniversaire de ta dernière journée. Je ne veux pas accepter de me réveiller au matin du 13 sans toi... Irrémédiablement...
Pourtant je sais que c'est puéril, je sais que je vais continuer de vivre, je sais que j'aurai à affronter, seule, notre belle-famille, ceux qui nous ont détruits, nos enfants et nous. Je sais que je n'ai pas le choix et que je dois continuer, même si c'est sans toi.... sans toi, pour toujours.
Elle a été tuée dans la nuit. Au petit matin du 13 novembre.
Ce qui rend les choses difficiles pour moi, c'est que je suis seule dans mon coin pour vivre ça. Personne dans mon entourage ne l'a connue. Personne n'imagine quelle douleur est la mienne, ni combien je ressens cruellement son absence.
Ton absence....
Je me souviens d'un soir de 2002, quelque part entre fin avril et début mai. Nous nous étions retrouvés dans un restaurant parisien, toi, moi, nos maris, leur mère, leur soeur, des amis de leur mère.
Un restaurant mexicain où manger n'était pas ce qui comptait le plus. Vous avez bu, dansé. Pas moi. Moi, je caressais mon ventre, et je vous regardais.
La soirée était avancée, tout le monde est rentré, sauf nous. Nos maris, toi, moi. Tu étais agréablement ivre. Heureuse. Nous discutions avec d'autres noctambules qui s'étaient attardés au restaurant. En fait, non, nous étions déjà dehors à ce moment-là. Je ne sais pas pourquoi, tu as parlé de celui que j'attendais.
"Nous allons lui faire une belle vie", as-tu lancé.
Cette phrase ne m'a pas quittée, sans doute en souvenir de cette soirée unique, pleine de bonheur et d'insouciance. Et aussi parce que c'est l'un des oracles les plus loupés du monde. Si tu savais...
Si tu savais, qu'on n'a pas fait une belle vie à mon fils. Ni à ma fille, ni à la tienne.
Si tu savais, que moi je suis toujours là. Et que je suis seule, seule pour toujours, avec cette douleur qui ne finira jamais, parce que ta mort est injuste, cruelle, absurde, parce que je n'ai pas pu te dire adieu, parce que je n'ai pas pu dire que je t'aimais, toutes ces années à nous fréquenter et jamais je ne te l'ai dit, et pourtant, si tu savais l'importance que tu as eu dans ma vie, si tu savais combien ton absence m'empêche d'être heureuse, même si je proclame sans cesse le contraire, si tu savais combien je regrette, toutes ces années gâchées, toutes ces horreurs que l'on s'est dites, si tu savais combien je souhaite me réveiller de ce cauchemar, te serrer dans mes bras et te le dire, que je t'aime et que tu ne dois pas partir.
Mais tu n'es pas là, tu ne seras plus jamais là, et je ne suis pas d'accord avec ça. Un an que je lutte contre cette idée. Je ne veux pas qu'on arrive au jour anniversaire de ta dernière journée. Je ne veux pas accepter de me réveiller au matin du 13 sans toi... Irrémédiablement...
Pourtant je sais que c'est puéril, je sais que je vais continuer de vivre, je sais que j'aurai à affronter, seule, notre belle-famille, ceux qui nous ont détruits, nos enfants et nous. Je sais que je n'ai pas le choix et que je dois continuer, même si c'est sans toi.... sans toi, pour toujours.
Tuesday, October 09, 2007
Fantôme
Elle erre dans ma tête depuis près d'un an.
Je me vois courir, courir inlassablement vers elle, pour tenter de la rejoindre, pour tenter de la sauver... Avant, j'arrivais à lui prendre la main, à l'emmener avec moi, en courant, l'espace de quelques secondes, à la sauver de la mort... Quelques secondes illusoires de rêve éveillé qui ne changeait rien à la réalité.
En août, après avoir reçu les photos de sa tombe, je me suis vue courir, simplement courir, seule, vers l'avant, la laissant derrière moi. J'avais admis que c'était fini, que je ne pouvais plus rien faire pour elle. Ca n'a duré que quelques jours.
