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Tuesday, October 28, 2008

Apprivoiser l'absence....

Nous avons suivi le sentier, puis nous nous sommes enfoncés dans les bois.
L'arbre de loin nous a comme appelés. Un chêne. Bagheera serait bien, là.
Nous avons creusé. Nous lui avons dit au revoir, une dernière fois. Nous l'avons déposé dans le trou, nous avons recouvert de terre, nous avons remis des feuilles et des cailloux.

Et alors, j'ai compris.
Ce que les deux vétérinaires vus à une journée d'intervalle avaient tenté de me dire à mi-mots. Il n'y avait rien à faire. Au mieux, si on avait su avant, on aurait prolongé sa vie, un peu, mais au prix de quelles douleurs pour lui?
Dimanche soir, il était allongé près de sa maitresse, qui le caressait. Son compagnon est venu le lécher, longuement. Dernières images qu'il a emportées, car je suppose qu'ensuite, ce sont des convulsions qu'il a eues, et qu'alors il devait être plongé dans une sorte d'inconscience.
Qu'il ait été conscient ou non les 2 dernières heures, je suis sûre qu'il était bien, dans mes bras.
Je l'ai accompagné jusqu'au bout. Jusqu'à son dernier souffle de vie, jusqu'au seuil de la mort.
Jusqu'à ce chêne.
Et j'ai eu le sentiment, alors, de m'être, en même temps, rachetée envers Jerry, ce chat mort tout seul dans sa cage d'hospitalisation, après une lourde opération.

Aux heures cauchemardesques que j'ai vécues lors de son agonie puis de l'évidence, de la réalité de sa mort, a alors succédé un apaisement.

Maintenant, c'est au tour de Nana.
Elle l'a tenu dans les bras des heures durant, toute la matinée, jusqu'à ce qu'on le dépose dans son cercueil au moment de partir l'enterrer.
Elle est revenue les bras vides.
L'absence est désormais physique. La porte visible, palpable.
Hier soir, pour la première fois, il n'est pas venu se lover contre elle en ronronnant pour lui souhaiter bonne nuit. Et ce matin, pour la deuxième fois, elle s'est réveillée sans lui. Et ça sera toujours comme ça, désormais...

Monday, October 27, 2008

Jusqu'au bout....

Jusqu'au bout... je serai jusqu'au bout avec lui...je lui dois bien ça... pour ne pas l'avoir soigné à temps...
j'aurais dû... j'aurais dû... vivre avec ça après....
si.... je n'avais pas des frais d'avocat et des notes de psy exorbitants à payer, si je n'étais pas sans cesse prise à la gorge financièrement.... si je n'avais pas été aussi fière, si j'avais demandé l'aide de ma famille....on aurait pu le sauver.. peut-être...

voilà, c'est dit, je fais face à une culpabilité sans bornes, et je suis en colère contre celui qui par ricochets continue de faire du mal à mes enfants
on aurait pu sauver ce chat...

au lieu de ça, il est en train de mourir sur mes genoux... je m'attends d'une minute à l'autre à ne plus sentir sa respiration... je me demande comment je réagirai à ce moment là
je me demande comment les enfants vont vivre avec ça
comme cette nuit est longue... interminable....
j'ose encore croire qu'il respirera toujours dans quelques heures et qu'on pourra le sauver...

edit: il vient de mourir... à 3h30....
Je pleure sans arrêt depuis... Je lui ai demandé pardon...de ne pas l'avoir sauvé
Ce soir, la vétérinaire chez qui je l'ai amené d'urgence m'a parlé d'hospitalisation... j'ai refusé... Je ne voulais pas qu'il meure seul, comme Jerry il y a 5 ans.
Je l'ai accompagné jusqu'au bout. Il est parti contre moi, dans l'amour et la sérénité, aussi dur que ça ait été pour moi.
Je laisse ces heures de sommeil aux enfants, je n'ai pas la force de me coucher
Tout à l'heure, nous irons l'enterrer. Dans la forêt. Au milieu des arbres, de nos pères à tous. C'est ce que j'ai imaginé de mieux pour lui, et pour les enfants.

Et après... Après... Je devrai aider mes enfants à tenir debout. Ma fille surtout. Cette nuit, une partie d'elle est morte avec ce chat.


Saturday, October 25, 2008

Non!!!

C'est un cri, juste un cri, un cri de colère, de tristesse et d'impuissance mêlés...

Il s'appelait Jerry, c'était le fidèle compagnon à poils -longs- de mes enfants.
Contrairement à leur père, il ne les avait pas abandonné, lui.
Il était un être essentiel dans la vie de ma fille. Une crème de chat.
Il est mort dans d'atroces souffrances, tout seul dans une cage de l'hôpital vétérinaire, une nuit de novembre, il y a 5 ans.

Ma fille, alors âgée de 4 ans 1/2, ne s'en est jamais remise. Elle en parle encore en pleurant.
Et moi, je traîne une culpabilité latente - il était malade, je n'avais pas assez d'argent pour l'emmener aux urgences du dimanche, après les vétérinaires ne se sont pas affolés, tout ça mis bout à bout, c'était trop tard.

Au printemps 2004, nous avons adopté un nouveau chat - c'est la seule façon que j'aie trouvé pour qu'elle comprenne que non, Jerry ne reviendrait jamais... Ca a marché. Le nouveau venu s'appelait - et s'appelle toujours -Gratouille.
Dans les mois qui ont suivi, mes parents ont trouvé un chat noir, que ma fille a illico baptisé Bagheera... Bien forcée de l'adopter aussi, après ça.
Plus tard encore, nous avons récupéré le chat de mon ex, nous l'avons appelé Savane.

Bagheera est devenu fou de ma fille. Ca a commencé comme ça, oui. Il dormait sur son lit, contre elle, la cherchait particulièrement. Bien entendu, c'est vite devenu réciproque.
Princesse m'en parle souvent. "Une belle amitié", "lui et moi on se comprend"....

Bagheera a beaucoup maigri récemment. Le vétérinaire vu il y a 3 semaines n'avait pas l'air plus inquiet que ça. Et moi, entre les problèmes d'argent et les inquiétudes judiciaires, bin....
Et puis en cette fin d'après-midi, je l'ai emmené chez le vétérinaire, à nouveau, parce qu'il avait encore maigri.
Dans la salle d'attente, pour la première fois, j'ai remarqué ses oreilles jaunes...
C'est la première chose que la vétérinaire a constaté.

Jaunisse. Foie malade. On ignore encore si c'est curable. On fait des analyses lundi, on saura alors...

Et moi, je ne veux pas croire, pas envisager, non, pas accepter l'idée que ma fille ait encore ça à subir dans son enfance déjà pleine de bleus.
Je ne suis pas croyante, je ne peux qu'en vouloir à la vie.
Si vous croyez en quoi que ce soit, les forces de vie quelque part dans l'univers, c'est le moment d'envoyer vos onde positives -et je sais aussi que ce n'est qu'une manière de parler, juste de la superstition, que le sort est déjà jeté de toutes façons.

J'imagine combien la mort d'un chat peut paraître dérisoire pour certains d'entre vous, mais tout le monde peut comprendre ce que ça représente pour ma fille déjà fort amochée par la vie.
Que la vie ne permette pas que ma fille achève son enfance sur cette note-là.