Wednesday, July 01, 2009

Tante Carla

(J'ai écrit ce post il y a 2 mois et j'ignore pourquoi, je l'ai "oublié"...j'ai légèrement remanié les temps grammaticaux avant de le publier puisque depuis, ma grand-mère est morte...)

Je vous préviens, je vais râler et déblatérer tout le long de ce post contre Tante Carla, qui ne s'appelle pas du tout comme ça en vrai mais je ne vais quand même pas dire son vrai prénom (et puis celui-là va plaire à MisterK).

On a tous une tante Carla dans son entourage, souvent dans sa famille, ça a un côté presque rassurant: non je ne suis pas seule à supporter la méchanceté et la nocivité de quelqu'un!

Et si j'en parle aujourd'hui, c'est qu'elle s'est attaquée aux derniers jours de ma grand-mère, qui n'est même pas sa mère (il s'agit de ma grand-mère maternelle, et elle est la sœur de mon père)

Mais commençons par le commencement.

Tante Carla n'a jamais eu d'enfant, mais sait tout mieux que nous, de la conception à la naissance en passant par la grossesse - je l'entends déjà dire que j'ai fait un enfant dans le dos de Mister K (surnom officiel de l'homme) pour pouvoir le garder - alors que la vérité vraie que je vais vous dire à vous, c'est que Bébé Oups, c'est un coup des spermatozoïdes de Mister K partis en éclaireurs, vous voyez, je n'y suis pour rien.

Tante Carla m'a beaucoup énervée lorsqu'elle m'affirmait, avec l'air entendu de celle à qui on ne la fait pas, que mon premier-né allait naître pour Noël et que ça serait un garçon et que tout ça je le savais mais que je ne voulais pas le dire mais qu'une fois je m'étais laissée prendre à mon propre piège mais qu'elle était trop intelligente pour se laisser avoir.
Heureusement, Nana est bien une fille (je ne connaissais pas le sexe pendant la grossesse), née fin janvier comme prévu.

Elle sait donc tout mieux que nous, comment on se sent enceinte, quand et comment on accouche, comment on s'occupe d'un bébé, comment on élève un enfant.

Qu'est-ce qu'elle a pu blesser ma mère ("si je n'avais pas offert une guitare électrique à ton fils, il serait tombé dans la drogue"), maintenant encore d'ailleurs, même si elle a trouvé une cible plus facile en ma personne - maman-solo longue allaitante au fils faisant crise sur crise!

Tante Carla, aussi, qui n'a jamais eu de mec avant la soixantaine et qui maintenant se traîne un tel crétin-abruti-débile insupportable -faites-moi songer à ne jamais le présenter à Mister K, y'aura un meurtre - qu'elle n'ose même plus venir nous voir, sait tout du couple, évidemment.
Dès qu'un couple se forme, elle sait qu'il va foirer, et pourquoi.
La première fois qu'elle a fait le coup, j'avais 10 ans, ça m'est resté.
Elle a fait ça pour tout ceux que je connais, par la suite. Avec moi aussi, bien sûr. Et quand réellement ça foire, elle pète de joie (ses pronostics ne s'avérant pas souvent exacts, heureusement). Dernière en date, lorsque je lui ai annoncé que le copain que j'avais l'année dernière et moi nous étions quittés: "ça ne m'étonne pas."

Ca m'est resté en travers de la gorge. En même temps, j'étais contente, c'est la première fois qu'elle montrait son vrai visage.

Tante Carla, bien sûr, s'arrange pour être dans tous les secrets, sous couvert de silence, de je-le-jure-je-ne-le-répèterai-pas.... Elle est assez forte pour faire parler les gens, pour leur faire croire qu'ils sont hyper importants à ses yeux et qu'elle parviendra à régler leurs petits soucis et grands problèmes. Elle sait donc beaucoup trop de choses de tout le monde et en joue à sa guise...

Tante Carla sait tout de la vie en somme, tout de tout le monde, elle dresse le portrait psychologique de tous ceux qu'elle croise et prédit leur avenir.
Chaque geste, chaque parole, va être par elle analysé, disséqué et nous revient un jour dans la tête façon boomerang.
Et si je vais ci comme ça avec mes enfants (genre allaiter longtemps), voilà ce qu'ils deviendront à coup sûr (homosexuel bien sûr)

Le mois dernier, mon neveu a été baptisé. Tante Carla s'est mis à faire la tête pendant la cérémonie, parce que ma mère n'était pas restée à côté d'elle, au fond de l'église. Elle est allée chercher les cadeaux dans la voiture pour les offrir immédiatement et pouvoir partir. Ma sœur est allée la voir -nous étions toujours dans l'église, hein, et j'ai entendu tante Carla dire à son abruti-débile-crétin "nous allons rester un peu finalement", sur le ton de quelqu'un qui fait un sacrifice inestimable pour le bien du peuple. Dans l'après-midi, elle m'a fait remarquer qu'elle n'était toujours pas au courant officiellement pour ma grossesse. Ah bin oui, dans toutes les familles, le mot passe de membre en membre, mais elle n'est pas comme tout le monde et il eusse fallu que je le lui disasse en personne à herselve, l'avoir appris par ma mère n'est pas digne d'elle.
Elle est de pire en pire.

La dernière en date de tante Carla, donc, le truc qui me transperce le cœur: elle est allée voir ma grand-mère à l'hôpital. Ma grand-mère qui, je le rappelle, est la belle-mère de son frère, rien à voir avec elle.

Bon, on va dire que c'était pour soutenir ma mère, hein. Mais je sais que non. Je sais que c'est pour pouvoir dire un jour qu'elle a participé au truc, qu'elle était là lors de l'agonie de ma grand-mère, si elle avait pu être seule au moment où ma grand-mère est passée de l'autre côté, ça aurait été merveilleux pour elle.
Un vautour, qui vient se repaître de la douleur.

Ma grand-mère, à ce moment-là, affichait un pénible 35°cde température corporelle et les médecins lui avaient donc infligés une couverture en aluminium ou je ne sais quoi pour la réchauffer. Ils ne comprennent rien, les médecins, mais heureusement, tante Carla était là pour veiller au grain! Bin oui, ma pauvre grand-mère, dans son délire à ce moment-là - un des plus pénibles, elle était à peine consciente - ne cessait de repousser la couverture, et 2 fois, tante Carla, qui sait tout mieux que tout le monde, est allée demander aux infirmières de la lui enlever puisque ça la gênait.

Je la connais, tante Carla. Dans quelques temps, elle va nous la ressortir cette histoire. Que elle au moins savait ce qui était bon à ce moment-là pour ma grand-mère et que c'est sans doute à cause des vilains médecins et infirmières que ma grand-mère s'est laissée mourir.

Un vautour, je vous dis... Une vieille aigrie qui s'aigrit de plus en plus en polluant de plus en plus autour d'elle.

Allez, rassurez-moi, dites moi que vous aussi, vous avez une tante Carla!

Sunday, June 28, 2009

Le côté obscur de ma vie

J'ai reçu un SMS curieux ce matin:

"au fait t'as pensé au caleçon de mon fils?"

Je vous laisse imaginer ce que vous voulez....
Et j'aurai peut-être la gentillesse de vous donner l'explication :p

Cycle

Comme pour clore une année passée sous le signe de la maladie, de la déchéance due à la vieillesse, de l'agonie et de la mort, ma mère a fait piquer hier sa chatte tant aimée, arrivée dans notre famille un jour de septembre 1989, si minuscule qu'elle tenait dans notre main.

J'imagine ma mère plus déprimée qu'elle ne le montre, mais j'imagine aussi le soulagement, elle part en vacances sans plus aucune crainte d'apprendre un décès par téléphone (j'avoue que la veille de la mort de ma grand-mère, j'ai dit à MisterK que j'espérais que celle-ci partirait d'ici la fin du mois de juin... pour elle-même et pour ma mère...)

Une triste page se tourne... et fait place à une autre.
Mercredi, nous aurons la confirmation du sexe de Bébé Oups, ma mère a hâte de savoir pour tricoter de la layette ostensiblement orientée, pour la première fois- d'habitude, c'est très neutre.
MisterK et moi sommes dans les cartons, nous convoyons vers notre nouveau nid dans quelques jours.

Je suis heureuse, et j'espère que ma mère retrouvera vite le sourire...

Thursday, June 25, 2009

(Dé)responsabilisation

Cela fait longtemps que je voulais me lancer sur ce sujet sans savoir par quel bout le prendre.

Donc en gros et pour être claire rapide et concise, j'ai vraiment le sentiment qu'on (et je m'englobe dans ce "on") empêche les enfants de prendre leurs responsabilités. Et j'ai aussi le sentiment que c'est un phénomène récent (même si je n'aime pas l'adage selon lequel "c'était mieux avant")
(En parallèle, et de manière totalement contradictoire, on les immerge de plus en plus tôt dans un monde qui n'est pas le leur, celui des adultes - j'en avais déjà parlé )

C'est quelque chose qui me frappe d'autant plus que je suis instit et côtoie donc à longueur de journée parents et enfants.
Je vois des enfants simplement tendre le pied matin et soir pour être chaussés/déchaussés par leurs parents. Tendre la main pour réclamer pain ou bonbons sans un mot de politesse, un simple "je veux". A qui les parents mettent leurs manteaux dont ils ferment la fermeture éclaire sans que les enfants aient un geste à esquisser. Du coup, ils ne comprennent pas que nous, enseignants, exigeons des "est-ce que je peux avoir...."... Ca ne fait pas partie de leur vocabulaire! Et ils nous regardent avec des yeux étonnés - ou fâchés - lorsqu'on leur fait remarquer qu'ils peuvent ôter ou mettre eux-mêmes leurs chaussures et remonter la fermeture éclaire de leurs manteaux.

C'est quelque chose sur lequel j'essaie d'être vigilante en ce qui concerne mes enfants, en particulier avec le cartable: non, je ne porte pas les leurs! Je suis toujours étonnée de voir les parents porter sans broncher deux ou trois cartables, ne les confiant à leurs enfants qu'au tout dernier moment et le prenant aussitôt la grille franchie, le soir. D'accord, il y a paraît-il le poids des cartables, mais allez vérifier, il y a beaucoup de choses inutiles que les enfants adorent trimballer! Et j'estime qu'ils peuvent porter un cartable contenant un ou deux cahiers+un ou deux manuels.
Et à mon humble avis, porter leurs cartables, c'est participer à leur ôter le poids des responsabilités scolaires!

Je parle en connaissance de cause, 95% des fois, lors d'un conflit avec un enfant, les parents croient leur enfant et le soutiennent mordicus, même lorsque celui-ci ment effrontément!
Pour moi, il s'agit vraiment d'un tout. L'enfant n'a plus aucune responsabilité, même pas dans ses actes.

On le sait, on le déplore, il est devenu tout puissant, notamment au sein de la famille, on fait tout pour lui, et on ne lui demande rien ou pas grand chose en échange.
Moi-même, je fais trop de choses à la place de mes enfants, par habitude, par (prétendu) manque de temps, par facilité... Et après, bien sûr, je me plains qu'ils ne font rien!

Quelque chose qui me frappe également, c'est que beaucoup de parents (et là je suis presque sûre d'éviter cet écueil) parlent à la place de leurs enfants, répondent à leur place...
Je crois qu'on prend trop nos chères têtes multicolores pour de grands bébés incapables de se gérer un minimum! Dans les actes comme dans les paroles.

Je suis persuadée que la plupart des parents sont persuadés de bien faire, de faire ce qu'il faut comme il faut, lorsqu'ils font à la place de leurs enfants... Pourtant, il y a bien des choses qu'ils peuvent faire - depuis que MisterK est là, Princesse sait faire la vaisselle :-)

Donc je le dis et le répète en enfonçant le clou, d'un côté on les empêche de grandir avec ce que ça suppose de responsabilités à endosser, de l'autre, comme je le disais dans mon message sus-cité, on leur donne accès à une partie du monde des adultes alors qu'ils n'en ont pas l'âge et sans qu'aucun effort ne leur soit demandé.

Allez, une dernière anecdote pour la route:
Hier, MisterK s'énervait contre son fils qui ne connaissait pas l'heure de son activité (à la décharge de mon homme, l'horaire a changé dernièrement)
Je lui ai fait remarquer qu'il était possible que personne ne le lui ai jamais dit? MisterK n'en démordait pas, P'tit Elfe avait la possibilité de se renseigner quand même.
Soudain, une iillumination -un peu honteuse- de ma part. J'appelle Princesse et lui demande l'heure de son cours de solfège. Elle l'ignore. MisterK lui demande l'heure du cours d'équitation? Même absence de réponse.

