Sunday, July 22, 2007

Pourtant...

Il ne faut pas croire que nous soyons abonnés à la déprime. Nous vivons de jolies choses, vraiment. D’un autre côté, plus rien ne sera comme avant. Bien des choses ont évolué. Mes enfants ne sont pas tout à fait comme les autres désormais, et notre vie ne nous appartient plus tout à fait. Et pourtant…

Le lendemain de l’annonce de la mise en examen – chose dont j’ai parlé aux enfants, je leur explique tout, surtout ça, qu’on les a enfin écoutés et crus – Tom-Tom a fait un dessin incroyable… D’habitude, il fait des gribouillages ou des formes géométriques, et des bonshommes sans tronc. Cette fois, il a dessiné un arbre avec les couleurs académiques –marron, vert- un soleil, de l’herbe, des fleurs, avec un sens du détail auquel je ne m’attendais pas. Le lendemain de l’annonce… Quelque chose qui s’est débloqué. Nana a abandonné à son petit frère l’horreur rose de la Star’ac offert par son père il y a 3 ans – un truc qui ne fonctionne plus depuis des lustres mais auquel elle s’accrochait… Elle ne s’accroche plus… Elle ne s’y accroche plus, à ce père, me réclamant même un autre père, « un vrai », à la rigueur un beau-père. Elle se « trompe » parfois, donnant mon nom de famille à la place du sien, celui hérité de son père…
Ils m’ont couverte de cadeaux pour la fête des mères, passant des heures sur d’innombrables petits bricolages. Ils me refont la même chose pour mon anniversaire qui approche. Tom-Tom m’avait très naturellement offert son cadeau de fête des pères fabriqué à l’école, alors qu’il espérait encore revoir son géniteur à ce moment-là.
Bref, ils sont dans une phase d’acceptation… Ils tiennent invraisemblablement le coup, depuis le début. Rassurés, soulagés d’être sorti du cauchemar sans doute.
Moi aussi, je tiens le coup. En gros. Soulagée aussi, sans doute, ôtée moi aussi d’un poids qui nous empêchait d’être, d’être pleinement. Je fais mille choses, mille choses absolument inessentielles, surtout depuis que je suis en vacances : je lis, je brode, je couds des doudous improbables auxquels les enfants s’attachent, je cuisine, surtout des gâteaux et puis des confitures aussi. On joue. On lit. On bricole, beaucoup. On a découvert un super coin pour faire du vélo. Nana a gagné un stage sportif à un concours. Mais elle souffre peut-être d’épilepsie – d’où sa chute de poney en janvier… Peut-être qu’elle devra renoncer à l’équitation. Mais elle s’est découverte une passion pour le théâtre depuis qu’elle a joué dans la pièce de la classe – elle a fini l’année scolaire avec moi – et est très forte en flûte traversière. Elle lit, écrit sans cesse, tout plein de petits mots… Tom-Tom grandit et mûrit malgré lui, fait des puzzles, adore les jeux de construction, compte tout ce qui lui tombe sous la main – des canetons du fleuve aux grains de riz qui restent dans on assiette – et dévore les livres. Il adore les danseuses classiques, veut faire du cirque et du violon et le la guitare et de la batterie.

C’est un peu en vrac tout ça… C’est juste pour dire que rien n’est pareil qu’avant mais que le principal reste : ils grandissent harmonieusement, ils sont heureux. Nous sommes heureux, à peu près, malgré l’inquiétude, voire la peur, toujours…

5 comments:

petitemaman said...

La vie continue malgré tout et c'est la preuve que les enfants ont une extraordinaire capacité de rebondir et recommencer à vivre dès lors qu'ils sont bien entourés et c'est le cas des vôtres. Je pense à vous.

Anonymous said...

De loin, si loin, sans vous connaître, je pense à vous.
Je vous souhaite tout le bonheur possible, pour vous et vos enfants, il n'est que temps.
Catherine

bricol-girl said...

un peu de soleil au bout du chemin tortueux...

Soeur Anne said...

Sans aucun doute, soulagés d'être sortis du cauchemar...même s'il n'est pas encore fini.

Ta façon d'évoquer ton fils a beaucoup changé, tu sais...

Bon courage et gros bisous à vous 3

DesCrisEnLigne said...

C'est bon de te relire, comme un brin de soleil qui ne craint pas de se faufiler derrière le vilain ciel gris
t'as parcouru un chemin incroyable et je me demande souvent comment tu réussis à écrire ce que tu écris en ayant vécu ce que tu as vécu
décidemment je t'admire, bisous à vous trois