Wednesday, June 10, 2009

Y'a un truc

J'enseigne jusqu'à la fin de l'année dans une classe de grande section. Des enfants de 5-6 ans, qui apprendront à lire et écrire à partir de la prochaine rentrée.
Un petit village replié sur lui-même, milieu social, intellectuel, culturel équivalent à celui que j'ai l'habitude de côtoyer dans les ZEP où j'enseigne habituellement.

Pourtant, ces jeunes élèves savent déjà tous écrire en cursive, de manière lisible (pas encore forcément"joli"), tous sans exception! Et sont tout fier de dégainer leurs stylos à plume offerts par leur enseignante. Pour une fin d'année de grande section, l'exploit mérite d'être souligné.

Mais, me demanderez-vous, comment est-ce donc possible? Comment un enseignant peut-il conduire tous ses élèves à écrire correctement en cursive en fin d'année de GS?

La réponse tient en 3 mots: ils sont 17. (Et je vous rassure, ils ont fait autre chose dans l'année que passer leur temps à écrire ;-) )

Eh oui, ça serait ça "le truc" pour lutter contre les difficultés scolaires - sinon contre l'échec scolaire. Des effectifs réduits. La possibilité pour les enseignants de se pencher réellement et efficacement sur chaque élève en difficulté et de l'aider correctement.

Mais je suis bête... Notre ministre de l'Educ Nat a déjà trouvé le remède miracle pour remédier à l'échec scolaire: les 2 heures de soutien par semaine généreusement octroyés aux élèves en difficulté. C'est vrai, ça a tout changé.

Et puis qui dit effectifs réduits dans les classes dit plus de profs en activité (et donc rémunérés), et on nous l'a dit et répété, notre pays n'a pas le moyen de financer ainsi ce qui est l'un des piliers d'une société.

C'est vrai quoi, c'est pas comme si on était l'un des pays les plus riches du monde quand même!

7 comments:

FD said...

"c'est pas comme si on était l'un des pays les plus riches du monde quand même!" Nan mais c'est pas non plus parcequ'on vient de se ramasser au "grand oral" devant la Commission des Droits de l'Enfant à Genève !

Sosso said...

Ah j'en rêve!

Les hasards de la carte scolaire font que cette année nous avons eu une grosse baisse d'effectifs, et bien crois moi de passer de 27 à 23 c'était déjà fort appréciable!

Mandrillus Sphinkx said...

ah !le bon vieux temps, celui d'avant les ZEP et leurs astreintes d'effectifs, époque bénie où nous pouvions avoir jusqu'à 41 camarades de classe, baignés d'une ambiance chaleureuse et festive dans les écoles de Seine-Saint-Denis (Aubervilliers pour être précis)...
Vous ne savez pas ce que vous perdez !
Mais rassurez-vous, "certain" pense à vous le faire connaitre...
Il l'a bien dit, après l'explosion des banlieues, "les zep c'est un échec" (ben oui, ça pouvait pas être la faute de son gouvernement où de son action).

Alors savourez !

Eddye said...

Si tu savais comme je suis d'accord avec toi !!!
Ce que tu vois au primaire, je le vois tous les jours au lycée... la différence flagrante entre un classe de 19-20 élèves et une classe à 25 élève est impressionnante !

Ppn said...

Ce que tu dis est vrai à tous les âges. Je suis intervenue pour des bac + 4 à 39 par classe (!). Huit heures d'affilée. J'en ressortais avec un affreux mal de crâne, plus de voix et plus grave, l'impression que bien que professionnelle, je n'avais pas du tout intéressé mes étudiants (à 4500 euros/an l'école).
Cette année, miracle, nouvelle filière, une classe de 15 élèves : que du bonheur pour eux et moi !

Bismarck said...

Non sans rire, les effectifs réduits, ça marche?
Dire que les ministères successifs s'évertuent à sortir des enquêtes pour prouver le contraire...
(C'est un truc que je vis au quotidien, toutes les collègues m'envient mes classes de langue à moins de 20.)

mummy active said...

(Pas du tout dans l'éducation nationale)(mais maman de deux petites filles)

J'aurais pas cru que cela pouvait faire une si grande différence... Zut nous à Paris, le directeur vient d'annoncer 27 élèves pour la petite et grande section! Le pire c'est quand de le privé c'est pas mieux. A moins de déménager je vois pas de solution!