Hé oui. Ca la concerne en premier lieu et je n'ai jamais pensé à lui donner les heures de début et de fin de ses activités, elle n'a jamais eu besoin de le savoir et n'a donc pas eu la curiosité de se renseigner. Et après je devrais lui demander de se responsabiliser!

Bref, de mon côté, en progrès (au moins j'en suis consciente), peut mieux faire :-)

Et vous? Qu'est-ce que cela vous inspire?

Saturday, June 20, 2009

L'adieu à ceux qu'on aime

Quand on attend un événement - et on peut dire que j'ai attendu la mort de ma grand-mère, qui devait sonner pour elle comme une délivrance, on imagine à l'avance la façon dont ça va se passer. On imagine, on peaufine, on imagine plusieurs versions.

Durant des mois, chaque fois que ma mère téléphonait, vraiment chaque fois, j'imaginais que c'était pour m'annoncer la mort de ma grand-mère. Je me préparais, je me blindais. Ça arriverait un jour, de cette façon.

Finalement, ça ne s'est pas du tout passé comme ça.
C'était dimanche dernier, alors que nous venions d'installer notre stand au vide-grenier. C'est bien la première fois depuis des mois que ma mère appelait et que je n'ai pas songé que c'était pour ça. Elle gardait les enfants et j'ai cru qu'elle téléphonait pour eux.
Non, elle prévenait qu'elle partait à la maison de retraite, grand-mère n'allait pas bien. Nous avons rappelé quelques minutes après, elle était en larmes, elle venait d'apprendre que c'était fini. Ma sœur l'a convaincue de l'attendre, et nous nous sommes retrouvés seuls sur notre grand stand, Mister K et moi.

Sur notre grand stand, où, cruauté du destin, du hasard, de ce que vous voulez, nous vendions des affaires qui avaient appartenu à ma grand-mère, plutôt que d'avoir à les jeter.

C'est fou comme ses babioles ont attiré... C'est ce que nous avons vendu le plus. Des collections de boîtes d'allumettes, porte-clés, dés à coudre, des babioles, des ustensiles et plats de cuisine....

J'ai cru à un signe, que ma grand-mère, en mourant à cet instant, me signifiait son désaccord, mais je sais qu'il n'en est rien.

C'est juste une coïncidence, très cruelle, affreuse à vivre, mais rien de plus qu'une coïncidence.

On a obtenu 23 euros de ses menus souvenirs, 23 euros dont on ne sait que faire - dès le début il y a eu un doute là-dessus, mais l'essentiel était qu'on puisse se défaire de ce dont personne de la famille ne voulait, sans jeter. Ces 23 euros sont à côté de moi, sur la table, et j'ignore encore qui de nous aura le courage de faire quoi que ce soit de cet argent qui nous brûle les doigts.




Nous avons enterré ma grand-mère hier après-midi.
Nous étions arrivés en avance, et j'ai vu arriver, les uns après les autres, mes oncles et tantes, les yeux rouges, mes cousines et mon cousin, mes parents... Et puis le corbillard.
Nous sommes entrés dans l'église, le cercueil a été apporté et déposé, et j'ai eu envie de partir, j'ai cru que je ne parviendrais pas à rester, à résister à ça.

La suite fut difficile à vivre, les larmes de tous, les sanglots de ma sœur et de l'une de mes cousines qui ont eu le courage de lire des textes.

Difficile surtout, parce que c'était une cérémonie religieuse entièrement dédiée à la mémoire d'une grand-mère qui aurait été tournée vers Dieu, la foi, la religion, qui aurait cherché et trouvé le chemin vers Dieu, et que ce n'était pas ma grand-mère.
J'ai eu le sentiment d'une grande imposture.
Qu'on avait été dépossédés.

C'est plus tard, au cimetière, que nous avons retrouvé grand-mère.
Une de mes tantes a lu un texte où elle évoquait les souvenirs, les descentes à la cave lors des bombardements, les chaussettes qui grattaient les mollets, les reblochons qui dévalent la pente lors de vacances d'été, les robes de mariées fignolées à la dernière minute, et puis des choses plus proches de nous les petits-enfants, les pulls qu'elle nous tricotait et les broderies qu'elle aimait faire.

Moment le plus vrai, mais le plus cruel aussi, où ma mère en particulier s'est effondrée, parce que c'était l'évocation de tout ce qui ne sera plus, mais c'est également là que ma grand-mère sera à jamais vivante.

Sunday, June 14, 2009

Comment bien nouer ses lacets

Quand j'étais petite, ma mamie m'a appris à faire un nœud magique, un nœud aussi solide que les doubles nœuds mais aussi facile à défaire que les nœuds simples.

Le truc, c'est de repasser une des boucles dans le trou, avant de serrer.

Effet garanti.

Chaque fois que je lace des lacets - et mon métier me donne l'occasion de le faire souvent, j'ai une pensée pour ma grand-mère.

C'est ce que je garderai toujours d'elle, l'héritage qu'on ne m'enlèvera jamais.

Elle est partie ce matin. Sereinement. Elle ne souffre plus.

Friday, June 12, 2009

La vérité sur le président de la république

Hier, lors d'une répétition pour le spectacle de fin d'année du conservatoire (qui a eu lieu ce soir), Viking, tout fier, a expliqué à une de mes amies qu'il avait vu le président de la république, la veille, en vrai.

Gné? Déjà, mon fiston ne s'embarrasse pas de ce genre de formule: il dit Sarkozy, comme tout le monde.
Et puis, si ce monsieur était venu en ville, je l'aurais su non? Si, je vous l'affirme, l'année dernière, il a fait une visite éclaire dans la ville, on était tous au courant (il n'est allé que dans les écoles privées, il n'est pas fou non plus)

Bref, c'est quoi cette histoire?
Ma copine demande s'il l'a vu en vrai ou à la télévision.
En vrai, insiste Viking, "et même qu'il avait un gros

(hein quoi? Au secours!)

tuba"

(ouf!)

Hé bien, la vérité sur notre président de la république, c'est qu'il ne joue pas de tuba.
Par contre, le président de l'harmonie, qui était venu à notre répétition la veille, si!

Bon, président de la république, président de l'harmonie, on va pas chipoter, n'est-ce pas :-)

Wednesday, June 10, 2009

Y'a un truc

J'enseigne jusqu'à la fin de l'année dans une classe de grande section. Des enfants de 5-6 ans, qui apprendront à lire et écrire à partir de la prochaine rentrée.
Un petit village replié sur lui-même, milieu social, intellectuel, culturel équivalent à celui que j'ai l'habitude de côtoyer dans les ZEP où j'enseigne habituellement.

Pourtant, ces jeunes élèves savent déjà tous écrire en cursive, de manière lisible (pas encore forcément"joli"), tous sans exception! Et sont tout fier de dégainer leurs stylos à plume offerts par leur enseignante. Pour une fin d'année de grande section, l'exploit mérite d'être souligné.

Mais, me demanderez-vous, comment est-ce donc possible? Comment un enseignant peut-il conduire tous ses élèves à écrire correctement en cursive en fin d'année de GS?

La réponse tient en 3 mots: ils sont 17. (Et je vous rassure, ils ont fait autre chose dans l'année que passer leur temps à écrire ;-) )

Eh oui, ça serait ça "le truc" pour lutter contre les difficultés scolaires - sinon contre l'échec scolaire. Des effectifs réduits. La possibilité pour les enseignants de se pencher réellement et efficacement sur chaque élève en difficulté et de l'aider correctement.

Mais je suis bête... Notre ministre de l'Educ Nat a déjà trouvé le remède miracle pour remédier à l'échec scolaire: les 2 heures de soutien par semaine généreusement octroyés aux élèves en difficulté. C'est vrai, ça a tout changé.

Et puis qui dit effectifs réduits dans les classes dit plus de profs en activité (et donc rémunérés), et on nous l'a dit et répété, notre pays n'a pas le moyen de financer ainsi ce qui est l'un des piliers d'une société.

C'est vrai quoi, c'est pas comme si on était l'un des pays les plus riches du monde quand même!

Monday, June 08, 2009

De l'inconvénient d'avoir une famille militante....

....lorsqu'on est instit.

Le truc m'a pris vendredi soir: faire une carte de fête des pères en utilisant des journaux - l'idée étant de coller des morceaux d'articles déchirés puis, par-dessus, de grosses lettres "P" et "A" coupées dans les titres des journaux.

Donc, ça m'a pris vendredi, pour aujourd'hui lundi.

Samedi, ma mère m'a donné un tas de journaux qu'elle comptait jeter, en ayant ôté au préalable les numéros de l' "Humanité" - hé oui, mes parents sont communistes et lisent l'Humanité.
Le lendemain, j'ai fait un tour chez ma sœur, qui n'était pas là, mais son mari m'a cédé sans hésiter un carton entier de journaux.

Ce matin, en préparant l'atelier, je découvre.... que 90% des magazines en provenance de chez ma sœur sont.... des numéros de l'Humanité :-D

J'aurais dû y penser... Mon père m'amène souvent des numéros de l'Huma ou l'Huma Dimanche, il est même rigolo parce qu'il les cache sous le manteau jusqu'à ce que la porte de l'appartement soit fermée, on se croirait au temps de n'importe quelle prohibition ou résistance :-D
J'avais oublié qu'il faisait aussi le coup à ma soeur.

Comme je n'avais que ça sous la main et que je voulais vraiment réaliser la carte aujourd'hui, j'ai quand même utilisé les numéros du journal communiste que j'avais sous la main. Heureusement, les enfants de grande section ne savent pas encore lire. Quant aux parents, je ne pense pas qu'ils prendront la peine de lire les morceaux d'articles déchirés!

Sunday, June 07, 2009

Victoire verte

J'ai trouvé lamentable la campagne des européennes.
En Ile-de-France, 28 listes: hier encore, pas plus de 12 affiches collées sur les panneaux électoraux - parfois 2 ou 3 seulement! Quel investissement...
Des listes creuses, sans projets. D'ailleurs, il n'y avait même pas leurs bulletins dans les bureaux de vote: il fallait les télécharger sur internet!
Une campagne sans intérêt...

Ici, les Verts ont commencé la campagne il y a plusieurs semaines; d'ailleurs, plusieurs jours de suite, les seuls tracts qui traînaient dans la rue étaient les leurs: normal, ils étaient les seuls à tracter! Et jusqu'en début de semaine, il n'y avait que leurs affiches collées un peu partout -avec celles du NPA.

Il faut dire qu'avec un militant comme Mister K, ça ne m'étonne pas... Il a d'ailleurs entraîné dans son sillage un Viking ravi, manifestement nullement écœuré par l'intense campagne que je lui ai fait mener l'année dernière pour les municipales!

Nulle trace des autres partis, que ce soient sur les murs de la ville, dans les boîtes aux lettres, au marché, dans les meetings...


Bref, je suis ravie des résultats de ce soir! Une vague verte méritée (et énorme dans notre secteur). Ravie pour la planète .... Et pour mon fiston qui voit ses efforts récompensés ("on a voté pour nous?" :-) )

Thursday, June 04, 2009

Dans la lune, je vous dis...

Aujourd'hui, c'était l'anniversaire d'une fillette de la classe.

Ses parents ont apporté deux énormes gâteaux et deux sortes de bougies, ainsi que leur appareil photo numérique.

J'installe la première série de bougies sur le gâteau au chocolat, la deuxième série sur le gâteau au citron.
J'allume les bougies du gâteau au chocolat, je pose le gâteau devant la fillette; pendant que les copains chantent "joyeux anniversaire", je prends une première photo, j'en prends une seconde lorsque la petite souffle les bougies.

Je pose ensuite devant la petite fille le gâteau au citron, on chante joyeuzanniversaire pendant que je prends une photo, puis je demande à la gamine de souffler les bougies pour que je puisse la prendre en photo une ultime fois.

Elle me regarde, éberluée.

Je mets 2 secondes à comprendre... Elle pourrait toujours souffler, mais elle ne risque pas d'éteindre grand chose....

J'ai oublié d'allumer les bougies.

