Friday, May 29, 2009

L'affaire du zizi poilu

J'ai repris le boulot lundi, après une dizaine de jours d'arrêt suite à des douleurs musculaires.

La petite école d'un petit village où j'avais déjà enseigné
Cette fois, je remplace jusqu'à la fin de l'année une enseignante de grande section (enfants de 5-6 ans), partie en congé maternité.

Dès lundi, le ton a été donné: des parents ont raconté à la dame de la garderie que le mercredi matin précédent (les élèves du coin ont eu cours mercredi et non vendredi la semaine dernière, pont oblige), un jeune homme avait montré son zizi poilu à leurs enfants (qui sont tous de ma classe), à travers la grille de la cour, pendant la récréation.
La dame de la garderie a rapporté les propos à ma collègue de la classe à côté (qui n'était pas là le mercredi), celle-ci a interrogé les enfants qui avaient paraît-il vu le zizi poilu, les réponses étaient évasives, ils n'étaient plus très sûr (l'un parlait du "bras poilu"), sauf un, une autre a expliqué que le jeune homme en question était son cousin.

A midi, la directrice appelle chez le cousin en question, la mère tombe des nues, vous imaginez.... Mais finalement, ce n'est pas possible que ce soit lui, le mercredi matin, il était au collège! Mais dans les petits villages, les commérages vont bon train, et l'adage "il n'y a pas de fumée sans feu" aidant, le pauvre gosse doit en entendre de sacrés depuis...

Cependant, il y aurait bien quelqu'un qui aurait montré son zizi poilu aux enfants, à travers la grille.
Les enseignants de service reconnaissent qu'il y avait de jeunes garçons qui parlaient aux petits de maternelle à travers la grille... dans un village où tout le monde se connaît, pourquoi empêcher les enfants de parler à leurs cousins/voisins etc...
On ne peut empêcher les gens de marcher dans la rue aux abords des écoles!
Bien sûr, le défaut de surveillance est montré du doigt... Mais le geste du jeune homme qui aurait baissé son slip pour montrer son zizi poilu aux enfants, s'il a eu lieu, a pu/dû être rapide, les enseignants ne peuvent avoir les yeux dans tous les coins de la cour en permanence...

Cependant, aucun enfant n'a crié son dégoût (pourtant à cet âge, ça aurait été compréhensible!), aucun n'est venu se plaindre (pourtant ils n'arrêtent pas habituellement, et pour des broutilles...)

Donc, depuis le début, nous doutons fortement de la véracité de l'histoire....
Et puis finalement, tous les enfants se sont rétractés, en fait le jeune homme (on ne sait toujours pas qui c'est) se serait juste gratté entre les jambes.
Du coup hier, la directrice a remonté les bretelles des enfants, fermement. Et a convoqué les parents pour demain samedi, en faisant passer une lettre.

Énervement des parents!
Comment a-t-on pu gronder leurs chérubins! Jolie façon de retourner l'histoire.... J'ignore d'ailleurs combien d'entre eux continuent de croire la version de leurs enfants.

Tout ceci m'amène à deux réflexions:

- il faudrait que les parents arrêtent de prendre pour parole d'évangile tout ce qui sort de la bouche de leur progéniture!
Quel est celui d'entre nous qui n'a jamais menti, enfant!
Tous les enfants mentent, pour cacher leurs bêtises, pour avoir la paix, parce qu'ils oublient tout ou partie d'un événement, parce que c'est rigolo (moi j'aurais été de celles qui auraient répété qu'elle avait vu un zizi poilu, c'est rigolo, "un zizi poilu"!), pour se rendre intéressant (j'en aurais même rajouté une louche); les enfants travestissent la vérité aussi, brodent, pas forcément consciemment, mais parce que le monde tourne autour de leur petite personne; ils ne voient que leur vision de l'histoire, une vision très subjective.... Allez expliquer tout ça aux parents! "Mon enfant ne ment pas", combien de fois ai-je entendu cette phrase!

- C'est avec ce genre d'affaire que la suspicion est jetée sur les dires des enfants qui eux, ont vraiment vu ou subi des choses... parce que là, inversement, on va dire que "les enfants mentent" (je l'ai entendu à propos des miens... ), c'est tellement plus pratique. D'ailleurs, on se demande ce qui a amené l'un des enfants à parler en premier du zizi poilu...

6 comments:

dany said...

Quand un seul enfant se plaint on l'écoute et on l'entends, mais quand c'est une classe entière...Je doute que les enfants étaient tous devant la grille et que certains ne jouaient pas au fond de la cour...C'est l propre des groupes de propager une rumeur! Et puis il était poilu comment ce zizi????

Ppn said...

Ton analyse de la situation est bien vue. Bien sûr que les enfants mentent (nous mentons tous, grands et petits). La réaction de ta directrice est à la fois surprenante et courageuse. Expliquer à des enfants que colporter des ragots peut avoir de graves conséquences pour les autres (le collégien...) est sûrement salutaire.

Valérie de Haute Savoie said...

Moi j'en vois tous les jours des zizis poilus et je vais pas pleurer partout moi !

Et moi aussi j'aime bien cette réaction de la directrice. Un enfant ment, jamais vraiment méchamment, juste parce que le domaine du rêve est encore très mêlé à celui du réel. en plus ils sont loin d'être idiots et cela doit être rigolo de lancer une rumeur que l'on pense sans conséquence et d'en voir l'effet. Ensuite, c'est difficile de revenir en arrière, la peur de la sanction étant alors très forte non ?

Bismarck said...

Ouais, ça rappelle un peu Où-trop, cette histoire d'accusation collective... Et c'est vrai que la directrice est courageuse.
Et tes élèves , ça leur fait quoi de voir remplacer un gros ventre par un ventre qui grossit?

LiliLajeunebergere said...

Dany, bonne idée, on devrait demander la couleur des poils et voir si les réponses se recoupent ou non!

Ppn, oui, les adultes mentent aussi, et pour les mêmes raisons que les enfants!

Valérie, il devait y avoir de ça aussi, c'est vrai...

Bismarck, j'ai l'impression qu'ils ne réalisent pas vraiment en fait, bizarre...

Mandrillus Sphinkx said...

@ Bismarck : Outraux ce sont pas les bons qui se sont retrouvés sur le grill, mais ces enfants ont malheureusement connu le pire

pour la couleur des poils, pas évident si c'est un collégien, pas sûr qu'il soit très velu, le zizi...