Depuis, je cours à nouveau vers elle mais je n'arrive jamais à la rejoindre, jamais à la toucher. Je cours seule. Vers elle, que je ne parviens pas à approcher.
Je cours, à nouveau, interminablement, comme dans un long cauchemar hors du sommeil, vers celle qui m'attend mais qui n'est pas là. Vers celle dont l'absence est chaque jour une nouvelle déchirure. Vers celle qui n'aurait pas dû mourir, pas si tôt, pas comme ça.
Elle aurait eu 34 ans ce mercredi 10 octobre.
Je me vois courir, courir inlassablement vers elle, pour tenter de la rejoindre, pour tenter de la sauver... Avant, j'arrivais à lui prendre la main, à l'emmener avec moi, en courant, l'espace de quelques secondes, à la sauver de la mort... Quelques secondes illusoires de rêve éveillé qui ne changeait rien à la réalité.
En août, après avoir reçu les photos de sa tombe, je me suis vue courir, simplement courir, seule, vers l'avant, la laissant derrière moi. J'avais admis que c'était fini, que je ne pouvais plus rien faire pour elle. Ca n'a duré que quelques jours.
Depuis, je cours à nouveau vers elle mais je n'arrive jamais à la rejoindre, jamais à la toucher. Je cours seule. Vers elle, que je ne parviens pas à approcher.
Je cours, à nouveau, interminablement, comme dans un long cauchemar hors du sommeil, vers celle qui m'attend mais qui n'est pas là. Vers celle dont l'absence est chaque jour une nouvelle déchirure. Vers celle qui n'aurait pas dû mourir, pas si tôt, pas comme ça.
Elle aurait eu 34 ans ce mercredi 10 octobre.
Saturday, October 06, 2007
Pas de mot
La vérité, c'est qu'il n'y a pas de mots, pour parler de nous. Il n'y a pas de mots, pour décrire ce dans quoi nous sombrons, jour après jour.
Pas de mot pour réconforter mes enfants lorsqu'ils pleurent, parce qu'ils sont tristes et seuls, pas de mot pour leur dire que la vie vaut quand même le coup.
Pas de mot pour vous dire la cruauté de notre situation, ces mille choses qui nous ramènent à notre détresse, jour après jour.
Pas de mot pour surmonter l'enfance brisée, pas de mot pour surmonter la mort.
J'aimerais m'asseoir et ne plus sentir, m'asseoir et regarder passer le monde et les gens, m'asseoir et ne plus bouger.
M'asseoir et pleurer, peut-être, pleurer toutes ces larmes qui m'étouffent ce soir, mêlées à celles de mes enfants.
Pleurer leur tristesse et crier leur colère, parce que je n'en peux plus d'être le receptacle de tout chagrin, de toute leur douleur, de toute leur rage, en plus de mon chagrin, de ma douleur et de ma rage.
Pas de mot... Plus de mot... J'avais espéré mais je n'ai plus rien à écrire de joli, tout nous ramène à ce mur de silence.
Pas de mot pour réconforter mes enfants lorsqu'ils pleurent, parce qu'ils sont tristes et seuls, pas de mot pour leur dire que la vie vaut quand même le coup.
Pas de mot pour vous dire la cruauté de notre situation, ces mille choses qui nous ramènent à notre détresse, jour après jour.
Pas de mot pour surmonter l'enfance brisée, pas de mot pour surmonter la mort.
J'aimerais m'asseoir et ne plus sentir, m'asseoir et regarder passer le monde et les gens, m'asseoir et ne plus bouger.
M'asseoir et pleurer, peut-être, pleurer toutes ces larmes qui m'étouffent ce soir, mêlées à celles de mes enfants.
Pleurer leur tristesse et crier leur colère, parce que je n'en peux plus d'être le receptacle de tout chagrin, de toute leur douleur, de toute leur rage, en plus de mon chagrin, de ma douleur et de ma rage.
Pas de mot... Plus de mot... J'avais espéré mais je n'ai plus rien à écrire de joli, tout nous ramène à ce mur de silence.
Subscribe to:
Posts (Atom)