Sunday, May 31, 2009

Effroyable journée

Bon, il faut savoir qu'en ce moment, chaque jour est difficile à traverser, entre ma grossesse toujours difficile à vivre moralement et l'enquête sociale de mercredi, très déterminante pour la suite.
L'engorgement notoire de l'emploi du temps au mois de juin n'arrange pas les choses, nous avons un timing encore plus serré que d'habitude. Autant dire que je suis à fleur de peau (je vois Mister K ricaner d'ici)

Aujourd'hui donc:
- déménager des meubles de chez ma grand-mère, partie en maison de retraite en attendant de partir tout court...
- assister, entre 14h et 16h, aux passages de galops 1 et 2 de Princesse (examens d'équitation, elle n'avait jamais passé le galop 1 et a donc dû passer les deux aujourd'hui)
- me rendre chez ma sage-femme à 50km (et donc 50 minutes) de chez moi à 17h

Les problèmes que nous avons rencontrés sont les suivants:

- L'état de l'appartement de ma grand-mère était très décourageant; c'est dingue tout ce qui y a été accumulé en un peu plus de 20 ans, ça va être long d'en venir à bout. C'est une étape difficile pour ma mère et ses sœurs (les frangins ne se sentent pas concernés), leurs souvenirs, une grosse partie de leur vie... Mais malheureusement, nous ne pourrons pas tout récupérer.

- Mon beau-frère m'a démolie en quelques minutes au sujet du magnifique appartement qui deviendra peut-être notre nid en juillet (réponse mardi). Je me suis retenue pour ne pas fondre en larmes, surtout que des copines venues aider en ont rajouté (à fleur de peau, je l'avais bien dit!)

- A 16h, les épreuves d'équitation n'étaient pas finies! J'ai donc dû abandonner la tribu sur place et filer à mon rendez-vous...

- Le plan de Viamichelin n'était pas très clair et je me suis un peu égarée, ça m'a stressée et démoralisée, j'étais prête à faire demi-tour alors que j'étais proche du but. Et puis je pensais à Mister K et aux enfants que j'avais laissés alors que de gros nuages noirs menaçaient.

Finalement:
- Nous avons eu le droit d'emporter 2 belles gravures, des livres d'art et des boîtes de puzzles de 1000 à 3000 pièces que Mister K avait repéré chez ma grand-mère. Je penserai à elle en assemblant les pièces...
- Je me suis imprégnée, une dernière fois je crois, de ce qui fut le domaine de ma grand-mère durant plus de 2 décennies. J'ignore si j'y reviendrai. C'est aussi une partie de mes souvenirs qui se sont envolés aujourd'hui.
- Je me suis affirmée et réaffirmée dans le dedans de moi-même que je serais très heureuse d'habiter le joli appartement avec Mister K et tant pis si ça ne sied pas à certains (apprendre à se blinder davantage...)
- Princesse a eu ses deux galops.
- Les enfants ont dû aller à pied à la gare la plus proche, prendre le train pour une station puis marcher jusqu'à la maison et l'ont fait sans râler. (Mister K les avait amadoués à coup
de tours de poney pour les garçons - Princesse avait déjà eu son compte- et de glaces)
- Il n'a même pas plu
- J'ai entendu battre le coeur de Bébé Oups (me voilà rassurée pour quelques heures) et j'ai pu discuter avec ma sage-femme qui tente de me rassurer comme elle peut.

On ne pensait pas arriver indemne au bout de cette journée...Bin finalement, si :-)

Friday, May 29, 2009

L'affaire du zizi poilu

J'ai repris le boulot lundi, après une dizaine de jours d'arrêt suite à des douleurs musculaires.

La petite école d'un petit village où j'avais déjà enseigné
Cette fois, je remplace jusqu'à la fin de l'année une enseignante de grande section (enfants de 5-6 ans), partie en congé maternité.

Dès lundi, le ton a été donné: des parents ont raconté à la dame de la garderie que le mercredi matin précédent (les élèves du coin ont eu cours mercredi et non vendredi la semaine dernière, pont oblige), un jeune homme avait montré son zizi poilu à leurs enfants (qui sont tous de ma classe), à travers la grille de la cour, pendant la récréation.
La dame de la garderie a rapporté les propos à ma collègue de la classe à côté (qui n'était pas là le mercredi), celle-ci a interrogé les enfants qui avaient paraît-il vu le zizi poilu, les réponses étaient évasives, ils n'étaient plus très sûr (l'un parlait du "bras poilu"), sauf un, une autre a expliqué que le jeune homme en question était son cousin.

A midi, la directrice appelle chez le cousin en question, la mère tombe des nues, vous imaginez.... Mais finalement, ce n'est pas possible que ce soit lui, le mercredi matin, il était au collège! Mais dans les petits villages, les commérages vont bon train, et l'adage "il n'y a pas de fumée sans feu" aidant, le pauvre gosse doit en entendre de sacrés depuis...

Cependant, il y aurait bien quelqu'un qui aurait montré son zizi poilu aux enfants, à travers la grille.
Les enseignants de service reconnaissent qu'il y avait de jeunes garçons qui parlaient aux petits de maternelle à travers la grille... dans un village où tout le monde se connaît, pourquoi empêcher les enfants de parler à leurs cousins/voisins etc...
On ne peut empêcher les gens de marcher dans la rue aux abords des écoles!
Bien sûr, le défaut de surveillance est montré du doigt... Mais le geste du jeune homme qui aurait baissé son slip pour montrer son zizi poilu aux enfants, s'il a eu lieu, a pu/dû être rapide, les enseignants ne peuvent avoir les yeux dans tous les coins de la cour en permanence...

Cependant, aucun enfant n'a crié son dégoût (pourtant à cet âge, ça aurait été compréhensible!), aucun n'est venu se plaindre (pourtant ils n'arrêtent pas habituellement, et pour des broutilles...)

Donc, depuis le début, nous doutons fortement de la véracité de l'histoire....
Et puis finalement, tous les enfants se sont rétractés, en fait le jeune homme (on ne sait toujours pas qui c'est) se serait juste gratté entre les jambes.
Du coup hier, la directrice a remonté les bretelles des enfants, fermement. Et a convoqué les parents pour demain samedi, en faisant passer une lettre.

Énervement des parents!
Comment a-t-on pu gronder leurs chérubins! Jolie façon de retourner l'histoire.... J'ignore d'ailleurs combien d'entre eux continuent de croire la version de leurs enfants.

Tout ceci m'amène à deux réflexions:

- il faudrait que les parents arrêtent de prendre pour parole d'évangile tout ce qui sort de la bouche de leur progéniture!
Quel est celui d'entre nous qui n'a jamais menti, enfant!
Tous les enfants mentent, pour cacher leurs bêtises, pour avoir la paix, parce qu'ils oublient tout ou partie d'un événement, parce que c'est rigolo (moi j'aurais été de celles qui auraient répété qu'elle avait vu un zizi poilu, c'est rigolo, "un zizi poilu"!), pour se rendre intéressant (j'en aurais même rajouté une louche); les enfants travestissent la vérité aussi, brodent, pas forcément consciemment, mais parce que le monde tourne autour de leur petite personne; ils ne voient que leur vision de l'histoire, une vision très subjective.... Allez expliquer tout ça aux parents! "Mon enfant ne ment pas", combien de fois ai-je entendu cette phrase!

- C'est avec ce genre d'affaire que la suspicion est jetée sur les dires des enfants qui eux, ont vraiment vu ou subi des choses... parce que là, inversement, on va dire que "les enfants mentent" (je l'ai entendu à propos des miens... ), c'est tellement plus pratique. D'ailleurs, on se demande ce qui a amené l'un des enfants à parler en premier du zizi poilu...

Wednesday, May 27, 2009

Tous pour Marseille!

Figurez-vous que depuis quelques temps, allez savoir pourquoi, je me suis mise au foot.

Non, pas physiquement quand même hein, télévisuellement plutôt.

Et je suis une supportrice de l'OM. Les enfants aussi. On connaît même les slogans.
Je vous laisse déduire de qui nous vient cette soudaine passion (enfin, passion est un grand mot, parlons plutôt d'intérêt en ce qui me concerne)

Je regarde aussi les match internationaux (d'un œil qui se ferme très vite) et je suis pour la même équipe que le supporter-maison.

Ce qui est pratique avec lui d'ailleurs, c'est que même lorsque je m'endors, je suis le match. Il est tellement, comment dire.... expressif. Je n'ai qu'à suivre ses exclamations ou ses énervements pour savoir quelle équipe a gagné et le nombre de buts exacts.

Ce qui est bizarre, c'est que Mister K (puisqu'il s'agit de lui, hein, vous l'avez compris) ne s'est mis ni au tricot, ni à la broderie, lui...

Il y a là un mystère que je ne m'explique pas!

Saturday, May 23, 2009

En amoureux à Paris sous la pluie

C'est gris
mais c'est joli

Nous avons marché et regardé
bavardé
bien mangé
découvert un formidable musée dans lequel nous allons devoir retourner (nous en avons vu à peine la moitié de la moitié)

Il a plu... et j'ai alors pu constater que j'étais aux côtés d'un homme qui s'en fiche, de la pluie
c'est rare et précieux, il y en a tant que ça stresse et ennuie

J'ai alors songé, qu'on est ensemble heureux,
même quand il pleut

Friday, May 22, 2009

Ethique?

Au tout début de ma grossesse, j'avais expliqué à ma sœur que je n'étais pas sûre d'avoir envie de me plier à tous les examens qu'on fait subir aux femmes enceintes - cette aversion vient de ma première grossesse, c'était vraiment trop.

Ma sœur m'a alors prévenue: ces examens sont obligatoires, je ne toucherai pas l'allocation de naissance ni l'allocation jeune enfant de la CAF si je ne m'y soumets pas.

Étonnée, je suis allée vérifier; en réalité, seuls 3 examens du bébé sont obligatoires (à 8 jours, 9 mois et 24 mois) pour toucher l'allocation jeune enfant. Rien n'est mentionné concernant la prime à la naissance (il faut juste déclarer la grossesse)

Heureusement: je ne vois pas au nom de quoi on pourrait rendre obligatoires des examens pendant la grossesse, il s'agit du corps de la mère en priorité.... Quoi que....

Il arrive que des nouveaux-nés meurent ou naissent handicapés parce que la mère a refusé tel ou tel examen, ou refusé certaines interventions pendant l'accouchement - des décès ou des handicaps "évitables", donc.
Comme disait Mister K, un père pourrait très bien porter plainte contre la mère de son enfant dans un cas de ce genre...
J'ignore comment le droit français considère le fœtus et donc si la mère pourrait être déclarée coupable...

En réalité je ne sais trop qu'en penser, entre le droit à la femme de faire ce qu'elle veut de son corps (et elle a lutté, la femme, pour obtenir ce droit!) et le droit de l'enfant à naître...

Mais je ne serais pas pour une obligation d'examens médicaux pendant la grossesse (pas vraiment utile d'en arriver là d'ailleurs, la grande majorité d'entre nous étant largement rassurée par les actes médicaux!)

Ce que je condamne davantage pas contre, c'est le fait que les échographes soient en mesure de nous donner le sexe de notre bébé avant la fin de la période légale d'avortement.
Ça m'avait frappé le mois dernier lorsque notre échographe nous a annoncé que c'était probablement une fille: et si nous avions absolument voulu un garçon? Je me demande s'il arrive en France que certains parents préfèrent avorter pour tenter de faire mieux la fois d'après... Dangereux ça... C'est bien pour ça que l'annonce du sexe avant la naissance est interdite dans certains pays.

Tuesday, May 19, 2009

Pas de doute, je suis enceinte (2)

La CAF me l'a annoncé dans un récent courrier:


"vous attendez un bébé."

Ah? je n'étais pas au courant, mais si la CAF le prétend....

Le courrier de la sécu reçu la veille était plus sympa: "la MGEN vous adresse ses félicitations pour l'heureux événement que vous attendez."

Merci, vraiment, je suis touchée.

(J'ai été privée de net puis de PC quelques jours, mais promis, à partir de demain, de vrais billets avec de vraies idées à l'intérieur - et je répondrai aux commentaires aussi)

Saturday, May 16, 2009

Pas de doute, je suis enceinte (1)

Je n'arrive plus à fermer mon manteau (oui, au nord de la Loire, on porte toujours un manteau en mai!)

Monday, May 11, 2009

Les enfants de demain (2)

Pour faire suite à l'épisode précédent...

Peu avant les vacances de février, je suis allée faire un remplacement dans l'école soit disant chicos et select de la ville, tellement chicos et select que la fille d'une princesse la fréquente, c'est vous dire.

J'avais fait une matinée de remplacement dans cette école l'année dernière, passant de classe en classe lors de réunions. J'ai trouvé les enfants remuants, bruyants, pas très concentrés, voire franchement siphonnés pour certains - hé oui, même dans la "meilleure" école du coin! J'ai assisté à un gros caprice de la part d'une gamine de CM1, un truc que je n'aurais pas cru possible!

Cette fois, me voilà en CP pour deux jours... Et j'ai été extrêmement découragée.
Les élèves étaient extrêmement désagréables. Pas le style, comme précédemment, "on a envie de t'em*****er gratuitement" mais plutôt "qu'est-ce qu'elle me veut celle-là?"

C'est ça, j'étais une subalterne, comme tant d'autres autour d'eux, et c'était à moi de m'adapter et de faire selon leur bon vouloir.

Une partie de ces enfants vient réellement de familles aisées - comme la fille de la princesse C. de M. épouse H., je dis ça je dis rien.

Comme y'a quand même une justice :-) ces enfants avaient un niveau scolaire faible voire médiocre! Incroyable, je n'aurais jamais imaginé. Contrairement à ce qu'on pense, ils ne sont pas spécialement suivis chez eux, leurs parents ont mieux à faire, et je ne pense pas que la culture soit une valeur dans leur milieu- après tout, ils reprendront toujours la boîte de papa! On cultive plutôt l'apparence... Et un jour on se retrouve avec un président bling-bling qui méprise ouvertement le monde de la culture, de l'enseignement et "la princesse de Clèves"...

Le plus triste dans l'histoire, c'est qu'un certain nombre d'élèves vient de milieux sociaux défavorisés, leurs parents font parfois des pieds et des mains pour qu'ils soient scolarisés dans cette école, et finalement, ils ne sont pas du tout tirés vers le haut...
Dans n'importe quelle autre école ils auraient une chance, mais là....

Thursday, May 07, 2009

Epidémie!

Entendu à la radio tout à l'heure: l'épidémie de grippe porcine a touché 2000 personnes dans 20 pays et a tué 44 personnes au Mexique.

Oh, quelle terrible épidémie! Tremblez, braves gens, vous risquez d'être contaminés au coin de chaque rue!
Des collègues qui regardent trop le journal de TF1 ont même songé à imposer le port d'un masque à un élève qui revenait des USA...

Pendant ce temps, quelles sont les vraies infos qu'on nous cache?

Et plus important encore: combien de millions de personnes - des pays du tiers-monde bien sûr, donc quelle importance? - des maladies comme la tuberculose et la rubéole touchent-elles et emportent-elles chaque année?

Fin d'année...

He oui, la fin d'année approche! Et avec elle les examens et fêtes de fin d'année.

J'ai passé hier mon examen de tuba (je n'en ai presque pas parlé sur le blog par manque de temps mais ça a pris une grande partie de ma vie cette année, et Viking et moi avons participé à plusieurs auditions), totalement informel puisqu'au conservatoire, on ne passe plus nos examens que tous les 3 ans - c'est tellement moins stressant! Je me souviens de mon angoisse, chaque année, lorsqu'approchait l'examen de piano.. Ce n'est pas ce qui motive le plus pour continuer.

Donc, hier, nous étions 3 de la classe de tuba à présenter un morceau devant un jury composé de notre cher directeur, très sympa, et d'un prof de tuba d'un autre conservatoire, loin d'être antipathique également. De plus, l'examen s'est déroulée en public - juste nos familles; moins la mienne, je pensais que ce n'était pas possible. Bref, tout pour nous mettre à l'aise.

Résultat? Je suis à la fois déçue et satisfaite.
Déçue, parce que, le stress aidant, j'ai fait quelques couacs, alors qu'une heure encore avant, je réussissais bien mieux.
Déçue aussi parce que j'aurais pu faire mieux... si j'avais eu davantage le temps de m'entraîner. Hors en mars et avril, nauséeuse et épuisée, j'ai consacré nettement moins de temps au tuba qu'avant.
Satisfaite parce que mon prof m'a donné à jouer un morceau de 3ème année alors que je ne joue du tuba que depuis septembre et que je ne m'en suis pas trop mal sortie malgré tout!

C'était sans doute la dernière fois que je jouais du tuba avant longtemps... La pratique d'un instrument à vent n'est pas conseillée lorsqu'on est enceinte, on contracte trop le ventre en jouant (ceci dit ma soeur a pu jouer de la flûte traversière jusque 2 jours avant son accouchement!) et après l'accouchement, il faut attendre que le périnée soit d'accord (désolée pour les détails :-) )
Je sens bien que j'ai déjà du mal à souffler, je dois prendre ma respiration plus longuement et je suis vite essouflée. Nous verrons si je tiens jusqu'au 12 juin, date de la fête de fin d'année du conservatoire durant laquelle nous devons jouer... Je l'espère, parce que c'est frustrant, de ne pas aller jusqu'au bout.

Tuesday, May 05, 2009

Les enfants de demain (1)

Ce matin, j'ai été appelée à 10h30 pour un remplacement à partir de 10h30 (l'enseignante avait une réunion)(oui l'inspection aurait pu/dû m'avertir plus tôt dans la matinée... bref)

Une école à la très mauvaise réputation, une des pires du coin. Même pas peur, j'y suis déjà passée et j'ai survécu.
Une classe de CE2, des 8 ans.
Quelqu'un est en train de surveiller les élèves lorsque j'arrive, ils sont au travail... mais ce n'est pas très calme. En me passant la main, la personne me dit qu'ils ne sont pas faciles (mais ils ne l'entendent pas)

Le chahut commence immédiatement, les élèves parlent dans tous les sens... J'essaie d'obtenir le calme, mais rien à faire. Toujours 3 ou 4 qui disent une connerie et le chahut repart de plus belle. Non-stop pendant 3 minutes.

Alors je laisse tomber, pour la première fois de ma carrière. Que puis-je espérer obtenir de ces gamins en 45 minutes? Ils ont décidé de montrer à l'adulte de quoi ils étaient capables. De lui montrer qu'ils sont les plus forts, qu'ils ne respectent rien ni personne et surtout pas une petite remplaçante d'1m53.

Alors je les préviens: tant pis, je les laisse. Et je préviendrai leur maîtresse, qui les punira l'après-midi. Quant à moi, je serai payée de toute façon (oui, je le leur dis). Donc, ce sont eux et eux seuls qui seront punis.

Ils essaient de tout faire pour me faire craquer: "maîtresse t'es méchante", "j'ai envie de chier/de vomir", "prout/sexe/bite", chansons, cris, répétition de la comptine numérique (ouf, nous sommes sauvés, ils savent compter jusqu'à 14), papiers qui volent, stylos, et puis finalement, je ne suis pas drôle à ne pas réagir, alors ils s'occupent d'eux-mêmes et surtout les un des autres, insultes, doigts d'honneur, et pour finir bagarre dans la classe au moment de la sortie. Je n'ai pas séparé les belligérants, ils ne faisaient ça que pour la frime, je n'allais pas risquer de prendre un coup.

Tout ce temps, je suis restée calme, étonnamment calme.
Ce n'était pas dirigé contre moi, mais contre ce que je représente.
Et puis surtout... Ils se flinguent tous seuls. Ils refusent de travailler, viennent de milieux où le travail n'est pas mis en valeur... Certains sont déjà franchement stupides et fiers de l'être (ils pourraient encore être sauvés mais pas dans les conditions actuelles). A quelques exceptions près (une petite partie des élèves tentaient vainement de travailler et semblaient relativement équilibrés, même si certains ont fini par être entraînés dans l'ambiance), ils vont rester sur la touche, pendant que les enfants issus de classes sociales plus favorisées vont progresser. Ils se sentent forts mais ce seront les faibles de demain.

Sunday, May 03, 2009

Week-end pour elles...

Prévoir d'aller voir grand-mère, sans doute pour la dernière fois, le vendredi.
Ne pas y aller, finalement, parce que ma mère n'a pas voulu... Ne veut pas que sa mère nous laisse sa terrible agonie pour dernière image.

Alors, puisqu'on ne peut plus rien pour celle qui part, penser à celle qui arrive.
Ôter des étagères des livres que je n'ai jamais lus et que je ne lirai jamais, des livres qui ne me sont rien, ou plus rien... Il faut de la place, et mon bébé vaut 1000 fois et plus tous mes livres.
Pousser les meubles, les agencer différemment... Penser à elle...

Penser à celles qui sont là, aussi. A ma mère qui passe un cap si douloureux, déchirée par cette agonie qui n'en finit pas. Passer une soirée avec elle, pour qu'elle voie ses petits-enfants, pour qu'elle voie la vie, prévoir une autre soirée pour l'emmener au cinéma.

Penser à Zaza...(pour ceux qui ne savent pas, c'est et )
Parce que mon ex-belle-mère a repris contact il y a quelques mois et que toutes les deux étaient à Paris pour aller voir pour l'une le père, pour l'autre le fils en prison. Quelques heures avant qu'elles ne reprennent le train.

Imaginer, pendant des jours, les mots qui seront dits. Ceux qui blesseront, qui détruiront peut-être. Elle souhaite prendre les enfants en vacances, mais elle n'a pas pris leur défense face aux policiers. Ne veut pas encore admettre que son second fils ait pu faire ça. Certes, c'est une mère, mais il y a la sécurité de 2 enfants en jeu...

Angoisser follement, espérer pouvoir dire calmement... Et puis se retrouver face à une femme heureuse quand même, qui a fait le tri dans sa vie, qui enfin va à l'essentiel, droite, saine, cohérente.

Admettre....Qu'elle est l'autre grand-mère des enfants, et une grand-mère certainement enfin chouette. Admettre que les liens peuvent se recréer, et peut-être qu'il faut qu'ils le soient.

Passer des heures à parler avec elle, obtenir des explications sur ce qui s'est passé une nuit de novembre 2006, savoir avec certitude qu'effectivement, ma belle-sœur dormait lorsque son mari l'a étranglé, mais que lui seul sait - et refuse de le dire - ce qui s'est passé alors au juste... S'est-elle réveillée? Débattue? Nous ne saurons jamais.

Continuer de vivre avec ce cauchemar.

S'amuser de voir les cousins se parler comme s'ils s'étaient quittés la veille.

Voir, autour du cou de Zaza, un médaillon fait en laine (par son père, ai-je appris ensuite) avec la photo de sa mère... Vision violente et insupportable.
Refuser de ne plus la voir qu'en photo. Vouloir qu'elle soit là...
Comprendre qu'il y a des deuils qui ne se font jamais.

Rentrer, épuisée, fourbue, sonnée, et étonnée par ce week-end chargé - on a également pu voir des amis deux après-midi de suite- qui n'était pourtant que de 3 jours mais qui donne l'impression d'en avoir fait le double au moins.

Savoir qu'il a changé bien des choses...

Tuesday, April 28, 2009

Foetussette

Vous avez bien lu.... Foetussette, c'est ainsi que Princesse et Viking surnomment leur future petite soeur.

Elle va être traumatisée avant même de naître.... Surtout si finalement c'est un garçon!

Sunday, April 26, 2009

Les temps modernes 2

L'épisode 1 est

Hier, nous sommes allés voir Ponyo sur la falaise.
Magnifique, en passant, nous étions tous subjugués.

Mais ce n'est pas pour parler du film (d'autres le font mieux que moi) que j'entame ce post.
Notre petit cinéma de ville est en train de mourir - nous en avions 3 lorsque je suis arrivée ici en 1980... Merci à la politique actuelle, qui veut du grand, de l'industriel, au détriment du petit, de l'humain... Notre cinéma ne passait pas Ponyo et n'avait sans doute pas l'intention de le passer un jour, préférant les films grand public pour tenter d'attirer encore.

Nous voici donc dans l'un des temples de la consommation à outrance, un gigantesque centre commercial qui ne proposait pas encore assez de magasins puisqu'une autre zone commerciale s'est installée en face l'an dernier.

Le cinéma possède une vingtaine de salles.
La dernière fois que je m'y suis rendue, il y a une éternité apparemment, nous avions le choix entre acheter nos billets à des caisses tenues par de zentils zhumains ou acheter nos billets via des machines automatiques.

Hier soir, il n'y avait plus que des machines automatiques. Exit les zentils zhumains.
Les machines n'acceptent bien sûr que les CB. Donc, si t'es jeunes et que tu n'as pas encore de compte en banque, si tu es interdit bancaire, ou simplement si tu n'as pas envie de posséder une CB, tu n'as plus accès aux loisirs.

Ah si, suis-je bête, tu peux acheter des billets auprès des zentils zhumains (mais pour combien de temps sont-ils encore là ceux-là?) qui tiennent le stand de confiseries et boissons. Bien sûr, tu es obligé d'acheter une bouteille de soda ou un pot de pop-corn en plus.

Merci, la modernité...

Thursday, April 23, 2009

Aveu

Il y a des choses qui sont si honteuses, si gênantes, qu'on préfère les taire.

Pourtant, depuis que j'en ai parlé il y a 4 jours sur un forum où je me sens "en sécurité", je n'ai plus aucune nausée, plus de dégoût, et mon bébé (une fille!) se fait sentir.

J'ai du mal à accepter cette grossesse.

Je comprends ce que cela a de choquant, à une époque et en un lieu où on peut maîtriser ses grossesses, où tant de femmes ont du mal à tomber enceinte, où la grossesse est considérée comme l'une des plus belles périodes de la vie d'une femme....

D'où ma honte, ma gêne, ma difficulté à le dire: pour moi, aujourd'hui, c'est difficile d'admettre cette grossesse.

Pour des tas de raisons.
Parce que je m'étais faite à l'idée de ne pas avoir d'autre enfant. Et que si l'idée faisait son chemin depuis que j'étais avec Mister , elle ne devait être à l'ordre du jour que dans 2 ou 3 ans.

Parce que ça repousse de plusieurs années les activités que j'avais commencées pour moi, pour la première fois depuis la naissance de Princesse il y a 10 ans.

Parce que rien n'est réglé dans l'affaire qui m'oppose au père de mes enfants, et que depuis le début me hante l'image de la salle de procès et de Mister K qui m'attend dans les couloirs du palais de justice, notre bébé dans les bras pour que je puisse l'allaiter entre 2 plaidoiries.

Parce que j'espérais pouvoir prendre le temps de voir grandir mon 3ème enfant, et que ça ne sera pas possible - c'est Mister K qui prendra un congé parental.

Parce que Mister K et moi ne vivons pas ensemble, et que nous ne vivrons pas ensemble avant au moins un an, sans doute plus, à cause de nos problèmes de fric et de nos situations familiales respectives - nous ne voulons pas léser nos aînés.

Parce que Mister K devra continuer de jongler entre deux appartements, deux villes, entre ses 2 enfants.

Parce que je ne sais comment accueillir ce bébé, dans mon petit F3 dans lequel moi-même je n'ai pas de chambre - au fur et à mesure que les jours passent, ça devient une angoisse de plus en plus oppressante.

Lorsque j'ai réalisé que j'étais enceinte, j'ai dit à Mister K que ce bébé n'était pas le bienvenu. Il m'a reprise: un enfant, c'est toujours bienvenue.

C'est vrai. Malgré tout, je l'attends, cet enfant. Je me suis attachée à lui. Je l'imagine, je le fantasme. Je sais qu'il n'est pas là par hasard.

J'ai du mal à imaginer que tout ira bien après, étant données toutes les embûches qui nous attendent... Mais je n'ai pas d'autre choix que de continuer la route.

Wednesday, April 22, 2009

Comment ne pas être des parents parfaits en une leçon

Hier soir, nous avons eu le bonheur de garder P'tit Crabe (mon neveu)

Ma soeur l'allaite toujours, mais ne parvient plus à tirer suffisamment de lait pour les fois où il est gardé.

Hier donc, son mari et elle arrivent avec le sac à couches et changes, les hochets, l'eau minérale et le lait en poudre.

Il manque quelque chose, vous ne trouvez pas? Allez, relisez.... oui, c'est ça, le biberon!
2H plus tard, nous avions un P'tit Crabe hurlant dans les bras, et nous étions totalement impuissants face à cet énorme chagrin, cette colère débordante!

En attendant le retour de ses parents, nous lui avons signifié à plusieurs reprises que nous n'étions en rien responsables, que c'était la faute de ses parents!

Pas sûr qu'il nous ait cru...

Friday, April 17, 2009

Je suis naïve!

Il y a 2 jours, nous étions en voiture, largement engagés dans une minuscule rue qui a le tort d'être à sens unique.
Peu passante, heureusement.
A mi-chemin, cette ruelle en rencontre une autre sur la gauche.
Il y a 2 jours, donc, j'étais presque à la hauteur du croisement lorsqu'un gros 4X4 - poussez-vous-de-là-je-vous-écrase-tous a déboulé de l'autre rue.

Le conducteur m'a fait plein de signes. Clairement, il ne voulait pas me laisser passer, alors que j'avais la priorité (je venais de sa droite), qu'il me fallait, moi, reculer sans aucune visibilité sur une bonne quinzaine de mètres avec le risque qu'une voiture ne déboule et qu'on se rentre dedans, alors que lui était encore à moitié dans sa rue et n'avait à reculer que d'un mètre.

Je ne perds jamais mon sang-froid dans ces cas-là. Une fois où quelqu'un m'avait fait un coup semblable, j'avais mis mon frein à main, coupé le moteur, et sorti mon livre en cours.... l'autre a cédé, comprenant que je n'étais pas prête à le faire!

Mais il y a 2 jours, nous étions un peu pressés. J'ai ouvert la portière et fait part de mes arguments au conducteur récalcitrant, qui était à moitié sorti par la fenêtre. Il est illico rentré dans sa voiture et a fait marche arrière.

Je l'ai trouvé bien courtois, d'un coup, de se rendre à mes arguments sans discuter davantage - alors qu'à la base, il n'allait quand même pas se laisser rouler par une modeste voiture de ville, lui le monsieur gros 4X4!
J'ai trouvé ça bizarre aussi, je n'étais pas persuadée qu'il ait pu entendre ce que je lui disais, il pleuvait, il était de l'autre côté de sa voiture par rapport à moi....

C'est après que j'ai réalisé.
Monsieur gros 4X4 a renoncé à se prévaloir de sa grosse bagnole parce que Mister K était sorti de la voiture!

Mon argument le plus percutant!

Comme s'il fallait compter sur la courtoisie des messieurs gros 4X4 en ville....

Wednesday, April 15, 2009

Traditions françaises

Figurez-vous que lorsque j'ai le dos tourné, Mister K. enseigne des chansons traditionnelles à mes enfants.

Oh formidable, me direz-vous, "il pleut bergère, " à la claire fontaine"?

Heu, on parle de Mister K là, pas de ma mère....

Non, voilà ce que Mister K a enseigné à mes enfants, et que mon fiston chantonne désormais sans y penser...

(sur l'air de la marche funèbre de Chopin)

Un corbillard s'enfonçait dans le brouillard
suivi de 2 squelettes à bicyclette
la bicyclette creva, il fallu marcher à pied, marcher à pied,
jusqu'à la morgue
pour voir s'il n'y avait rien à bouffer
y'avait une vieille qu'était si verte
qu'on aurait dit des épinards nards nards
et sur son dos, des asticots, qui lui grattaient ces quelques mots mots mots
"j'aime le crachat des vieux, la morve des vieilles
la diarrhée des nouveaux-nés
les boutons percés
c'est bon, c'est gluant, ça coule entre les dents"
ouarf ouarf ouarf

Heu.... sinon il joue à Risk avec eux, ça rattrape...

Sunday, April 12, 2009

Verdict....

C'est une pyélonéphrite!

Oh le joli mot, j'essaierai de le placer au scrabble ou dans nos jeux de lettres - nous choisissons un thème mais Mister K ne veut jamais le thème "médecine", allez savoir pourquoi...

Mister K va sortir à temps de l'hôpital pour voir Bébé Oups à la télévision mercredi :-) Et à part ça repos repos repos... je ne sais pas trop comment ça va être possible ça, chez moi il y a les enfants, chez lui des travaux toute la journée (si si, c'est prévu qu'on habite ensemble dès que possible...)

En attendant, Mister K a de quoi se consoler lors de son séjour à l'hôpital, il voit la Tour Eiffel de sa chambre... Ah non, en fait il s'en fout... Quel difficile!

Pour changer de sujet et évoquer ce qui ne préoccupe tous en ce jour, sachez qu'hier j'ai exploité les enfants... Bin oui, les cloches de Pâques n'allaient pas pouvoir déposer les chocolats dans la poussière! On a donc fait un brin de ménage express, tous armés de chiffons... héhé, autant que ça serve :-)

En mauvaise mère que je suis, j'ai aussi exigé d'eux qu'ils se lavent exceptionnellement en ce jour exceptionnel, et nous filons chez des amis chers.... où je vais les abandonner pour rejoindre Mister K et la Tour Eiffel!

Friday, April 10, 2009

Nouvelles rassurantes

Mister K. va mieux mais ne rentre que mardi....
C'est dur, plusieurs jours sans lui...
Ça me fait réfléchir et il ne sort que du positif de ces réflexions.

Rien à voir, mais ma fille a commencé un blog... si vous pouviez lui laisser un mot pour l'encourager...

c'est

Thursday, April 09, 2009

Tirer sur la corde

Il m'avait prévenu pourtant....

Qu'avec ses jambes foutues et son rein greffé, la vie que nous menons était pour lui du véritable surmenage.
Pourtant il faut bien... qu'il bosse, pas beaucoup heureusement mais quand même, qu'on emmène les enfants à droite à gauche, qu'on fasse les courses...
Et puis mon début de grossesse qui m'a mise sur le carreau (je suis enfin arrêtée depuis le début de la semaine, j'avais 9 de tension), il a dû tout assumer, la maison, les enfants...
Et puis toujours un truc à faire, quelque part où aller, des amis à voir...

Bref, le corps de Mister K a dit stop.
Fièvre qui oscille entre 38°c et 42, douleurs partout depuis la nuit de mardi à mercredi...
Ce matin, nous avons appelé l'hôpital où il est suivi, il s'est entendu répondre - pas une surprise du tout - que son état nécessitait une hospitalisation.
Une ambulance est venue le chercher...il allait mal, si mal....

J'espère que ce n'est rien de grave, juste un message pour qu'on lève le pied, enfin...
Et je découvre ce que c'est, la vie avec un conjoint à la santé défaillante...

Sunday, April 05, 2009

Le 4ème rein

Viking: Pourquoi Mister K est parti tôt ce matin?

Moi: Il s'est fait greffé un rein l'année dernière....

Princesse: Ouais, même qu'ils lui ont laissé les 2 autres, il a 3 reins maintenant!

Moi: .... et donc là il fait une visite de contrôle à l'hôpital pour voir si tout va bien.

Princesse: Et si tout ne va pas bien, ils vont lui greffer un 4ème rein?

P'tit Elfe (fils de Mister K): Ah bin non hein, avec un 4ème rein, il va exploser!

Thursday, April 02, 2009

Responsabilité

Hier, j'ai lâché Princesse à son cours d'équitation puis j'ai emmené à son activité P'tit Elfe, le fils de Mister K.

En revenant au club d'équitation, j'apprends que nos enfants sont partis en balade.
Il fait beau, le club se trouve dans une base de loisirs entourée d'une forêt, ça serait dommage de ne pas en profiter.

11h, heure de fin du cours, pas une oreille de poney à l'horizon. 11h10, on commence à se poser des questions. 11h15 à s'inquiéter.

11h20, deux autres moniteurs nous annoncent que la monitrice de nos enfants s'est perdue, mais que tout le monde va bien (merci les téléphones portables).
2 minutes plus tard arrivent au galop 4 poneys, seuls.... Les autres mamans sont plus rapides que moi pour aller aux infos (je suis devenue une larve), ce sont elles qui m'apprennent que, d'après les monos, les poneys n'étaient pas montés, les enfants marchaient à côté et ont lâché la bride.

En passant, drôlement pressés de partir avec leurs propres groupes, les monos... Ca sentait mauvais.

Pour cause: à 11h30, le petit groupe est apparu. La mono sur un gigantesque cheval.
Monitrice qui n'est pas la monitrice habituelle des enfants.
Des enfants à dos de poney, 4 autres à pieds, dont la mienne... 4 fillettes qui enfin s'effondrent en larmes en nous voyant.

Et voilà la vérité vraie messieurs-dames:
La monitrice a donc emmené en balade un groupe d'enfants qu'elle ne connaissait pas, dans un endroit qu'elle connaissait encore moins.

C'est pas formidable ça?

Quant aux poneys revenus seuls, ils étaient montés -contrairement à ce qui nous a été dit- et ont jeté bas leurs cavaliers lors d'une folle course dont Princesse ne s'est pas encore remise.

La frayeur de sa vie, elle dit, et je veux bien la croire; les poneys se sont emballés, Princesse se souvient de la monitrice qui criait "mais revenez, faites demi-tour", bin voyons! Elle est tombée loin du groupe, lorsque le poney a sauté une branche, est tombée le dos sur ladite branche, a été aidée par une dame qui passait, a retrouvé les autres copines qui elles aussi avaient chuté....

L'histoire ne s'arrête pas là: la monitrice, donc, non seulement a emmené des enfants qu'elle ne connaissait pas en balade dans un lieu inconnu d'elle, a prétendu que les chevaux avaient été lâchés et que nos enfants n'avaient rien, mais en plus, elle a culpabilisé une fillette qui avait essayé de les en sortir ("à cause de toi on est encore plus perdus").

Je suis allée me plaindre à l'accueil du club, et je veillerai la semaine prochaine à ce qu'aucune circonstance atténuante ne soit retenue contre cette personne (elle a dû donner sa version des faits et j'espère qu'elle sera confrontée aux enfants)

Elle a mis en danger 12 enfants... Ca s'est soldé par de douloureuses chutes et d'énormes frayeurs mais ça aurait pu être pire... et on ne doit pas lui permettre que ça soit pire un jour, avec d'autres-du moins pas tant qu'elle n'aura pas admis ses erreurs et sa responsabilité totale.

Tuesday, March 31, 2009

Nouvelle bannière....

Créée par Mister K (on s'extasie s'il vous plait)

Malheureusement, dans la manipulation, tous les liens ont disparu....

Je vais les remettre petit à petit... heu, pas ce soir.... je suis trop fatiguéééééééééééeeeeeeeeeeeee!

Car nés de voyages

(Titre d'une exposition locale, qui colle bien au propos d'aujourd'hui)

J'ai été envoyée hier et aujourd'hui en remplacement dans la petite école d'un petit village.
Première chose que je fais hier matin, comme tous les jours: ouvrir le cahier d'appel.

Surprise: 21 noms écrits au stylo, dans l'ordre alphabétique, puis 9 au crayon de papier, sans ordre, et 2 prénoms sans nom. Sur ces 9 enfants, 5 sont là.

A la récréation, les collègues confirment l'hypothèse que je m'étais forgée: ce sont des "enfants du voyage". Vaguement scolarisés sur la commune, environ 6 mois de l'année, et encore avec des trous, et le reste du temps, mystère...

Je me souviens de la fête foraine de la ville autrefois... Sur le champs de foire sur lequel ont été construits depuis un Macdo, un Casto, un Confo, plus tous les autres magasins qu'on trouve habituellement dans les zones commerciales.
Mais autrefois, il y avait une chouette fête foraine, et les enfants des forains fréquentaient alors, pour un mois, la même école que moi.

Le souvenir que j'en ai, c'est que j'étais l'une des rares à jouer avec eux... Racisme, méfiance... J'en ai entendu.

Des enfants du voyage, des gens du voyage, sinon, je ne connais rien - à peine les théories toutes faites à leur sujet qu'on entend de loin en loin, j'évite d'écouter les théories toutes faites sur des catégories de population.

Enfin... quand même... ma mère, qui les recevait dans le cadre de son métier, m'avait dit une fois que la plupart étaient illettrés.

Mais ce n'est pas la première chose à laquelle j'ai songé hier en les rencontrant.

Ça m'est revenu en tombant sur un mot écrit à l'enseignant de la classe par la mère d'une de ces fillettes; une série de mots écrits phonétiquement et dont l'ensemble tentait de faire passer un message qu'on comprenait vaguement.
La fillette, elle, a su encadrer des noms communs par des adjectifs qualificatifs cohérents - d'autres élèves de la classe se sont donnés moins de peine.

J'avoue m'être un peu énervée contre 2 garçons au premier rang qui passaient leur temps à discuter (à voix basse), avant de comprendre que c'étaient 2 de ces "enfants du voyage"... L'un d'eux avait quelques difficultés et demandait l'aide de son voisin - au lieu de simplement copier sur lui. Puisqu'il a l'air d'apprendre ainsi, j'ai laissé faire. Il s'est montré vraiment très performant en maths par la suite, brillant même- je n'ai jamais vu un enfant résoudre si rapidement une soustraction avec retenue, et il a été le seul à résoudre correctement un problème que j'avais donné à ceux qui avait fini en avance. L'autre avait un niveau suffisamment bon partout pour ne pas avoir à être pris en petit groupe par l'instit itinérant qui s'est spécialisé dans les "enfants du voyage".

Ils ont énormément participé en histoire, 10 fois plus que les autres élèves, particulièrement endormis.

Les deux autres étaient plus en difficulté, un surtout, mais s'accrochaient.

Bref, j'ai été agréablement surprise, carrément touchée même par ces enfants. Des enfants bien dans leur peau, certainement très suivis chez eux - peut-être entre autres grâce à l'informatique et aux logiciels scolaires?

2 d'entre eux - les deux du premier rang - ont pris toutes leurs affaires ce soir, on ne sait pas s'il y aura un remplaçant jeudi et vendredi et ils partent ce week-end.

Où? je l'ignore et ils n'ont pas jugés utile de le préciser. Car ils sont nés de voyages...

Wednesday, March 25, 2009

Petit matin à la bergerie

Ce matin, il fait moche, gris, il pleut.

D'habitude, les enfants aiment bien se voir confier la mission d'aller acheter les baguettes du petit-déjeuner à la boulangerie, mais ce matin, il pleut, si vous voyez le rapport de cause à conséquence.

Qu'ils ne comptent pas sur moi, j'ai le nez dans mon bol plein de céréales au fromage blanc, le seul truc qui passe depuis le début des symptômes, je ne bougerai pas tant que je n'aurai pas tout mangé.

Un seul espoir: l'Homme. Je tente donc de ce côté-là.

"Tu sais, au temps des hommes préhistoriques, les pères allaient chasser le p'tit dèj de leurs enfants le matin."

Réponse: "Au temps des hommes préhistoriques, les pères qui se levaient de mauvais poil bouffaient leurs enfants au petit dèj."

Ils ne devaient pas être trop souvent de mauvais poil alors, on ne serait plus là depuis belle lurette pour en parler sinon!

Monday, March 23, 2009

Et en plus, il bloggue!

Oui oui, mon homme a ouvert son blog hier.
Déjà qu'il joue à un jeu où il doit être absolument beaucoup souvent parce que l'avenir de la galaxie en dépend, si maintenant il se met à blogguer, je ne sais pas comment je vais faire pour accéder au PC....

Vous pourriez lancer une pétition si je vous manque?

Bon, en attendant, le blog de mon homme est, comme ça vous aurez une bonne idée de la personne avec qui je m'apprête à vivre.

Je vous préviens, il n'aime pas Sarko et il est écolo..... Âmes sensibles s'abstenir!

Sunday, March 22, 2009

Troc'livres

Hier, nous avons participé à un troc'livres.

Le principe est aussi simple que vous l'imaginez: on est arrivés avec 45 livres, on nous a remis 45 tickets, nous sommes repartis avec 40 livres - nous pouvons garder les 5 derniers tickets pour la prochaine édition.

Contre des livres qui ne nous intéressaient pas, nous avons eu de beaux albums pour enfants, des essais et des romans que nous n'aurions sans doute pas achetés autrement... et s'ils ne nous plaisent pas, hop! on remet dans le circuit.

Système écolo (et économique comme souvent avec ce qui est écolo!) qui mériterait d'être élargi aux jeux et jouets (j'ai déjà vu faire dans une ville du coin également) et aux vêtements.

Je retourne larver.... Oui, vous l'avez constaté, je ne suis pas très présente, entre problèmes de connexion (définitivement réglés depuis peu), famille élargie et grossesse épuisante...

Friday, March 13, 2009

... sur la pointe des pieds....

Une petite vie est venue s'installer en moi, doucement, sur la pointe des pieds.

Une autre s'en va, doucement, lentement.

Ma grand-mère ne verra pas son 8ème arrière-petit-enfant.

Elle a eu 97 ans il y a 2 jours. Dernière représentante de sa génération dans la famille. Fatiguée de vivre. Elle ne lutte plus.

Elle part. Je m'attends à recevoir d'un jour à l'autre la nouvelle de sa mort.

Rien à dire, rien à faire. J'ai partagé mes joies récentes, voici mon prochain chagrin.

Thursday, March 12, 2009

De l'inconvénient d'être trop prévenant

Mardi soir, mon homme a tenu à aller chercher tout seul les 2 tubas dans la voiture.
Hé oui, il est comme ça, il fait attention à sa petite femme enceinte de 5 semaines, qui ne va quand même pas se taper les 2 étages à pied aller-retour avec un tuba à porter au retour.

Hier matin, journée mercredi-marathon.
Il part à 9h, direction la gare en bus, pour y prendre un car qui le conduira à F., où il a rendez-vous pour son fils.

20 minutes après, nous sommes prêts à décoller aussi, pour l'équitation puis l'alto.
C'est là que je me rends compte que les clés de la voiture sont dans la poche de l'Homme. Qui est parti à la gare, vous vous souvenez?

Je l'appelle, il revient, nous nous précipitons au centre équestre, où nous arrivons à 10h, heure à laquelle le cours commence - il faut arriver au moins 20 minutes avant pour seller le poney. L'homme y va de son numéro de charme et ça passe auprès de la monitrice.

10h, c'est aussi l'heure à laquelle l'homme avait rendez-vous, à F. Nous réembarquons illico, nous allons aussi vite que possible sans dépasser les limites de vitesse, et 20 minutes plus tard nous sommes à F., à bord de notre voiture qui sent désormais le vomi.

Viking n'a pas pu se retenir.

L'homme est sorti du rendez-vous à 11h, heure à laquelle s'achève le cours de Nana, à 20 minutes de là. Et hop, on fonce dans l'autre sens. Après, on a été en retard partout, et on n'a pu nettoyer la voiture que le soir.

Voilà, voilà ce que c'est, d'être trop prévenant avec les femmes enceintes.
On passe la journée à courir après le retard, dans une voiture qui sent le vomi!

Monday, March 09, 2009

L'Homme....

Il a déboulé dans ma vie une nuit de janvier.

On s'était déjà vu avant, mais à ce moment-là on n'allait bien ni l'un ni l'autre, nous n'étions manifestement pas prêts...

Mais cette fois-là.... c'était le moment... et on ne s'est plus quittés ensuite.
Dès le lendemain, il m'a accompagnée aux différentes activités des enfants. Le midi, j'ai appelé mes parents pour signaler que... heu.... je ne serais pas seule pour le repas. Il y avait aussi mon jeune frère et ma jeune sœur, bref,ce fut une présentation dans les normes! L'Homme a d'office pris mon neveu dans ses bras pour lui faire plein de gouzi-gouzi, et charmé tout le monde dans la foulée, hop, ça, c'est fait.

La nuit suivante, il a débouché mon lavabo.
Il a attendu 2 jours de plus pour réparer le clic-clac cassé et animer la fête d'anniversaire de Nana - c'est un pro de la Danse des Canards.
Il a rafistolé tout ce qui était en attente longue durée dans ma maison de célibataire-qui-se-laisse-vivre, posé des étagères, fixé des cadres, réparé l'armoire.
Il emmène les enfants à l'école le matin, les aide à faire leurs devoirs, joue avec eux, les taquine et les câline.
Je lui ai fait une place dans l'armoire, Viking s'est un peu poussé pour en laisser dans sa chambre à son fils - eh oui, il n'est pas arrivé les mains vides!

Il est là, jour après jour, comme une évidence.
On se regarde et les mots n'ont pas d'importance - ce qui ne nous empêche pas de jacasser malgré tout!
Tout est facile, tout est bien, tout est beau.
La vie ne nous a épargnés ni l'un ni l'autre, lui surtout, et voilà, on est heureux de vivre, heureux de s'être trouvés.
Heureux comme le soir où on a déchiffré le test de grossesse. On s'est marré comme deux gosses. Pourtant.... Ce n'est tellement, tellement pas le moment.
Pas grave. On y arrivera. On a surmonté tant de choses déjà, et tant de choses nous attendent encore... Ce bébé, ce n'est peut-être pas vraiment un hasard, c'est un beau cadeau de la vie, comme un signe d'elle qu'on ne doit pas s'en faire....

Wednesday, March 04, 2009

Maternité

Quand on est ado, on imagine qu'on va rencontrer l'homme de sa vie, qu'on va vivre quelques temps ensemble et puis après on va habiter ensemble et puis ensuite décider de faire un bébé, lancer la production, que la grossesse va être merveilleuse, l'accouchement aussi, qu'on va aimer à fond le bébé dès la première seconde et que tout va être pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Je ne sais pas vous, moi, ça ne s'est pas du tout passé comme ça.

Pour Nana, j'étais étudiante, chez mes parents, assez immature pour vouloir un bébé et assez immature aussi pour le faire et épouser le mec qui allait avec.
Je voulais un garçon, j'ai une une fille, que j'ai aimée dès la première seconde, ça s'est corsé après.

Pour Viking, j'ai fait beaucoup de fausses couches avant, je n'arrivais pas à m'attacher à lui lorsque je l'attendais, j'espérais une fille, il est né alors qu'on se séparait son père et moi, et lorsqu'on l'a posé sur mon ventre, j'ai éprouvé du rejet.

Je suis devenue mère à la va comme je te pousse, dans la culpabilité et la douleur.

Avec l'Homme, c'est décidé: un bébé peut-être un jour, mais quand on l'aura décidé, quand on aura rangé nos vies respectives surtout.
Un bébé PROGRAMME.









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Hahahahahaha!!! Comme je suis trop comique quand je veux.
Un bébé programmé? moi???
Non mais arrêtez de me faire rire.

Bébé Oups - surnom officiel du squatteur- a décidé de s'inviter à la fête.
Dans nos vies toutes rafistolées de partout.
Comme s'il pouvait en être autrement avec des parents pareils! Incapable d'organiser leurs propres vies.... Comme si on pouvait, nous, organiser et planifier un bébé, mouarf!

Heureusement qu'il s'est organisé tout seul, tiens.

Une chose est sûre: garçon ou fille, peu m'importe. Mais avec tout ce qui nous attend, ça ne sera pas un bébé de la sérénité. Mais un bébé de la maturité, cette fois, oui.

Sunday, February 22, 2009

Non....

je n'ai pas disparu.

Je suis juste toujours privée de net.

Vous lire me manque. Ecrire ici, aussi.

J'aimerais vous dire que tout va bien, mais ce n'est pas tout à fait vrai. Enfin, rien ne va vraiment mal non plus.

J'aimerais pouvoir simplement m'allonger, fermer les yeux et me laisser bercer par le vent.
Un jour, peut-être... un jour, ça sera simple, facile. Un jour peut-être, nous arriverons au bout de notre odyssée, sans trop de casse. Je n'y crois pas vraiment.

Ca va faire 2 ans, dans quelques jours, et l'enquête repart au début....

Thursday, February 12, 2009

Totale compatibilité

Je ne suis pas quelqu'un de très à l'heure (j'en entends qui se marrent là)
J'en ai déjà parlé une fois ici, je ne vis pas dans le même espace-temps que vous.
Quand je dis qu'on en a pour 5 minutes, je le pense vraiment, je suis hyper sincère, je suis persuadée que ça va me prendre 5 minutes. Bon, la plupart du temps, dans votre espace-temps à vous, ça fait 15 minutes voire 30, est-ce que j'y peux quelque chose, hein?
D'autres fois, il est 13h15, je me dis que ça va j'ai hyper le temps, et soudain il y a un trou noir dans lequel je tombe et la minute d'après il est 14h et je suis à la bourre, vous voyez franchement je n'y suis pour rien.

Y'a un côté familial au retard chronique même si mes parents nient farouchement.
Et ma soeur est pire (comme ça si tu lis et que tu réagis je saurai que tu lis :-p)

Tout ça pour dire qu'il y a un homme qui squatte ma vie en ce moment, et qu'il est très fort aussi pour être en retard avec la meilleure foie du monde et sans le réaliser plus que moi.
Du coup, au lieu de tenter de se rattraper l'un l'autre, on cumule.

Ca va pas arranger nos affaires ça...

Monday, February 09, 2009

Au menu ce soir....

Y'a des soirs comme ça, j'ai une terrible envie de cuisiner.

Faut dire, quitte à utiliser l'économe et allumer le four et les plaques, autant que ce soit pas pour rien!
Faut dire aussi, y'a des soirs où on s'est tellement retenu dans la journée pour ne pas baffer les élèves qu'il faut se défouler sur les légumes.(comme aujourd'hui où j'ai eu une affreuse classe d'affreux petits gnômes comme je n'en avais jamais eus, dans l'école où une certaine princesse dont la soeur chantait qu'il y avait un ouragan scolarise sa fille, mais c'est pas sûr qu'il y ait un lien, quoi que)

Donc ce soir, si ça vous chante
- poêlée de fenouil et carottes
- feuilles de brik à la purée de brocolis
- rissolée de pomme de terre et céleri-rave aux herbes
- carottes râpées
- salade d'endives
- préparation de la pâte à tarte pour faire ma fameuse tarte aux poireaux demain
- pain complet en train de finir de cuire
- yaourts qui seront prêts demain

Je suis tranquille quelques jours (juste à ajouter riz ou lentilles)

Demain je retrouve mes affreux petits gnômes - et pour une fois ce n'est pas affectueux de ma part, j'ai failli quitter le métier dans l'après-midi.
Je sens qu'en rentrant, le reste du frigo va y passer.

Sunday, February 08, 2009

Comment ne pas se compliquer la vie

D'habitude, je rabats le couvercle des toilettes parce que l'un de nos chats s'amuse à boire au fond et j'ai peur qu'il dérape et se noie.

Mais depuis quelques temps, j'ai un homme à la maison, qui ne rabat pas le couvercle, lui- pas l'habitude.

Un matin, en sortant de la salle de bain, j'ai entendu un bruit caractéristique de miction dans les toilettes. Entrouvertes les toilettes, et personne ne fait ça dans la maison, et surtout je n'avais entendu personne se lever.

Bingo, c'était un chat qui se soulageait, il avait bien compris le truc, tout à fait en équilibre, il me regardait un peu gêné parce qu'on a beau être un chat, on a néanmoins sa pudeur et j'exagérais de le regarder comme ça.

Il n'en a pas mis une goutte à côté.

Plus qu'à lui apprendre à tirer la chasse d'eau.

Tuesday, February 03, 2009

La pomme, la couverture, le chat et l'escalier

L'hiver dernier, alors que nous marchions en grelottant dans les rues de la capitale, Viking s'est mis à manger une pomme. Banal. Normal.
Sauf qu'un SDF, qui s'était réfugié sous une couverture dans un coin de porte cochère, a regardé Viking. La pomme qu'il mangeait, plutôt.
C'est quoi ce monde où soudain, on a honte que son fils ait l'essentiel, juste l'essentiel, alors que tant d'autres ne l'ont pas?

A la fin de l'été, ma sœur m'a confié une couverture à vendre lors d'un de mes vides-greniers. Ma sœur ne souhaitait pas s'enrichir mais juste se débarrasser, aussi cette couverture a-t-elle passé la porte du Secours Populaire, plutôt. Ca m'avait mis mal à l'aise. On a tellement de couvertures qu'on en a à revendre, c'est le cas de le dire. Alors que tant d'autres n'ont même pas, même plus ça. Et qu'ils en crèvent.

Dans le courant de l'automne, les enfants et moi avons une nuit dormi chez mes parents, j'avais une réunion le lendemain. Au matin donc, j'ai poussé la porte d'accès à l'escalier (je ne prends jamais l'ascenseur seule), et j'ai réveillé l'homme qui dormait là. Qu'ajouter?

Lorsque notre chat est mort, le vétérinaire m'a conseillé de faire tester les deux autres chats vers fin décembre, pour vérifier s'ils étaient atteints ou non. Sachant qu'il n'y aurait rien à faire, s'ils s'avéraient malade, au mieux, quelques médicament hors de prix pour les maintenir davantage en vie. Dans la foulée, le vétérinaire m'a incitée à acheter des croquettes de régime monstrueusement chères parce que les gros chats peuvent avoir davantage de problèmes de santé et donc mourir plus jeunes (mais en fait, ils ne sont même pas gros)
J'ai acheté les croquettes, j'étais décidée à faire tester les chats....
Et puis je me suis souvenue de la mort de Bagheera... combien d'êtres vivants sur cette planète ont une vie aussi tranquille que celle qu'a connu ce chat? Combien d'êtres vivants ont une mort aussi douce et digne que lui?
J'ai arrêté l'achat des croquettes de régime, je ne fais pas tester les chats. J'arrête d'engraisser ceux qui mettent au dessus de tout la santé de quelques animaux déjà privilégiés du seul fait d'avoir un foyer, une gamelle et un vaccin par an, pendant que tant de souffrances diverses et variées -je n'en fais pas la liste- perdurent un peu partout.

Pour finir ce billet de la colère, une anecdote révélatrice de la dérive de notre société:
l'ascenseur de l'immeuble de mes parents subit un grand lifting de plusieurs semaines. Pour aider les habitants à monter je ne sais quoi dans les étages, l'office HLM a mis à leur disposition un portefaix. Oui, vous avez bien lu, en 2009, il y a des gens qui ont des contrats ultras précaires -parce qu'une fois l'ascenseur réparé, je vous laisse deviner- et sont payés une misère pour porter le fardeau des autres.

Et le pire, c'est que je suis la seule à m'indigner.

A part ça, j'ai une connexion qui délire, de mauvaises nouvelles de la justice, un énorme trou dans mon compte en banque, et de l'amour qui déborde de partout.

Tuesday, January 27, 2009

Ce que j'ai fait aujourd'hui (bis)

J'ai confectionné de jolis sous-mains pour mes élèves, un côté maths un côté français, tout bien plastifiés.

Sinon hier j'ai ramassé du vomi d'élève dans la classe de ma copine.

Ca ma rappelé la fois où je suis allée chercher un bout de doigt (d'élève, toujours) dans une porte.

Je suis précieuse dans une école, en somme.

Saturday, January 24, 2009

En vrac mais pas en noir et blanc

Je suis désolée d'avoir si peu l'occasion de poster ici en ce moment... Mais j'ai bêtement oublié de payer mon fournisseur d'accès à internet et du coup il m'a coupé la ligne, le vilain :-)

Remarquez, je ne suis pas sûre que je bloggerais davantage même en ayant internet...
Je roucoule à fond et plus si affinités.
Et désormais c'est à 5 qu'on débarque partout et non plus à 3 (je ne fais pas les choses à moitié, ni au double d'ailleurs)

Il y a quelques jours, j'ai revu le père des enfants dans le bureau de la JAF. Mercredi dernier, c'était au tour des enfants d'être entendus par elle.
Il y aura des visites médiatisées, une heure par mois en présence d'un psy.
Les enfants ont été très stessés par ce rendez-vous, le sont également à l'idée de revoir leur père. J'ai réalisé à cette occasion que cet homme n'est plus personne pour Viking, qui n'a aucun souvenir de lui - si on excepte ce qu'il a subi bien sûr...

Dans la foulée nous avons reçu les rapports d'expertise psychiatrique des enfants, bien moins mauvais que ce que nous craignions dans un premier temps.

J'ai vécu un moment étrange le jour de mon audience chez la JAF. L'avocate de mon ex a tout fait pour ne pas m'enfoncer, s'est contentée d'une petite pique mais en se reprenant aussitôt. Et a insisté: hors de question qu'il y ait autre chose que des visites médiatisées, et une heure par mois grand maximum! A part ça, cet homme se dit innocent et impatient de revoir ses enfants...
D'ailleurs, personne ne le croit, du juge d'instruction à l'avocate des enfants. Mon avocate a affirmé que nous étions prêts à entendre sa demande de pardon, que même nous l'attendions, pour les enfants comme pour lui. Mais c'est peine perdue. Je crois que tout ce qu'il y avait de bon en lui est définitivement brisé. Je t'attends plus rien de lui. Je renonce à le sauver malgré lui, j'ai déjà assez à faire avec les enfants...

J'ai eu des nouvelles de la cousine des enfants, elle va bien, ils se reverront bientôt. Son père, mon ex beau-frère, a été jugé en décembre et a été condamné à 12 ans ferme pour le meurtre de sa femme.
Je ne sais qu'en penser. Elle ne reviendra pas. Rien ne la fera revenir. Je ne sais si 12 ans sont trop, pas assez, juste ce qu'il faut.
J'ai juste obtenu une réponse à une question que je me posais depuis longtemps.
Je n'arrive pas non plus à savoir si j'aimerais que mon ex aille en prison ni combien de temps. Je laisse la justice décider et c'est tant mieux. Tout ce que je souhaite, c'est que les enfants soient définitivement hors de danger, et apparemment on va y arriver - alors qu'il y a quelques semaines, nous étions très loin d'envisager cet avenir.

Qu'ajouter? La vie est belle...Ou presque - les semaines à venir risquent d'être difficiles pour les enfants.
Et puis, vivement le retour du net chez moi :-)

Monday, January 19, 2009

P'tite vieille

Il y a quelques jours, Nana et moi montions bravement les escaliers pour arriver chez mes parents, au 5ème étage. Viking galopait devant nous. Nana a remarqué que "quand j'étais jeune, moi aussi je courais comme ça dans les escaliers".

Et oui, c'est ça d'entrer dans la première dizaine...

10 ans aujourd'hui!

et sinon, problèmes de connexion mais ça devrait de régler très vite

sinon aussi, pour occuper 12 gnômes de 9 ans, la danse des canards en boucle, ça marche du tonnerre!

Thursday, January 15, 2009

Explosion

Il y a des moments où on est si rempli de bonheur, si tout plein de gratitude envers la vie, si heureux et joyeux, durablement, qu'on se dit qu'on a atteint le 100% de bonheur et de joie de vivre et que la coupe est pleine à ras bord, c'est pas possible d'en avoir plus.

Bin en fait si, c'est possible. De s'en prendre du rab', de bonheur. Une tranche en plus. Une ch'tite rasade supplémentaire. Ca déborde... Et ça inonde les autres du coup.

Quand ça nous arrive, il ne faut surtout pas se poser de question. Tout prendre, tout manger, tout boire.

C'est ce que je fais.

Et non, vous ne saurez rien! Du moins, pas aujourd'hui :-p

Saturday, January 10, 2009

Mes enfants sont des extra-terrestres

J'avoue que durant quelques mois, je n'ai presque pas cuisiné... Déjà, on mange peu souvent à la maison, en plus nous sommes débordés, et pour finir j'allais très mal au retour des vacances d'été, j'ai voulu m'épargner au maximum et justement, je n'avais plus envie de cuisiner.
Donc, j'avoue à ma plus grande honte que j'ai acheté des sachets de purée, des légumes surgelés (mais pas de plats tout fait, j'ai horreur de ça), nous alternions avec des pâtes et du riz...

Là, je me remets à cuisiner avec joie, d'autant plus que je me fais livrer de bons légumes et fruits biologiques ou issus de l'agriculture raisonnée pour trois fois rien, et que dans nos résolutions de début d'année les enfants et moi avons inscrit "s'orienter vers le végétalisme".

Il y a quelques jours, j'ai mitonné une tarte aux poireaux, mais je m'y suis prise trop tard et ce n'était pas prêt à l'heure du repas... J'ai donc sacrifié mon dernier sachet de purée mousseline, réservant la tarte pour le lendemain.

Totalement dépité, Viking s'est mis à pleurer qu'il ne voulait pas de puréééééééééééééeeeeeeeee mais de la tarte aux poireaaaaaaaaaaauuuuuuuuuux... Comme vraiment ce n'était pas cuit et que je n'y pouvais rien, il s'est tourné vers le cuit-vapeur où je décongelais des haricots verts (l'ultime paquet de ma période ras-le-bol) pour mon repas du lendemain midi, espérant avoir une réponse positive, mais non, ce n'était pas encore prêt... Re-larmes... Il s'est mis à manger sa purée avec mauvaise grâce, parce que franchement ça vaut pas une tarte aux poireaux

Il a été tellement lent que finalement, la tarte aux poireaux c'est trouvée prête avant qu'il ne sorte de table... il a eu sa part, ravi...

Je me souviens du jour, il y a plusieurs années, où nous étions dans un magasin à acheter le nécessaire pour la tarte aux poireaux, il était très agité, se roulait pas terre, pour finir je l'ai menacé de ne pas faire la tarte... il s'est calmé illico, sous l'oeil étonné de clients alentours (et moi j'étais ultra fière, j'avoue...Devoir menacer ses enfants d'avoir de la purée mousseline au lieu d'une tarte aux poireaux, c'est le nec plus ultra!).

Viking est le plus virulent mais Nana n'est pas en reste. Elle se damnerait pour des endives crues - mais j'ai des histoires moins spectaculaires à son sujet, pfffffffff, même pas drôle.

Y'a des soirs, je sors le grand jeu, je leur file des épinards. Vous n'allez pas me croire, mais ces soirs-là c'est fête, ils sont fous de joie et réclament du rab'.

Nananère, ils sont à moi ceux-là!

Wednesday, January 07, 2009

.... à côté de la plaque...

J'en ai déjà parlé à plusieurs reprises mais pour ceux qui ne suivent pas, je joue du tuba depuis 3 mois.
J'ai rejoint un petit ensemble d'instruments à vent (dont j'augmente sévèrement la moyenne d'âge: les autres sont les enfants de l'âge de Nana!) et ce soir, nous avons joué au début de la cérémonie des vœux du maire de l'une des communes dont dépend le conservatoire.
Les autres musiciens devaient se déplacer dans la salle et nous rejoindre près de la scène, un adolescent qui joue du cor et moi, la fille au gros instrument, tranquillement assis.
Nous avions répété dans l'après-midi - sans le jeune homme au cor, et convenu qu'au moment de commencer, la prof me ferait signe de loin.
Tout allait impecc (sauf la musique, on n'est pas encore vraiment doués!)

Ce soir, le jeune homme au cor n'était pas là, et pour que je n'aie pas l'air trop courge toute seule dans un coin à souffler dans mon tuba, une gamine jouant de la clarinette devait rester avec moi -morte de trouille la gamine.
On sort tous des coulisses, la fillette et moi prenons place près de la scène pendant que les autres se dirigent au fond. On a encore quelques minutes. Je me mets à discuter avec une ancienne collègue qui s'est approchée, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vues, on a plein de choses à se dire, je vois bien la lumière qui baisse mais je ne percute pas. Et soudain, j'entends notre morceau qui débute!

Oui oui, j'ai réalisé cet exploit, de ne pas être prête au moment où débutait le morceau d'ouverture, et de devoir rejoindre les autres en cours de route - j'avais très honte pour la fillette qui comptait sur moi mais on est trop fortes, on a bien fini en même temps que nos camarades!

La prochaine fois, je mets des boules quiès et des lunettes noires pour n'être dérangée par personne!

Monday, January 05, 2009

Ce que j'ai fait aujourd'hui


En clair, ce qui n'est jamais fait dans aucune école, faute de temps! Sauf lorsqu'une remplaçante qui s'ennuie y met son nez... J'avais déjà ré-étiqueté une grosse partie des documents, cette fois j'ai tapé la liste par matière, je suis allée (c'est vous dire si je bosse) jusqu'à imprimer les listes obtenues et les coller dans l'armoire à documents pédagogiques! Je suis for-mi-dable (mais si, vous pouvez le dire)

Jours de neige

La semaine précédant les vacances, j'ai récupéré, l'espace de 2 jours, les élèves de CLIS que j'avais en début d'année, ma collègue/copine étant en formation.
Le mardi, il s'est mis à neiger.
3 gouttes de pluie conduisant déjà la grande majorité de mes collègues à interdire de récréation leurs classes, je vous laisse imaginer ce qu'il en était un jour de chute de neige!

C'est si beau, pourtant... Si tentant... Mes 11 petits élèves et moi avons bravé l'interdit.
Nous avons marché dans la neige, "oh! ça crisse! et on voit nos empreintes!", nous avons ouvert la bouche et tiré la langue pour avaler les flocons, nous les avons regardé tomber en levant la tête, simplement...
Le même jour, mon autre copine de l'école, celle dont je prends la classe les jeudis et vendredi, a fait une bataille de boule de neige avec ses ouailles, dans une cour annexe!

Moments fugaces auxquels nous sommes peu habitués en région parisienne, et ma copine m'a raconté ensuite qu'elle s'était sentie frustrée de ne pas être dans la neige avec ses élèves ce jour-là....Et contente de savoir que je les en avais quand même fait profité!

Et aujourd'hui, surprise! La neige n'a pas cessé - au grand désarroi de tous nos autres collègues, dont l'un des sujets de conversation favori est la météo, qui n'est jamais assez ceci ou toujours trop cela (ça m'agace et c'est rien de le dire)
Il neigeait donc, et moi, j'étais sans classe - he oui, les profs sont résistants au retour des vacances! Ma copine de clis m'a prévenue qu'elle ferait faire de la luge sur des sacs en plastique aux enfants de la classe.
Oui elle est barge ma copine de clis, vraiment complètement secouée! Une vraie prof de clis comme on se dit en rigolant...
Nous voilà partis à l'assaut d'un monticule de terre, dévalant les pentes et les remontant en riant.
Je n'aurais jamais pensé à profiter ainsi de la neige.... J'ai songé combien j'étais vernie de pouvoir bosser avec une prof dingue comme ça... une copine... Je ne vous ai pas parlé des séances de sport le jeudi avec nos deux classes, lorsque nous prenons les ballons et tentons de toucher tous les élèves ainsi! Je n'en dis pas plus, vous risqueriez de nous faire interner!

Remarquez, on pourrait toujours prendre les élèves en otage et mettre la pagaïe à l'asile avec eux :-D

Friday, January 02, 2009

Instantanés

la magie de Noël qui ne nous atteint pas, sans doute parce qu'elle est en nous toute l'année. Quelques décos jetés dans la maison, malgré tout, mais surtout, et pour une fois, des biscuits colorés que les enfants ont longuement confectionnés

et pour la première fois, une bûche faite maison par nos 3 paires de mains réunies

aider Nana à confectionner, malgré la fièvre, des cadeaux pour ceux qu'elle aime

la joie d'être couverts de cadeaux par une bonne fée, sans doute amie du vieux barbu


emmener une fillette guérie chez la gentille coiffeuse et ses drôles d'idées



tout préparer chez ma sœur, avec Nana, le soir de Noël alors que le reste de la famille est à la messe, les tables à débarrasser-réunir-dresser, les mignardises pour l'apéro, les verrines de l'entrée (avec l'aide de Viking), et la seconde bûche

et puis... les cadeaux, juste ce qu'il faut
les amis, ceux qu'on aime fort
les interrogations de Viking sur la mort, en général et en particulier
un voyage en train pour quelques jours à la campagne
une convocation de justice pour les enfants, reçue le 31, comme pour clore 2008 et sa longue attente et annoncer ce qui nous attend en 2009
une fête tranquille et calme pour le jour de l'an avec de chouettes personnes
le retour dans notre maison longuement délaissée durant ces vacances, toute en bazar, mais ça attendra demain

tous ces amoureux vus, ces gens qui s'aiment depuis 5 ans ou 40, les gestes de tendresse, les attentions
l'interrogation qui en découle, pourquoi certains seulement, pourquoi les autres restent-ils sur le carreau?

les intenses cogitations, sur mon implication en politique, mon avenir professionnel
le refus d'accepter le monde qui se profile à l'horizon, l'envie de combattre

la certitude et l'acceptation que je n'aurai pas d'autre enfant, pour des tas de raisons, et que c'est bien comme ça

le retour sur 2008, la satisfaction de m'avoir vue grandir une nouvelle fois, de me sentir de mieux en mieux, de plus en plus forte, de plus en plus droite aussi

l'envie, pour 2009, d'empêcher un homme de se noyer davantage en entraînant les autres avec lui
aller repêcher là où il est le père de mes enfants, pour lui, pour eux
espérer la rédemption
parce que je ne veux pas qu'il aille en prison et c'est la première fois que j'ose le dire
mais peut-on sauver un homme malgré lui?

l'envie aussi, pour 2009, pour les enfants comme pour moi, de continuer de grandir, d'être heureux

c'est ce que je vous souhaite pour 2009
que vous n'écoutiez pas les sirènes qui nous assènent sans cesse que nous sommes très malheureux
la vie est belle et vaut d'être vécue, on doit y travailler jour après jour
voir où ils sont le bonheur et la beauté du monde
et les construire, envers et contre tout